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FORT FORT LOINTAIN A FERME SES PORTES.

Mieux vaut suivre la flèche que la recevoir. ▬ lainn & jack


FORT FORT LOINTAIN

J'TE FAIS DES GAUFRES DEMAIN

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⊱ pseudonyme : Metalotroll
⊱ tête mise à prix : Norman Reedus
⊱ crédits : Sugar Slaughter + tumblr
⊱ arrivé(e) le : 18/09/2015
⊱ manuscrits : 329

⊱ schillings : 589

⊱ ton conte : Jack & Le Haricot Magique
⊱ ta race : Humain
⊱ métier : Fermier
⊱ tes armes : Une arbalète, une hachette et méfiez-vous, paraît qu'il lui arrive de mordre.
⊱ allégeance : Si j'étais elle, j'éviterais de me retrouver à la pointe de mon arbalète.





Mer 30 Sep - 13:01



Cúchulainn & Jack
And you know each damn day that we're livin we're damn right and rebel proud


« Hey, m’man... Tu garderais pas Léo près de toi aujourd’hui ?»

Jack a bien l’air innocent, appuyé contre le mur de la cuisine, surveillant sa mère du coin de l’œil. Celle-ci se retourne sur son fils unique avec le regard empli d’appréhension qu’elle sait lui réserver. L’homme soupire, il sait que la maternelle ne va pas le lâcher de sitôt. C’est dans ces moments là que le fermier se dit qu’il pourrait bien gentiment caser sa mère autre part que son sous toit mais, bien sûr, il ne s’y résout jamais vraiment. D’une part il s’en voudrait et de l’autre, il aurait beau éloigner sa mère, elle reviendrait toujours au galop malgré son âge avancé.

« Qu’est-ce tu tu mijotes encore ? » Demande-t-elle entre deux gorgées de thé. Si la vieille femme ignore certains agissements de son fils, elle sait dans quelles genres d’affaires il lui arrive de tremper. Et Suzon, sachant que son gamin a l’étoffe d’un rebelle, ne peut s’empêcher de s’inquiéter à son sujet dès qu’il s’éclipse un peu trop longtemps. D'autant plus que le fait qu’il ne prenne pas son oie avec est le signe indéniable que, quoique Jack ait prévu, cette activité promet d’être périlleuse.

« Je dois juste montrer à un gars, comment se servir d’une arbalète c’est rien. J’voudrais pas qu'il tire sur Léo, m’étonnerait pas qu’il vise comme un pied.»

Si une telle chose devait se produire – qu’un carreau traverse le plumage de la belle oie – pour sûr qu’il y aurait des morts. Autant éviter un tel scénario catastrophe. Jack a beau avoir fourni une explication plutôt claire sur ses plans de la journée, sa mère est une coriace.

« Mais qui est-ce ce gars ? » Insiste-t-elle.

Jack réprime un soupire et se redresse, estimant qu’il est temps de partir – de fuir lâchement serait sans doute plus indiqué.

« Cúchulainn Forgéteinte. » Lâche-t-il avant de déposer un baiser sur le front de sa mère et de prendre la porte avec hâte.
« D’où est-ce qu’il vient avec un nom pareil ? Jack ! » Trop tard, il est parti, disparu, pose déjà un pied dehors et ne compte pas rebrousser chemin.

A peu de choses près.

Jack est retourné sur ses pas en apercevant son plus jeune employé, allègrement bailler aux corneilles. Le gamin, sursautant à la voix de Plantegraine, est devenu si pâle qu’il est étonnant qu’il soit encore de ce monde.

« T’avise pas de flâner sous prétexte que j’sois pas là toi ! » Aboie-t-il, l’air menaçant avant de repartir, comme il est arrivé. L'autre se met soudainement eu travail avec acharnement, maintenant persuadé que Jack peut débouler à tout instant pour lui botter le cul comme il se doit.

S’il n’est pas né à Fort Fort Lointain, les nombreuses années passées en son sein ont tout de même permis à Jack de découvrir ses alentours en profondeur. Il connaît la région comme sa poche. S’il n’est ni au marché, ni sur ses terres, pas de doute que Plantegraine se trouve en train de vagabonder dans les bois, à la recherche d’un peu de paix ou au contraire, d’aventure. En l’occurrence, Jack est plutôt à l’instant sur la piste d’un homme tout à fait particulier. Le pisteur sait où dénicher la bête, il connait bien son terrier.  Approchant à grands pas de ce dernier, Jack ralentit. Il observe les alentours, aux aguets. Faudrait pas qu’on le prenne pour un intrus ou encore un gibier – ou tout autre être méritant d’être attaqué sur le champ. Les pupilles du fermier scrutent attentivement les horizons. Tout est étrangement calme par ici. L’homme relâche ses épaules, laissant le calme des bois s’emparer de lui. La nature a toujours eu un effet apaisant sur son être, il l’a toujours côtoyée comme une vieille amie.

« Lainn ? »

Se frayant un chemin parmi les branchages, Jack hèle de sa voix grave celui qu’il cherche. Pas de doute qu’il n’est pas loin. Au pire, il devra l’attendre – pour sûr qu’il y a de plus horrible châtiment. Une arbalète à la main et l’autre sur le dos, l’homme s’avance vers la caverne. Un sourire se dessine sur ses lèvres quand il repense à son élève du jour. C’est que, lui et Lainn, ça finit à peu près toujours pareil. Se retrouver autour d’une bonne pinte ne fait jamais de mal à personne. Mais une fois qu’on a un peu trop bu et qu’on part sur le chemin glissant des débats de bourrés, ça part généralement en sucette. En bagarre, à vrai dire. Oh rien, de vraiment méchant, les deux bougres savent qu’ils sont dans le même camp et, à part évacuer un peu de frustration, ils ne font jamais rien de mal. Ils finissent généralement par se réconcilier et reprendre un verre. De vrais potes, en soi. Mais devoir apprendre à tirer à l’arbalète à ce bonhomme-là, Jack sait déjà qu’il s’agit d’une toute autre affaire. Il y a un paquet de capacités pour pouvoir se débrouiller à commencer par la patience. Et ça, le fermier n'est pas sur Cúchulainn sache ne fusse que définir ce terme. Si l’homme a déjà eu quelques élèves, il sait que celui-ci risque d’être exceptionnel. Et à cette idée, Jack hésite entre se marrer ou jurer en se maudissant d’avoir accepté de l’aider. Sans doute avait-il trop bu quand cette idée lui était passée par la tête.
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⊱ pseudonyme : songbird
⊱ tête mise à prix : travis fimmel.
⊱ crédits : prout (ava.)
⊱ arrivé(e) le : 04/01/2015
⊱ manuscrits : 392

⊱ tes licornes : shéhérazade, marie, barthélemy
⊱ schillings : 310

⊱ ton conte : cúchulainn, le chien du forgeron.
⊱ ta race : bête parlante. un énorme loup blanc.
⊱ métier : combattant dans un des recoins du marché noir. celui sur lequel on mise généralement.
⊱ tes armes : une hache, camil, un bouclier. sa bestialité.
⊱ allégeance : il n'a jamais aimé les fées, celle-ci ne fait pas exception.





Lun 26 Oct - 0:37



Cúchulainn & Jack
And you know each damn day that we're livin we're damn right and rebel proud

Les feuilles tombantes avaient vite fait de se soulever sous la vitesse; les quelques animaux sauvages de fuir. Deux paires de pattes avançaient en vitesse d'un bout à l'autre de la forêt, slalomant entre les arbres et sautant par-dessus les troncs renversés comme si ça n'était rien. C'était une aisance qui avait demandé un temps d'adaptation. Rien ne venait naturellement, surtout pas en vingt-cinq ans, et on ne pouvait pas se faire à un nouvel environnement comme à une nouvelle paire de bottes.
Pourtant, aucune des quatre pattes qui dévalaient les petites pentes de la forêt n'aurait pu aller mieux ailleurs. En un dégradé de fourrure, du blanc poussiéreux au rouge bordeaux qui collaient les mèches de poils entre elles, rien ne semblait déplacé entre les feuilles rougies qui tombaient de plus en plus vite.
Et, d'un coup, plus rien. Les pattes s'étaient stoppées dans leur élan, alors que le lièvre mort se balançait, pendant de chaque côté de la gueule aux babines découvertes. Les oreilles se dressaient, parfaitement droites, à l’affût du moindre bruit. Le loup aux quatre pattes et au museau et aux oreilles et aux babines n'était plus seul, et la forêt n'était pas amicale avec les intrus.
Les pattes redémarraient avec une lenteur étudiée, se faufilant entre les arbres, passant sur les feuilles sans même les faire craquer; une ombre pâle dans la forêt, trop silencieuse pour être inoffensive.
Il n'était que rarement arrivé au loup de donner son adresse aux gens. À vrai dire, il n'avait même pas d'adresse, et il faisait bien longtemps qu'il n'avait plus eu de courrier à lire. Aucun panneau à son nom n'annonçait le chemin de sa caverne, et s'il n'était pas à la griffe marine ou aux côtés des Lames, le loup faisait le guet non loin de là. Il était : entre les arbres, derrière les buissons, entre les rochers, derrière les non-désirés. Derrière la caverne, la terre retournée n'annonçait pas, au plus grand dam des quelques visiteurs, un champ à récolte. Il n'y avait ici aucune tomate, pas même de pommes de terre – une certaine variété de gibier, un troupeau grandissant auquel personne ne souhaitait toucher, si ça n'est les charognes peu présentes dans les alentours de la capitale. Cette partie de la forêt, bien éloignée des remparts extérieurs, commençait à être connue comme dangereuse. On y avait vu des ombres, grandes et rapides, entendu des grognements caverneux et résonnants. Rien d'accueillant; si certains clamaient haut et fort qu'un mauvais esprit habitait là, d'autres répondaient qu'il ne s'agissait que d'un loup aigri. Cúchulainn se bidonnait bien fort et répondait, quand le sujet tombait, qu'un esprit mauvais habitait un loup – aussi grossier que ce puisse être, certains s'en décourageaient en vitesse. D'autres, plus résistants, venaient quand même retourner les feuilles aux alentours de la grotte. La plupart, lance ou faucille en main, n'étaient que des villageois qui se prenaient pour des chasseurs. Les plus riches d'entre eux, pompeux et encore plus cons que les autres, se paraient même d'armes à feu que Cúchulainn récupérait quand il le pouvait pour les ramener à Potté – il n'en avait eu qu'une jusque là, qui n'avait jamais fonctionné. Le reste, pour ce qu'il en avait vu, n'étaient que les égarés malchanceux, les friands de promenades en forêt et de pique-nique en bord de ruisseau. Grave erreur que l'amour de la nature quand on avait pas de quoi y survivre.
Pas à pas, sans se presser, Cúchulainn prenait soin de réduire la distance le séparant de l'inconnu qui lui-même se rapprochait de son chez lui. S'il avait été un chat, il en aurait eu le dos rond et les pupilles fendues – mais il n'est pas l'heure des insultes. Resserrant d'avantage ses crocs dans la chair du lièvre rougit, Cúchulainn tourna entre deux chênes, s'éloignant de l'inconnu pour rejoindre au plus vite sa caverne. Il accéléra, ignorant les feuilles envolées et le craquement des autres; il arriva bien plus rapidement que l'autre, qui ne semblait pas s'alarmer pour deux sous. Le loup cracha son gibier au beau milieu de la caverne, sans même y faire attention, et grimpa le long du comptoir de ce qui semblait être une cuisine – quelques planches sur des troncs coupés, un seau d'eau à moitié vidé et un reste de fruits – pour aller chercher, caché entre deux planches, son bijou violet. Avec une habilité déconcertante pour un loup, même un homme-loup, il enfila la bague et fila revêtir quelques habits. Le sang sur sa peau n'était pas parti avec sa fourrure, et il collait tant ses cheveux que sa barbe. Il mit en vitesse une paire de bottes vieilles et abîmées, attrapa la hache qu'il portait habituellement à la taille et s'en alla faire de nouvelles rencontres.
Arme en main, Cúchulainn ne s'emmerdait même plus à être discret. Si le commun des mortels se serait accordé pour dire que sa forme animale était la plus dangereuse, lui n'en était pas si sûr – il y avait quelque chose en l'humain de bien plus effrayant qu'en l'animal, vraiment; à commencer, probablement, par la vingtaine d'années où il avait été entraîné quotidiennement.
Petit à petit, il distinguait l'autre silhouette entre les feuillages, s'approchant sans gêne de son dos pour ne pas être gêné; il lui sembla apercevoir rapidement une arbalète ou un genre d'arc dans la main de son visiteur, et une démarche trop appliquée pour qu'il ne soit pas à la recherche de quelque chose. Cúchulainn ralentit considérablement, calmant les bruits provoqués par sa marche de sauvage. S'il voulait en finir rapidement, autant prendre par surprise son inconnu – il savait d'expérience qu'avancer à découvert en direction d'un homme armé ne pouvait pas être une bonne idée : il en était après tout la preuve même.
Prenant son mal en patience, Cúchulainn avança à proprement parler à pas de loup, ses pensées emportées par l'idée de rapporter cette arme-là à Jack quand il en aurait fini. Pour sûr, le fermier lui paierait un verre pour ça. Au final, vivre dans la forêt avait du bon et pouvait rapporter gros – pourvu qu'on aime les fermiers et l'hydromel. Coup de chance : c'était son cas.
Trois. Il s'approchait lentement, suffisamment même pour distinguer une seconde arme dans le dos de son opposant qui s'ignorait. La promesse d'un second verre ? Il priait soudainement qu'il cache un troisième arc par là, sait-on jamais.
Deux. La silhouette bougeait avec la même aisance que lui qui l'observait attentivement. Il aurait aimé en savoir plus que la présence de ces deux armes, par simple curiosité, sur cet idiot qui venait faire sa promenade de santé. Les courts passages dans la lumière qui séparait les feuillages ne lui permettait pas de distinguer beaucoup plus que sa silhouette générale, alors que les grandes ombres des troncs l'enveloppaient entièrement.
Un. S'il n'y voyait pas grand chose, il savait qu'il n'avait que quelques bonds à faire pour atteindre l'inconnu. Avec la plus grande confiance du monde, Cúchulainn s'élança – pour quelques secondes, il retrouvait un début de vitesse animale et l'agilité qui allait avec. Son bras se leva, la poigne ferme sur le manche en bois de sa hache aiguisée.

Lainn ?
Son autre bras se tendait déjà en avant pour se saisir de l'épaule de l'intrus dont il ne connaissait que trop bien la voix. Cúchulainn ne trouva d'autre moyen de l'éviter et balança sa hache à quelques centimètres au-dessus de la tête du pauvre fermier qui n'avait rien demandé. Avec une délicatesse que les deux compères partageaient, il se permit un Putain !, prit entre la colère et le soulagement. Il soupira un grand coup, et manqua de mettre un coup comme il l'avait si souvent fait à son ami. Putain de roi des nouilles molles que t'es, à une seconde près tu te prenait une hache dans la mouille ! L'homme-loup força Jack à faire volte-face, avant de le saluer tardivement d'une rapide accolade. J'étais en train de me dire que j'allais te ramener les arcs du gros con qu'était venu m'emmerder vers chez moi tiens. Contournant le fermier, il partit récupérer son arme, bien plus détendu que quelques minutes auparavant. Préviens quand t'arrive. Je sais pas moi, gueule un grand coup, ou ramène ta gourgandine, au moins j'saurai qu'c'est toi. Des gros cons qui viennent ici y en a, mais des qui s'pointent avec un canard j'sais qu'y a que toi quoi. Quand bien même ils étaient amis – et bons amis –, Cúchulainn prenait son arme de la main gauche pour libérer son poing droit. Ça n'était qu'une blague qu'il répétait souvent quant au seul amour de Jack, mais il était bien placé pour savoir que selon l'humeur de celui-ci, il pouvait avoir encore moins d'humour qu'à l'accoutumée. On est jamais trop prudents, entre sauvages.

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Mer 4 Nov - 0:15



Cúchulainn & Jack
And you know each damn day that we're livin we're damn right and rebel proud


S’il vient de manquer de mourir ? Absolument. S’il en veut à son compagnon ? Oh, c’est difficile à dire.  Jack a du mal à assimiler ce qu’il vient de se passer. Il cligne des yeux quelques fois, défigure Lainn avant de fixer la hache au sol. Est-ce qu’il vient d’essayer de le tuer ? Mais ouais, c’est bien ça. Les yeux de Plantegraine s’emplissent d’un torrent de sentiments dont le plus voyant reste la colère. Est-ce une traîtrise ? Eh bien, pas vraiment. A voir la gueule que tire l’homme-loup et ce qu’il lui sort, ce n’est qu’un malentendu. Un énorme malentendu qui aurait pu coûter la vie – ou au moins une oreille – à notre pauvre fermier. Tandis que son interlocuteur déblatère quelques paroles, Jack réfléchit. Putain qu’il se répète sans arrêt. Qu’est-ce qu’ils auraient fichu, s’il s’était retrouvé mort ? Et sa mère ? Et son oie ? Et sa ferme ? Et les rebelles ? Jack prend soudain conscience de toutes les responsabilités qu’il s’est fichu lui-même sur les épaules. Ses sourcils se froncent, ses muscles se bandent sous l’effet de la contrariété.

« PUTAIN ! LAINN !» Jack est colère, les poings serrés, il tue du regard le sauvage qui se dresse devant lui. « T’es un LOUP, mon gars, qu’est-ce que j’en savais que t’étais pas fichu de me reconnaître, t'aurais pu me sentir, m'entendre, j'sais pas. Je te jure. » Il crache hargneusement avant de se rapprocher à quelques centimètres à peine du visage de Forgéteinte. « Ma volaille, j’ai trop peur que tu sois assez con pour me la bouffer.» Un index tendu se pose hargneusement contre la poitrine de marbre du guerrier. « Et si t’étais foutu de retenir les rendez-vous que je te donne, on en serait pas là. Putain.»

Jack s’éloigne soudainement de quelques pas, réprimant l’envie soudaine de frapper tout ce qui lui tombe sous la main – en l’occurrence, il s’agit ici d’un Cúchulainn. Il dépose avec délicatesse les deux armes qu’il a amenées sur le sol, tout en gardant un œil sur l’homme-loup. Il ne faudrait pas les abîmer, ce serait dommage. Plantegraine est soudain méfiant. Il ne devrait pas avec un gars tel que Lainn, depuis le temps ils sont bien assez proches pour pouvoir se faire confiance. Mais Jack est comme ça. Les années lui ont appris à se méfier de tout et il pourrait même lui arriver de douter de lui-même. Et avoir frôlé la mort n’arrange rien à son problème. D’ailleurs, notre homme a l’air bien calme pour un gars qui vient de saluer la faucheuse, même de loin. C’est qu’en vérité, il ne l’est pas vraiment. Au fond de lui, il y a un orage qui gronde. Ses poings se crispent, sa peau frémit. Il attend. Jette un regard par-dessus son épaule. La forêt est bien silencieuse autour d'eux. L'instant est comme suspendu dans le temps. Comme si l'énergie de l'instant se concentrait, dans une intensité étouffante, prête à éclater à tout moment. Soudain, il s’élance sur l’autre, dans un geste dicté par une impulsivité pure et sauvage. C’est ce dont notre homme a besoin : se défouler. Et il n’y a personne d’autre de mieux placer au monde que Cuchulainn Forgéteinte pour l’y aider.

Premièrement ; le désarmer. C’est ce que Jack a visé en premier, forçant Lainn a lâché cette maudite hache. Un coup perdu serait trop vite arrivé. Il l’a viré, l’a lancé dans les fourrées. Bats-toi en homme qu’il lui dit. Mais ce sont des bêtes. Pour sûr que Jack aurait pu être un animal, personne n'en doute en le voyant comme cela. Deuxièmement, maîtriser son adversaire. Ce n’est pas une mince affaire. Ils roulent dans la poussière, se battent avec la hargne propre aux créatures sauvages. Si Jack n’avait pas tant à faire au sein de sa ferme, pour sûr qu’il irait se battre aux côtés de son compagnon, aux tréfonds des rues malfamées de la ville. Mais il préfère garder comme unique adversaire son bon vieil ami l’homme-loup. Les coups sont francs mais retenus. Car, à l’instant, ils ne sont qu’adversaires, pas ennemis. La plus grande preuve d’amitié et de respect que les deux hommes peuvent se manifester l’un à l’autre. Troisièmement, extérioriser. Jack grogne. Et il gueule. Qu’il aurait pu le tuer d’une façon aussi débile, qu’il aurait pu être un peu moins con et qu’un jour, ils finiront mal à cause de lui. Ce genre de mots d’amour qu’on se susurre quand on se tient à la gorge, le regard flamboyant d’une haine bizarrement amicale. Ce genre de choses dont Jack a besoin pour rester en vie, pour rester humain.
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Mar 22 Déc - 1:42



Cúchulainn & Jack
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PUTAIN ! LAINN ! Il n'y a même plus de surprise pour remplir les yeux de Cúchulainn; son être entier est seulement divisé entre le soulagement et la rage qu'il sent monter. Il n'est pas question d'en vouloir à Jack pour ce qu'il a fait – quoi qu'une pointe d'amertume gratte la pensée de Cúchulainn à ce moment précis –, ni même de s'en vouloir à lui-même pour ce qu'il a failli faire. Des meurtres, il en a commis, depuis ses sept ans. Il a tué des gens qu'il n'avait jamais connu, et avec lesquels il aurait pu être bons amis s'il les avait connus avant. Il a tué des pères, des fils, des frères, il a tué sans regarder, parce que s'il s'arrête et réfléchit à qui il a en face, Cúchulainn ne serait pas capable de tels atrocités. Serait-il parti au front défendre l'honneur de son père et de leur nom si il avait du réfléchir à ceux à qui il ôtait la vie ? Aurait-il laissé la lame de sa hache se teinter d'un rouge dégueulasse, l'air s'emplir de l'odeur de la mort et sa vue se remplir de cadavres s'il avait du penser à ces femmes qui attendaient leur retour, à ces enfants qui grandiraient sans père ? Par tous les Dieux, il espérait bien ne pas en avoir été capable, que les dix dernières années ne lui aient pas ôté jusqu'à la dernière once d'humanité qu'il possédait. Il avait tué à de nombreuses reprises, que ce soit pendant la guerre qui l'a fait passer pour mort ou malencontreusement au cours de quelques combats dans les bas-fonds de la ville. Avant le développement de la Griffe Marine à Ragtown, les combats n'étaient pas aussi bien régulés qu'ils le sont maintenant; il faut dire aussi que les premières semaines où il avait pu frapper de ses poings à nouveau, Cúchulainn s'en était donné à cœur joie, et l'on avait souhaité bonne chance à quiconque voulait l'en arrêter.
Cúchulainn était un meurtrier bien plus qu'un homme, c'est un fait, mais la gorge lui restait un peu nouée de penser qu'il aurait pu mettre fin à la vie de l'un de ses plus précieux amis. La terre se serait retrouvé bien triste de perdre un tel con de sa surface, et pour sûr le loup ne se le serait pas pardonné, jamais. À vrai dire, cette pensée devint insoutenable quand il se mit à penser à la mère de Jack, qui l'aurait probablement attaqué à coups de sandale – il savait qu'elle avait la poigne ferme, et tous les hommes des alentours pouvaient en témoigner : il ne faisait pas bon être l'ennemi de la mère Plantegraine.

Le regard de Cúchulainn, qui ne cessait d'osciller entre vision humaine et animale, n'arrivait plus à se détacher de Jack. Il était difficile de faire autrement, le bougre était si impulsif qu'un seul clignement d’œil pourrait coûter la vie au sauvage des deux. Il ne prit même pas la peine d'observer les arbalètes au sol, ni même l'immonde crachat qu'avait lâché le fermier – mais il le devinait fort dégueulasse. Il savait que Jack ne laissait sortir que le haut de l'iceberg, qu'il ne montrait que la jolie partie du tableau. Il était plutôt aisé d'anticiper les actions et les ressentis de Jack honnêtement, les deux étant bâtis sur le même modèle. Le même caractère de con et la même frappe facile; deux cons de la campagne à qui il manquerait un aqueduc entre le cerveau, la bouche et le poing. La relation étrange qu'ils entretenaient ne pouvait qu'aider à renforcer l'anticipation que l'un pouvait avoir sur l'autre – c'était toujours pareil. S'étaient-ils déjà vus une fois sans se frapper ? Dur à dire : si c'est déjà arrivé, l'alcool leur a tout fait oublier. Cúchulainn avait probablement eu autant de fois le sang de Jack sur les mains que le sien, et ça n'était pas peu dire. À croire que les cons s'aiment plus à la mort qu'à la vie.
La preuve en était que déjà, Jack s'élançait sur Cúchulainn. Ça y est, il explosait, Jack était trop chiant pour que quelques mots gueulés suffisent à le soulager. Le loup sentait la hache lui glisser des mains, mais il savait ne pas en avoir besoin. Il n'avait aucunement l'intention de blesser Jack, même si ça allait être le cas, tout comme il savait que Jack ne voulait pas le tuer – non, il rêvait de le mutiler, tout au plus. Tout le poids du monde s'abattit sur les épaules du sauvage quand le fermier lui tomba littéralement dessus. C'était le poids de sa rage qui ne cessait d'augmenter, c'était le poids de sa colère et de toute l'idiotie de Cúchulainn qui le frappait et roulait avec lui dans les herbes. De loin et sans contexte, on aurait pu croire à un couple qui fricotait salement, même avec les grognements qui leur échappaient par moments. Pour sûr Cúchulainn aurait préféré batifoler avec Suzy que d'être là à se donner la mort avec un barbu – et Jack aurait probablement préféré… peigner son oie ? –, mais la réalité, nettement moins romantique, était nécessaire.
Profitant du souffle court de son adversaire, Cúchulainn ne se gêna aucunement pour prendre son épaule d'assaut et l'y mordre, aussi fort qu'il le pouvait. Il s'était souvent surpris à faire ce genre de choses en combat, comme si les derniers mois partaient en fumée et qu'il n'était à nouveau plus qu'un loup. Il mordait, fort, et pour un instant il crut même vouloir arracher la peau de Jack, mais se reprit à temps. La dernière fois que ça lui était arrivé, il se souvenait être reparti avec un morceau de joue entre les molaires.
Bien sûr, ça n'était rien qui allait arranger la colère de Jack, et il le savait bien. Mais c'était un peu leur spa à eux. Certains ont besoin de modernité et de massages au bacon-trois choco, d'autres ont besoin d'entretenir les traditions en brûlant quelques torches pour courir après les ogres. Eux avaient besoin de sauvagerie, d'animosité, de monstruosité peut-être ? pour se détendre. Il explosaient un bon coup, et se remettaient après. Un mal pour un bien.
Le loup sentait un goût de sang au fond de sa gorge, et ça n'était pas celui de Jack. Profitant d'un instant de répit, il mit le fermier au sol, face à terre, et coinça ses bras dans son dos. J'ETAIS un loup, putain d'idiot ! C'est quoi que tu comprend pas dans le concept ? Il serra d'avantage son emprise sur les bras du fermier, appuyant un peu plus son poids sur lui. J't'ai évité putain, c'est bon, t'es pas crevé, tu vas la revoir ta poulaille ! Tu crois quoi, que j'ai voulu te tuer c'est ça ? Un long soupir s'échappa de sa bouche, et Cúchulainn lâcha même Jack, qui ne put qu'en profiter pour reprendre le dessus – le contraire aurait déçu le loup, à dire vrai. Tu pense pas que si t'étais moins con et davantage capable de faire la part des choses on en serait pas là ?! Par tous les Dieux quel genre de con tu peux être pour réagir comme ça ? Le même con que lui était. Cúchulainn ne pensait qu'à moitié ce qu'il disait; si lui avait commencé par être moins con et reconnaître son ami, alors effectivement ils n'en seraient pas là. J'avais jamais vraiment pensé à m'faire ton canard en ragoût mais j'pourrais y venir, fais gaffe. Le souffle court, il parvint à écraser une dernière fois son poing dans la joue de Jack. Contrairement aux apparences, il était bien plus détendu qu'il y a dix minutes. Il prit une grande inspiration, les sourcils froncés au-dessus d'un regard bien sérieux. Ils n'avaient aucune choppe d'hydromel autour de laquelle se réconcilier, et ça n'était pas pour le rassurer quant à la suite des événements. Jack n'en avait probablement pas fini : et puisque c'était comme ça, lui non plus. T'es vraiment qu'un con Jack, un putain d'enculé. T'as cru que t'étais une foutue bête ou quoi ? Toujours le mot pour faire plaisir.

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