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FORT FORT LOINTAIN A FERME SES PORTES.

Pauline ⊱ Des muffins ou la vie !


FORT FORT LOINTAIN

J'L'AI BOUFFE TA MAISON EN PAIN D'EPICE

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⊱ pseudonyme : Chameau
⊱ tête mise à prix : Natalie Portman
⊱ crédits : bazzart
⊱ arrivé(e) le : 24/09/2014
⊱ manuscrits : 994

⊱ tes licornes : Nina Têtedure, Odette Plumedeneige & Eleazar Coeurfané
⊱ schillings : 1174

⊱ ton conte : Hansel et Gretel
⊱ ta race : Humain
⊱ métier : Gérante de la confiserie "Miel & Epices"
⊱ tes armes : Aerien, son arc chéri, toujours là pour calmer ses nerfs ou botter les fesses des indésirables.
⊱ allégeance : Elle pose son cul où elle veut, même sur le trône je m'en fiche





Ven 10 Avr - 18:49



Pauline & Gretel
Tout commença dans la farine et le sucre
- Rp flashback -


Les mauvaises humeurs, les cris, oui, je peux les encaisser. De toute façon, dans la famille Denougatine, il faut croire que les cris sont les principaux moyens de communication. Mais les insultes, les critiques sur ma cuisine ? Ah non, il ne faut pas pousser non plus. J'ai passé la matinée à cuisiner les gâteaux préférés de ce benêt d'Hansel, tout ça pour les voir me revenir au visage, parce que soit-disant ce n'était pas ce qu'il m'avait demandé. "Je t'avais dit de ne pas changer la recette, ils sont infâmes !" INFÂMES ? MES gâteaux ? Certainement pas ! Qu'il soit de mauvais poils, je le conçois, mais ce n'est pas une raison pour dire des idioties sur mes pâtisseries.
Du coup j'ai claqué la porte, arraché mon tablier, et je suis partie. Parce que j'ai besoin de voir Pauline. D'un peu d'adrénaline. J'ai besoin qu'elle me booste un peu et surtout qu'elle me dise la vérité sur ces gâteaux. Bon, ça c'est la deuxième raison. La première, c'est parce que j'ai besoin de voir une amie. Parce que je sens que tout va bientôt changer. Depuis quelques jours, Hansel est odieux avec moi. Je veux dire, plus odieux que d'habitude. Je le retrouve souvent avec sa vieille arbalète dans les mains, le regard perdu dans le vide. Je ne sais pas ce que ça veut dire, je refuse de comprendre. Mais j'ai peur. Alors je suis odieuse. Et il l'est aussi parce qu'il n'est pas heureux. Et c'est un cercle sans fin, une décomposition progressive de nos âmes que je refuse de regarder en face. Tout ça m'explosera à la figure bien assez tôt.

Pour le moment, je suis sur le chemin de Muffin Man parce que j'ai besoin de la légèreté et du franc parler de Pauline. Cela fait des semaines que je ne l'ai pas vue. Je suppose que nous avons toutes les deux du travail. Je me demande comment elle va, et si tout se passe bien pour elle. Je pousse la porte de sa boutique, et j'erre quelques instants en attendant qu'elle arrive au comptoir. Mais la demoiselle se laisse désirer. Bon, il va falloir que je la fasse venir. Mais au moment de l'appeler, j'ai une meilleure idée. Je pose les yeux sur les muffins en libre service sur le comptoir, et mords dans un des quatre disposés sur une belle assiette. Juste pour qu'il y ai une belle trace de dents. Ils sont toujours aussi délicieux, Pauline est une très bonne cuisinière. Je place le muffin en plein milieu du comptoir et fais semblant de tousser.
"Oh, mais ils sont infects ces gâteaux ! Qui a fait ça ? Quelle horreur !"

Il n'y a plus qu'à attendre le courroux de Pauline Dâne, histoire de rire un peu. Parce que, mine de rien, j'en ai bien besoin.

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Lun 13 Avr - 16:31



Pauline && Gretel
De seule farine tu ne feras pas de pain.
(Rp flashback)


Pauline adorait son nouveau travail. Tout d'abord parce qu'elle avait pu enfin se débarrasser de sa peau d'âne, devenue un tapis chez elle, après l'avoir longuement lavé ! Faire de la pâtisserie dans une tenue plus confortable, c'était tout bonnement la vie et son patron semblait des plus ravis par cette jeune femme qui avait de l'imagination concernant les gâteaux. Passée de fille de seigneur à pâtissière, cela pouvait passer pour un affront ou une dégringolade sociale, mais il valait mille fois mieux cela que de se marier à son propre père. A cette parole, Pauline se crispa et ses fins doigts s’enfoncèrent dans la pâte qu'elle mélangeait. C'était juste dégoûtant et se souvenant qu'elle avait failli accepter, elle se dit qu'elle avait été bien bête. Elle aurait pu aussi finir dans les geôles à cause d'un garçon incapable de manger correctement, prendre son temps pour mâcher et découvrir un présent ! Ça lui apprendra à avoir des coups de cœur pour des inconnus et juger sur le physique …

Enfin aujourd'hui n'était pas un jour à penser à tout cela, il faisait doux et la jeune femme était de bonne humeur, on la laissait tranquille dans son coin, à fredonner, tout en amalgamant, à ajouter des ingrédients et mettre au four avec une certaine dextérité. Ce matin, elle avait fait plusieurs fournées de muffins, et après les traditionnels myrtilles, chocolats et vanille, Pauline avait la fâcheuse habitude de faire ses propres recettes selon ses inspirations. Cela commençait par des recettes simples comme des noisettes, banane, … puis elle mélangeait ses idées, et les résultats n'étaient pas toujours concluants, ceux-là hors de question de les vendre, il ne fallait pas non plus se faire gronder par le patron ! Et tandis qu'elle les disposait sur le comptoir, elle reprit le travail. Sans doute trop occupée à noter ses recettes tout en grignotant un muffin banane-noisette, elle n'avait pas entendu le tintement de la cloche annonçant l'arrivée d'un client. Puis elle était pâtissière, pas serveuse ni quoi que ce soit ! Mais quand elle entendit ces mots :

« Oh, mais ils sont infects ces gâteaux ! Qui a fait ça ? Quelle horreur ! »

Cela ne fit qu'un tour ! Non mais on ne fait pas de critiques ainsi de ses muffins, non mais oh ! Tirant brutalement le tabouret où elle était assise, Pauline époussetait son tablier plein de farine et avança en grommelant.

« Non mais je vais lui en donner de l'horreur, elle va voir celle-là ... Et passant la porte pour arriver au comptoir, elle n'avait pas encore vu la cliente qu'elle se mit déjà à lever la voix. MES muffins sont très bons, et … aaah vous avez croqué dedans sans payer, vous vous croyez où ? »

Son caractère un peu enflammé pourrait lui causer des soucis un de ses quatre, et on ne parlait pas techniquement comme ça aux clients ! Mais lorsqu'elle leva les yeux sur la personne, elle se radoucit un instant, mais gardait un air sérieux, de celui où on a été piégé et qu'on ne le digère pas. Après avoir croisé les bras, comme pour faire croire qu'elle était en colère, elle soupira :

« Tu te crois drôle, vraiment ? Tu sais bien qu'ils sont bons … meilleurs que les tiens même. »

La dernière petite pique acheva cette fausse colère et la mine sérieuse se dérida avec un large sourire tandis qu'elle s’accoudait au comptoir pour saluer Gretel, sa grande amie et grande pâtissière de son état aussi ! Cela faisait plaisir à la voir, il fallait un peu marcher pour se rendre jusqu'ici et les deux amies avaient davantage l'habitude de se voir en ville, où c'était quand même bien plus animé !

« Quelle surprise de te voir ici, je ne pensais pas que tu quittais ta boutique pour visiter la concurrence ! »

Cela avait toujours été ainsi entre elles deux, une belle amitié sincère, sans langue de bois, mais teintée tout de même de quelques joyeuses piques concernant leur métier en commun, ce qui avait donné lieu à de célèbres concours de cuisine, où la farine volait joyeusement et cela se terminait par une bonne dégustation qui servait de réconciliation ! Aujourd'hui Pauline ne pensait pas que cela se produirait, elle essayait de rester sérieuse sur son lieu de travail … Mais avant cela, le but était de jouer les amies, car Gretel avait son visage des mauvais jours, un peu fermés malgré son sourire. Après tout, à quoi servait les amies si on ne pouvait plus parler sans mensonge ?

« Oh toi, quelque chose te tracasse ? Attends laisse moi deviner … ton frère te pose encore des soucis ? »

C'était souvent la raison principale, pas besoin d'être devin ...
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Sam 18 Avr - 12:51



Pauline & Gretel
Tout commença dans la farine et le sucre
- Rp flashback -


Ce n'était pas de la méchanceté, loin de là. Je ne sais pas me montrer réellement méchante depuis que je suis à Fort Fort Lointain, c'est quelque chose que je me force à oublier, à taire au plus profond de la noirceur de mon âme.  Gretel chasseuse, Gretel traqueuse, j'ai laissé mon moi profond dans les bois et aujourd'hui je m'évertue à être la parfaite petite pâtissière souriante au tablier souillé de farine. La Gretel parfaite que j'aurai voulu être. Parce que la vie serait plus simple. Mais j'avoue que parfois, j'ai besoin que l'on me remette à ma place. Et ma rage et ma fougue prennent trop souvent le pas sur la raison, Hansel abandonne sa tentative de morale trop rapidement, et moi je m'enfonce dans mon égoïsme. Mais Pauline, elle, n'a pas froid aux yeux, et elle est comme qui dirait le coup de pied au derrière dont j'ai besoin pour ne pas courir les yeux bandés. Pas de langue de bois, pas de faux semblants, elle va droit au but et j'ai besoin de son franc parler pour me remettre en question. Autrefois sauvage, le relationnel était le cadet de mes soucis. Mais aujourd'hui populaire dans une si grande ville, je ne dois pas faire un seul faux pas, ou c'en est fini du succès des Denougatine. Et la haine, et le mépris, ce n'est pas réellement ce qui met de l'argent dans la bourse.

Aussi, je ne suis pas le moins du monde surprise de voir Pauline sortir de sa cuisine comme une furie en pestant contre moi avant de réaliser que... ce n'était que moi. Accoudée au comptoir et la tête dans les mains, je regarde ce spectacle plus qu'amusant qui se déroule sous mes yeux. Elle est rouge de colère, et je décèle une pointe de déception sur son expression quand elle découvre que c'est moi qui l'embêtait. Petite déception que, soit dit-en passant, elle réussit à camoufler en me lançant une de ses plus belles piques, à laquelle je hausse les épaules en marmonnant : "Simple affaire de goût !"
Le grand sourire qui s'étire maintenant sur son visage me rappelle pourquoi je l'apprécie tant : elle n'a jamais de rancœur pour une amie. Et c'est aussi pour cela que je me permets tant de choses avec elle, comme la laisser gagner de temps à autres pendant nos petits concours de pâtisserie... D'ailleurs, ce serait assez drôle d'en faire un aujourd'hui ! Je n'y avais même pas pensé.

« Quelle surprise de te voir ici, je ne pensais pas que tu quittais ta boutique pour visiter la concurrence ! »
- "Concurrence, concurrence... Ah, tu parles de cette boutique ? Même pas peur ! En fait, j'avais besoin de prendre l'air, et ça faisait longtemps que je n'avais pas mis les pieds à Muffin Man... C'est drôle, les années passent mais rien ne change ici. C'est apaisant."

Pas de méchanceté, jamais de méchanceté. La méchanceté sert de bouclier quand on a quelque chose à cacher. Et moi je n'ai plus rien à cacher à personne. Le monde entier connaît mon passé aussi bien qu'il se délecte de mon présent. Personne n'ignore que les chasseurs de sorcières se sont convertis dans la pâtisserie et la confiserie. Alors rien à cacher. A personne. Donc pas à Pauline. Sûrement pas à Pauline d'ailleurs, elle dont les yeux noisettes semblaient vous sonder l'âme à chaque regard. D'ailleurs, je ne sais pas si c'est un don qu'elle a mais elle ne tarde pas à me faire remarquer que j'ai une mine affreuse.
« Oh toi, quelque chose te tracasse ? Attends laisse moi deviner … ton frère te pose encore des soucis ? »
- "Qui d'autre de toute manière ?"
Qui d'autre ? Qui d'autre pourrait me faire autant de mal qu'Hansel ? C'est une question à laquelle je ne suis pas prête de répondre devant Pauline. Lui parler de Potté reviendrait à avouer que je ressens quelque chose pour lui. Et même moi, je n'en suis pas sûre.

"Bah, les petits frères ne sont jamais tendres avec leurs grandes sœurs. Je ne lui suffit plus, il n'est plus l'enfant de la maison de pain d'épices. Il veut s'envoler et moi je m'évertue à le clouer au sol. Alors pour se venger il est odieux, et parfois les mots font mal. Mais je suppose que je peux supporter ça. C'est juste que j'avais besoin d'une pause alors je suis venue te voir. Donc on arrête de parler de moi, ça suffit. Toi, comment vas-tu ? Ça fait tellement longtemps, j'aurai dû venir te voir plus tôt..."

Il est vrai que je vois Pauline, nous passons la moitié du temps à parler de moi, l'autre moitié à parler de pâtisserie. Elle dévie toujours la conversation, mais pas cette fois, tu ne t'en sortira pas comme ça, Pauline Dâne !

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Ven 1 Mai - 18:42



Pauline && Gretel
De seule farine tu ne feras pas de pain.
(Rp flashback)


« Concurrence, concurrence... Ah, tu parles de cette boutique ? Même pas peur ! En fait, j'avais besoin de prendre l'air, et ça faisait longtemps que je n'avais pas mis les pieds à Muffin Man... C'est drôle, les années passent mais rien ne change ici. C'est apaisant.
Pourquoi changer une équipe gagnante ? »

Dés les premiers mots de Gretel, la pâtissière voulut rire, les deux jeunes femmes travaillaient dans deux boutiques de pâtisseries différentes, mais elle n'y voyait nullement une concurrence. Et puis les deux boutiques avaient deux ambiances différentes, toutes les deux sympathiques, mais il est vrai que Pauline appréciait grandement de bosser chez Muffin Man : un boss cool et pas chiant, pas la folie furieuse de la foule. Bon, en compensation, il fallait avoir Bertrade sur le dos, cette vieille bonne à tout faire vendue avec les murs, toujours derrière le dos de Pauline pour lui reprocher son désordre, et croyait dur comme fer qu'il se tramait une romance inavouée entre la pâtissière et Tibiscuit. N'importe quoi quand même … Heureusement, la mégère était partie en courses, laissant Pauline seule à sa cuisine et ses gâteaux, le bonheur absolu. Et vu qu'il y avait de quoi manger, une petite pause causette était la bienvenue ! Pendant que Gretel racontait ses déboires avec son agaçant petit frère, Pauline s'accouda au comptoir pour l'écouter. Pas mal de conversations incluaient Hansel, c'était un bon moyen à Gretel d'évacuer. C'était l'avantage d'être fille unique, pas de querelles … Bon à dire vrai, des problèmes familiaux, elle en a eu assez avec son père, c'était largement assez !

«  C'est juste que j'avais besoin d'une pause alors je suis venue te voir. Donc on arrête de parler de moi, ça suffit. Toi, comment vas-tu ? Ça fait tellement longtemps, j'aurai dû venir te voir plus tôt...
Moi ça va … Un muffin ? Ceux-ci sont au caramel et noisettes, une des dernières recettes ! »

Comment ça, elle détournait l'attention ? Oh, si peu … Bon d'accord, ce n'était pas le moyen le plus subtil pour ne pas parler de soi, mais il faut dire que la pâtissière n'avait pas vraiment envie de se mettre en avant, surtout qu'elle avait toujours l'impression de se mettre en avant dans ces cas-là, ce qu'elle détestait en temps normal. Pourtant, avec Gretel, il n'y avait ni jugement ni concours d'ego, juste une discussion d'amitié, mais malgré son caractère, la jeune femme avait la sainte horreur de raconter sa vie, de peur de barber autrui avec sa vie sans grand intérêt.

Parfois, le détournement pouvait marcher, un bon muffin, ou un sujet quelconque, Pauline en venait presque à espérer que Bertrade rentre pour parler sur elle. Mais avec petit panier à muffins dans les mains, personne n'était dupe, et surtout pas son amie, qui la regardait d'un drôle d'air, du genre à ne pas la prendre pour du flan. Un petit soupir s'échappa de la bouche de Pauline, posa la petit panier sur le comptoir, sait on jamais, et en prit un en main.

« C'est vrai que globalement ça va mais … Oh tu te souviens de ma marraine qui m'avait aidé à quitter mon domicile ? Voilà qu'elle m'a refilé à une autre fée qui n'a rien trouvé de mieux à dire qu'il fallait arrêter les sucreries sous peine de devenir grosse. Elle appréciait Théodose, mais elle n'avait pas franchement envie de suivre de régime. Pour preuve, elle mordit dans son muffin. Comme si on pouvait s'arrêter de manger comme ça, et de stopper la gourmandise de la sorte. Ca m'a tellement agacée … Après c'est pas une mauvaise personne mais il ne doit pas savoir ce qu'est un bon muffin … »

Elle poussa le panier vers son amie pour qu'elle goût à son tour. A dire vrai, ce n'était pas vraiment son souci principal, et si l'idée d'arrêter de manger du sucre ou quelqu'un veuille contrôler son poids la mettait hors d'elle, il y avait d'autres choses. Mais si elle partageait beaucoup avec Gretel, elles n'avaient jamais vraiment abordé le thème cliché des discussions de filles : la gente masculine. Elle ne savait pas si son amie avait quelqu'un ou si elle avait des vues sur un homme … Avec leurs vies, leur passion de la pâtisserie et leurs caractères, elles avaient autre chose à se raconter ! Et Pauline avait beau sourire et manger son muffin, il y avait toujours de la cachotterie dans l'air, il faut dire que la jeune femme n'était pas toujours la plus douée en mensonge ! Et son amie n'était pas sotte …

« Arrête de me regarder comme ça, on dirait que je suis une enfant qui vient de faire une bêtise ! Elle se mit à rire mais très vite, elle soupira. J'ai pas envie de t'embêter avec des soucis stupides, je ne sais même pas pourquoi ça m'embête, je devrais en avoir rien à faire … Tu te souviens de ce type qui m'avait poursuivie car il a cru que je voulais le tuer ? Non seulement il est maintenant en ville ! Et après avoir essayé de me faire emprisonner, il me court après ! Non mais n'importe quoi ! Au moins tu es bien seule … n'est ce pas ? »

Quitte à être dans la conversation …
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Mar 5 Mai - 13:27



Pauline & Gretel
Tout commença dans la farine et le sucre
- Rp flashback -


Pauline Dâne. Je me souviens l'avoir rencontrée ici même, et m'être tout de suite attachée à elle, à cette jeune femme magnifique, venue de nulle part, extrêmement douée et ignorant tout de son élégance et de son charme. Sous ses airs de dure à cuire se cache un secret, un lourd secret. Mais je n'essayerai jamais de le découvrir. Je ne veux pas connaître les noirceurs de l'âme de Pauline, ce qu'elle me montre me convient amplement. En amitié, c'est donnant-donnant. Si elle venait à me raconter son passé, je serai obligée de lui raconter le mien... Et je me suis jurée de laisser le sang sur la pas de la porte de la boutique. Le rouge rubis hante trop mes nuits pour que je puisse parler de passé, et ce n'est pas en en parlant que j'arriverai à effacer tout cela. Tu ne pourras jamais effacer ce que tu as fait, Gretel. Tes mains sont tachées de sang.

Pour une fois, je suis un peu surprise qu'elle engage aussi facilement la conversation sur elle et ses petits soucis. Et ça m'emplit le cœur d'une joie formidable de la voir se confier à moi, ce qui n'arrive que très rarement. En plus d'être méchante, je me plains tout le temps. Je dois être la pire des amies qui existe au monde.

« C'est vrai que globalement ça va mais … Oh tu te souviens de ma marraine qui m'avait aidé à quitter mon domicile ? Voilà qu'elle m'a refilé à une autre fée qui n'a rien trouvé de mieux à dire qu'il fallait arrêter les sucreries sous peine de devenir grosse. Comme si on pouvait s'arrêter de manger comme ça, et de stopper la gourmandise de la sorte. Ca m'a tellement agacée … Après c'est pas une mauvaise personne mais il ne doit pas savoir ce qu'est un bon muffin … »
- " Toi ? GROSSE ? Eh bien, visiblement ta... fée ne sait pas vraiment ce qu'est la vie d'une patissière. On passe la journée à goûter nos pâtes, préparations et autres biscuits, si bien qu'on ne mange presque plus aucun repas tellement nous avons le ventre plein ! Ce n'est pas comme si tu restais devant ton miroir toute la journée à manger des guimauves en regardant des séries inintéressantes... J'imagine qu'il ne doit pas avoir une vie trépidante ta fée pour se préoccuper de sa ligne et de la tienne."

D'ailleurs en parlant de ça, j'ai tellement goûté de pâtes à muffin ce matin pour prouver à Hansel que j'avais raison que même la délicieuse odeur des muffins de Pauline ne me dit rien. J'ai un nœud dans le ventre depuis quelques instants, je viens de le remarquer seulement maintenant, en me demandant si j'avais faim. Mais ce nœud n'a rien à voir avec de quelconques maux d'estomacs. Cela dit, je ne saurai dire s'il était le fruit de ma dispute avec Hansel ou de la furtive pensée pour Potté que je venais d'avoir. Mal au cœur. Je crois que c'est un peu des deux finalement. Pitié, Pauline, change de sujet... De toute manière, je sais bien que tu me caches quelque chose. Tu ne mordrais pas dans ce muffin avec autant d'ardeur si ce n'était pas le cas. Tu es trop nerveuse.

« Arrête de me regarder comme ça, on dirait que je suis une enfant qui vient de faire une bêtise ! J'ai pas envie de t'embêter avec des soucis stupides, je ne sais même pas pourquoi ça m'embête, je devrais en avoir rien à faire … Tu te souviens de ce type qui m'avait poursuivie car il a cru que je voulais le tuer ? Non seulement il est maintenant en ville ! Et après avoir essayé de me faire emprisonner, il me court après ! Non mais n'importe quoi ! Au moins tu es bien seule … n'est ce pas ? »
Touchée, coulée, Gretel. Le mal au cœur, le nœud dans la poitrine. Le sang qui bat aux tempes et le seul nom qui résonne dans ta tête, qui fait bourdonner tes oreilles. Retiens les larmes qui montent, mords toi la lèvre. Ça passera. Ça a toujours passé. Potté. Pas cette fois. Pas avec toi.  

Potté était encore parti merlin sait où, pour d'autres voyages, d'autres contrées. Personne ne sait s'il est en vie, où il est, ce qu'il fait, ni même s'il reviendra. Et moi je suis là, à attendre que le temps passe. A attendre qu'il me revienne. A attendre de compter combien de nouvelles cicatrices orneront sa peau, avec combien de sourires évasifs il va encore répondre à mes questions. Combien de temps il restera près de moi. Combien de temps il restera en vie. Et combien de temps je mettrais encore à résister à ses supplications, avant de craquer pour ses yeux de félins et replonger. Gretel la chasseresse. Gretel la traqueuse. C'est moi. C'était moi. Et aujourd'hui je renie ce que je suis par peur, au prix de peut-être le perdre. Ou les perdre tous les deux. "Au moins tu es bien seule ... n'est-ce pas ?" Tu ne pouvais pas trouver de mots plus justes, Pauline. Mais est-ce que je suis vraiment prête à parler de lui ?

Je ne peux pas la regarder dans les yeux et répondre à sa question. Mais je ne peux pas non plus l'éluder sans lui faire de mal. Elle est mon amie, et elle a le droit de savoir. Mais je ne sais même pas ce qu'il y a à savoir. Et si elle me demandait qui est Potté, pour moi ? Je ne saurai même pas lui répondre. Je feins de m'intéresser à une étagère toute proche, histoire qu'elle ne voit pas mes yeux vitreux. Des larmes ? Cela faisait bien longtemps.
"Seule, c'est le mot, Pauline. Ou ça sera le cas dans pas longtemps. Les hommes ne sont pas faits pour rester. Ils sont fait pour bouger, pour l'adrénaline. On ne pourra jamais retenir un homme par le cœur comme on retient un enfant avec une promesse. Jamais. Comme on ne peut jamais être bien en étant seul. Nous naissons entourés de personnes, qu'elles nous aiment ou non. Nous ne sommes pas faits pour la solitude. Il nous manquera toujours quelque chose."

Alors comme ça cet individu était de retour en ville. Je n'ai aucune idée si Pauline a les moyens de se défendre. Et si ce n'était pas le cas ? Tibiscuit pourrait la protéger, bien sûr qu'il sait se battre, mais admettons que cet énergumène l'attaque pendant qu'elle est seule ? Je ne peux pas la laisser comme ça alors que je viens d'apprendre qu'il est de retour.
Je retourne doucement vers le comptoir et plante mes yeux dans ceux de Pauline. Tant pis s'ils sont vitreux.
"Tu sais s'il va chercher à te faire du mal ? Pauline, est-ce que si c'est le cas tu sauras te défendre ? Je ne sais pas de quoi il est capable, mais je ne te laisserai pas seule contre ce fou s'il te court après. C'est hors de question."

Tout est si simple dans la farine et le sucre. Pourquoi faut-il toujours qu'un ingrédient impromptu se glisse dans la préparation quand tout commence à être parfait ?

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Lun 13 Juil - 22:45



Pauline && Gretel
De seule farine tu ne feras pas de pain.
(Rp flashback)


Si on devait mettre une illustration à côté du mot « secret », ce serait bien le portrait de Pauline. La jeune femme n'avait pas l'habitude de se confier, pas absence d'amis après toutes ces années d'errance. Après tout, qui voulait parler – à part pour insulter ou se moquer – à une souillon avec une peau d'âne affreuse ? Les apparences, toujours les apparences, et la demoiselle avait dû vivre dans la solitude, à fuir son père, puis le débile qu'elle a brièvement aimé, encore une fois sur les apparences. Alors quand elle a pu enfin redevenir elle-même, quitter cette peau et montrer au monde son véritable visage, elle aurait pu s'ouvrir au monde. Mais non, elle restait secrète. Et même avec Gretel, qu'elle adorait et avec qui elle se sentait en confiance, elle n'avait pu trop raconter ses soucis. Pas forcément des gros mais juste s'épancher un petit peu … Et aujourd'hui, sans savoir pourquoi, elle vidait un peu son sac, à pester notamment contre son parrain qui, encore et toujours, ne jugeait que sur ce qu'il voyait. Et qu'il l'ait trouvé « grosse ». Bon d'accord,elle ne faisait pas un tour de taille très fin et alors ? Cela ne changeait rien à ses qualités, et elle fut ravie que son amie l'approuve.

« Toi ? GROSSE ? Eh bien, visiblement ta... fée ne sait pas vraiment ce qu'est la vie d'une pâtissière. On passe la journée à goûter nos pâtes, préparations et autres biscuits, si bien qu'on ne mange presque plus aucun repas tellement nous avons le ventre plein ! Ce n'est pas comme si tu restais devant ton miroir toute la journée à manger des guimauves en regardant des séries inintéressantes... J'imagine qu'il ne doit pas avoir une vie trépidante ta fée pour se préoccuper de sa ligne et de la tienne.
Il travaille dans la MODE. Critiquer soit être son sport … moi au moins j'en fais avec mon rouleau à pâtisserie … »

Enfin sport était un grand mot. Quoique … entre la marche pour venir jusqu'ici, les nombreux aller-retours entre la cuisine et les réserves, aplatir la pâte et porter des plateaux de gâteaux, elle en faisait du sport ! Et pour compenser, elle avait bien le droit à un peu de douceur. Bon d'accord, elle en profitait un peu trop, à tel point que ses repas étaient entre les repas, et rien de bien sain. Pauline se demandait la dernière fois qu'elle avait fait un vrai repas, avec ces choses vertes dans son assiette. Ah oui, des légumes.

Si seulement les seuls problèmes qu'elle avait, c'était avec son parrain, ce serait si simple de pester un bon coup et de faire ce qu'elle veut. Sa vie n'avait pas grand chose de palpitant mais tout le monde avait son lot de soucis, plus ou moins importants, plus ou moins pesant. Et Gretel semblait sentir qu'il y avait autre chose, elle avait ce regard pénétrant, comme si elle sondait l'âme de la pâtissière. Pauline se sentit tour à tour gênée puis hésitante : est ce que ça valait la peine d'en parler ? De toute façon, ce n'est pas comme si elle avait le choix, et les voici parties sur le terrain épineux des garçons. Pauline ignorait tout de la vie sentimentale de son amie, elles n'avaient jamais abordé le sujet, et il y avait mieux tout de même que de commencer avec Engueran. Ce dernier lui courait sur le haricot, à vouloir absolument l'inviter à dîner, à sortir, alors qu'elle disait toujours non. Il avait eu sa chance, et c'était fini. Mais cela semblait inspirer Gretel, qui avait l'air de … pleurer ?

« Seule, c'est le mot, Pauline. Ou ça sera le cas dans pas longtemps. Les hommes ne sont pas faits pour rester. Ils sont fait pour bouger, pour l'adrénaline. On ne pourra jamais retenir un homme par le cœur comme on retient un enfant avec une promesse. Jamais. Comme on ne peut jamais être bien en étant seul. Nous naissons entourés de personnes, qu'elles nous aiment ou non. Nous ne sommes pas faits pour la solitude. Il nous manquera toujours quelque chose. »

Cela déstabilisa la jeune femme : son amie parlait-elle pour elle ou sa pomme ? C'était étrange tout de même … Mais Pauline n'avait pas toujours la rapidité de parole, le temps de réfléchir à comment tourner sa question – il était toujours délicat d'aborder la vie privée d'une amie de la sorte – son tour de parole était déjà passé, et le sujet revenait sur Engueran. Zut, elle fronça un instant les sourcils, ne voulant pas vraiment parler des heures de ce bellâtre sans profondeur. Malgré elle, la pâtissière se mit à rire, imaginant Engueran vouloir lui faire du mal de ses mains. Non, il abîmerait sa manucure ! Ce fou rire semblait un peu hors de propos, Gretel ne devait pas tout comprendre, Po se reprit pour lui expliquer.

« Pardon de rire mais … non il ne me fera pas de mal. Et s'il en faisait, je sais que je pourrais me défendre, ou je demanderais ton aide. Et dis toi que j'aurais préféré qu'il me poursuive … mais cet idiot préfère me faire la cour. Elle se mordit la lèvre pour se retenir de rire. Le crois tu ? Il a pensé que je voulais le tuer, m'a fait m'enfuir, tout ça pour se dire que finalement, non il m'aime. Ce garçon est étrange, et il ne comprend pas quand on lui dit non, c'est désespérant. Je dois être la seule fille en ville à détester avoir un prétendant ! »

Il n'empêche que c'était gênant, Engueran apparaissait à n'importe quel moment, elle le soupçonnait d'être allé voir Théodose pour qu'ils complotent ensemble … mais elle ne céderait pas !

Ce petit moment de détente passé, Pauline se dit qu'il était temps d'avoir une conversation avec son amie, histoire de crever tous les abcès pendant qu'on y était. Elle s'était confiée, au tour de son amie. Pauline quitta le comptoir qui la séparait de Gretel pour se mettre en face d'elle, tout en s'accoudant à la planche de bois pour avoir un genre nonchalant, alors que le moment restait tout de même sérieux.

« A ton tour, commença t'elle avant de reprendre quelques secondes plus tard, quand je t'ai demandé si tu étais seule tu m'as dit oui, ou dans pas longtemps … tu veux en parler ? Tu n'es pas obligée de tout me dire, mais si tu veux te confier ... »

Après tout, c'est ça aussi l'amitié …


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FORT FORT LOINTAIN

J'L'AI BOUFFE TA MAISON EN PAIN D'EPICE

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⊱ pseudonyme : Chameau
⊱ tête mise à prix : Natalie Portman
⊱ crédits : bazzart
⊱ arrivé(e) le : 24/09/2014
⊱ manuscrits : 994

⊱ tes licornes : Nina Têtedure, Odette Plumedeneige & Eleazar Coeurfané
⊱ schillings : 1174

⊱ ton conte : Hansel et Gretel
⊱ ta race : Humain
⊱ métier : Gérante de la confiserie "Miel & Epices"
⊱ tes armes : Aerien, son arc chéri, toujours là pour calmer ses nerfs ou botter les fesses des indésirables.
⊱ allégeance : Elle pose son cul où elle veut, même sur le trône je m'en fiche





Mar 28 Juil - 11:12



Pauline & Gretel
Tout commença dans la farine et le sucre
- Rp flashback -


Si j'avais du avoir un jour une sœur, elle aurait certainement eu le caractère de Pauline. Dans ses iris malicieux et incroyablement blasés par toute chose de la vie, c'était un peu de moi que je retrouvais, malgré ma très grande fierté.  Si Pauline était une grande révoltée et une amoureuse de la pâtisserie, j'étais son exact reflet dans le miroir. J'étais tellement fière en arrivant à Fort Fort Lointain, fière de mes exploits de chasseuse, fière de ce que je défendais, fière de mes idéaux et de mon histoire, que je n'ai pas tout de suite accepté cette vie de sédentaire que m'imposait le régime politique de la capitale. Hansel avait voulu que l'on se fasse tout petits, moi je voulais bouter la fée hors de la ville. Mais la sécurité de mon frère passant avant tout, j'avais peu à peu accepté cette nouvelle existence. Et Pauline avait contribué bien plus qu'elle ne le pensait à mon assagissement. Bien qu'elle n'était pas du genre à s'épancher sur sa vie personnelle, je ressentait la pâtissière comme mon égale, mon amie sincère, son comportement et ses convictions se rapprochant le plus du chaos qui fourmillait dans ma tête.

Lorsque la pâtissière évoqua le métier de sa marraine la fée, mon visage se déforma en une grimace odieuse, le nez froncé, la langue sortie, comme si je réprimais un haut-le-cœur imaginaire - ce qui, en somme, était un peu le cas. Mon regard se porta sur mes vêtements vieux de quelques années, et je ne pouvais me demander qu'elle tête ferait cette fée en voyant à quel point j'étais passée de mode, et surtout à quel point je m'en fichais. Le grand éclat de rire de Pauline m'arracha à ces pensées. La pâtissière me rassurait sur sa sécurité, et visiblement, au vu de son hilarité, cet homme était un Dom Juan empoté incapable de faire du mal à une mouche. Je savais bien que j'étais un peu trop protectrice - Hansel me le serinait assez souvent, et même si je feignais de le reconnaître, j'en étais très consciente - mais je savais également que s'il arrivait malheur à Pauline, je ne me le pardonnerai jamais. Miel&Epices était à une distance assez considérable de Muffin Man, et donc de Pauline et de sa sécurité.

Sans vraiment m'en rendre compte, je réfléchissais à la distance qui séparait ma boutique de celle de Tibiscuit et me demandais combien de temps il me faudrait pour la parcourir en courant. Ce n'est que quand la voix de Pauline se radoucit un peu que je me rendit compte de ce que traversait la jeune femme. Elle se faisait effectivement courtiser, et même si elle affirmait ne pas aimer cela, sa voix était si douce en parlant du jeune homme que je me demandais si elle se contenait d'exploser ou si tout cela ne lui plaisait pas, au moins un tout petit peu... Je lui lançait une œillade sceptique, et l'image de Pauline repoussant un homme avec son franc parler faillit me faire exploser de rire. Rire... Il y avait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi bien.

Je regardais maintenant Pauline faire le tour du comptoir pour venir s'accouder à côté de moi. J'aimais vraiment ces moments passés avec elle, et cette d'un mouvement joyeux que je croquais dans ce délicieux muffin que j'avais dénigrer pour rire un peu plus tôt.
« A ton tour, quand je t'ai demandé si tu étais seule tu m'as dit oui, ou dans pas longtemps … tu veux en parler ? Tu n'es pas obligée de tout me dire, mais si tu veux te confier ... » Et voilà la fière Gretel de s'étouffer avec une bouchée de divin muffin. Si mon instinct de pâtissière pleurait la perte de ces saveurs dans ma bouche au profit d'une quinte de toux énorme, mon for intérieur gémissait d'avoir trop parlé tout à l'heure. Pendant que je tentais de reprendre mon souffle et mes esprits, la mélancolie qui m'avait tenue la main sur le chemin en arrivant à Muffin Man reprit sa place à mon côté. Qu'allais-je dire à Pauline ? La vérité. Ma respiration redevenue normale, je laissais encore écouler quelques secondes avant de répondre à Pauline. "Tu sais tout à l'heure quand je t'ai dit qu'on s'était encore disputés avec Hansel ? Eh bien c'est un peu plus grave que pour un simple muffin. Je crois qu'il veut partir, qu'il veut abandonner la boutique. Venir à la capitale, c'était son idée, à la base. Il voulait qu'on se pose, qu'on commence une nouvelle vie. Et je l'ai suivit, parce que je ne sais pas vivre sans Hansel. Il ne vient presque plus m'aider à la boutique, il traîne à droite et à gauche, disparaissant parfois des nuits entières. il traîne près du port, et la dernière fois il a même parlé de s'engager. Depuis, il n'en a plus jamais reparlé, mais je sais qu'il est déjà loin. J'ai peur, Pauline. J'ai toujours vécu pour mon petit frère, et s'il part... Je ne suis pas faite pour vivre seule."

La nœud repris sa place dans ma gorge. Le ventre recommença à bourdonner. Et le mal dans le cœur se réveilla pour me rogner un peu plus le palpitant. Hansel allait partir. Dans sa rébellion contre moi, son but principal avait tout de même été de me préparer à son départ. Et le jour où il partirait, je savais très bien que je serai prête. Perdre mon frère serait terrible, même préparée au plus profond de mon coeur. Mais maintenant que j'avais trouvé une corde, un fil d'araignée plus que mince auquel me raccrocher, le voilà qu'il me faisait défaut lui aussi. Potté. J'avais le don de m'attacher aux personnes sans attaches. Et ses gestes, et ses regards, tout n'était que douceur et espoir en lui. J'avais l'impression qu'il pouvait tout abandonner pour rester avec moi. Mais voilà ce que c'était, une impression. Et Pauline avait le droit de savoir.

"Cela fait quelques mois que je me prépare à son départ. Hansel ne pourra pas rester mon petit frère toute sa vie, c'est un homme, et même si je pensais qu'il resterait plus longtemps, je n'ai pas le droit de lui interdire sa liberté. Et puis, il m'est tombé dessus..." Mes doigts s'entortillaient, mes joues rosissaient, et une chaleur réconfortante se réveilla dans mon ventre. "Il s'appelle Potté, peut-être l'as-tu déjà vu, je sais que Tibiscuit est son ami. Je pensais qu'il pouvait remplacer Hansel quand il partirait. Tu sais, je n'aime pas non plus qu'on me fasse la cour mais... parfois on ne choisit pas. Je veux me raccrocher à quelque chose, et il est sortit de nulle part quand j'en avais besoin." Personne ne savait où se cachait Potté. Même moi je l'ignorais. Je savais qu'il était reparti en mer il y a quelques temps, mais je ne pouvais pas l'obliger à venir me voir. Même si je savais très bien qu'il reviendrait me voir, non pas parce que je l'espérais, mais parce que c'était comme ça que nous fonctionnions. Nous. Comme c'était étrange. J'ignorais même si nous existions vraiment. Il n'était pas du genre à planter sa tente pour de bon, et moi je n'étais pas du genre à rester trop longtemps au même endroit. Mais visiblement, les gens changent par amour. J'ai changé par amour pour Hansel. Et si l'on croit aux miracles...

"Quoiqu'il en soit, il est comme Hansel, il ne sait pas tenir en place. Je crois que je suis assez malchanceuse, Pauline, il doit y avoir une mauvaise étoile au dessus de ma tête ! Mais bon, je ne perd pas tout du moment qu'il me reste ma boutique, n'est-ce-pas ?" Je voulais sourire. Vraiment. Mais le sourire triste que j'imaginais sur mes lèvres était bien piteux face à la désinvolture que je voulais afficher. Vois-tu, Pauline, à quel point je gâche tout autour de moi ?

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Pauline ⊱ Des muffins ou la vie !

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