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FORT FORT LOINTAIN A FERME SES PORTES.

Qu'est c'que je dois faire ? :: feat.Cùchulainn


FORT FORT LOINTAIN

J'TE FAIS DES GAUFRES DEMAIN

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⊱ pseudonyme : BIB L'EPONGE
⊱ tête mise à prix : Bob Morley
⊱ crédits : (c) wildworld (ava) hedgekey (signa)
⊱ arrivé(e) le : 28/04/2015
⊱ manuscrits : 258

⊱ tes licornes : Le prince Ali
⊱ schillings : 463

⊱ ton conte : Le livre de la jungle
⊱ ta race : Humain
⊱ métier : Flic
⊱ tes armes : Il a son arme de service évidemment et un canif qu'il planque dans ses pompes (au cas où...)
⊱ allégeance : Archi contre, l'injustice c'est moche





Lun 29 Juin - 1:52



Cùchulainn & Mowgli
Qu'est ce que je dois faire ?


Je suis arrivé à la capitale avec un but en tête : retrouver mon frère, Frère Gris. Pour y parvenir, j'ai infiltré les chevaliers-flics afin de récolter le plus d'informations possible, épluché tous les dossiers sur les détenus dans les prisons du palais, interrogé des centaines de personnes pouvant être liées de près ou de loin à mon frère. Je suis à chaque fois reparti bredouille. Faute de découverte, j'ai commencé à me lancer à la recherche de Kaa, la seule personne de cette ville venant de la jungle tout comme moi. Mais là encore, pas moyen de lui mettre la main dessus. Toutes ces impasses, ces fausses joies, parfois j'en peux plus. Si j'étais encore dans la jungle, j'aurai probablement hurlé ma frustration sous un claire de Lune, mais puisque maintenant je suis coincé en ville et que je n'ai pas l'intention de m'en aller avant d'avoir retrouvé mon frère, je me contente de me taper la tête contre les murs de mon appartement. Ça énerve ma voisine mais je m'en fous, de toute façon si elle se plaint pour tapage nocturne, j'ai pas l'intention de me coffrer moi-même.

Un jour, j'ai vraiment cru que je tenais le bon bout. L'un de mes contact m'a informé avoir eu vent de l'histoire d'un homme se transformant en loup. Pour moi, ça ne pouvait être que Frère Gris. Je suis parti à sa recherche et finalement c'est par hasard que je suis tombé sur lui. Mais ce n'était pas mon frère. C'était Cùchulainn. J'étais horriblement triste et pourtant, j'ai trouvé en cet homme un ami, un confident, quelqu'un à qui parler dans les pires moments. Lui aussi connaît cette torture d'être pris entre deux feux, de se sentir tirailler entre sa partie animale et sa partie humaine. Il ne nous a pas fallu longtemps pour devenir très proches car au delà de nos points communs, Cùchulainn m'aide à récolter des informations sur Frère Gris et pour ça, je lui en serai toujours infiniment reconnaissant. Il connaît toute mon histoire, tout ce qui m'a poussé à retourner au monde civilisé. Un seul mot de lui aux autorités et s'en est fini de ma vie ici, je passerai probablement les prochaines années derrières les barreaux. Pourtant j'ai une confiance presque aveugle en lui, et pas uniquement parce qu'il a cette partie loup en lui qui m'est si familière. Cùchulainn, tout comme Iseut, est un membre des Lames de Cendres et j'ai le plus grand respect pour tous les membres de la rébellion. Pas étonnant donc que nous soyons devenus aussi rapidement amis.

Aujourd'hui, je crois que je vais péter un plomb. Dans le top 5 de mes journées de merde, je la placerai probablement à la première place sur le podium : déjà, il pleut et je déteste la pluie. Ensuite je me suis pris une branlée monumentale durant mon entraînement à l'épée, puis je me suis fait salement engueuler par l'un de mes soit-disant supérieurs au cours d'une ronde dans Roméo Drive parce que j'ai pris le parti de ne pas arrêter un ado qui avait mal mis son Charnel et est soudainement redevenu un cygne en pleine rue. Quand je suis rentré à la caserne, j'ai appris que la piste sur laquelle j'étais pour retrouver Frère Gris était une fois de plus sans issue et comme on ne termine pas une journée bien pourrie sans une note encore plus pourrie, j'ai marché dans la merde en rentrant chez moi avec mes pompes toutes neuves. Une journée de merde au sens propre (quoique propre ça se discute) comme au figuré.

Et enfin, il y a les moments de doutes. Plus je m'attarde ici, plus je m'adapte et plus je prends goût à ma vie d'homme. La jungle me manque atrocement, mais maintenant j'ai un chez moi ici. Et des amis. Cùchulainn est sans hésiter celui que j'aurai le plus de mal à quitter si je retrouvais Frère Gris demain, mais il y a également Iseut, Mulan, Clémence... Même Lancelot me manquerait c'est dire ! Nous avons beau ne pas avoir les mêmes méthodes de travail, il n'empêche que j'ai le plus grand des respects pour mon partenaire, même si je me gêne pas pour le faire chier. J'ai de plus en plus de mal à faire le tri, à savoir quoi faire et je sens que ça commence à impacter ma façon de travailler, de faire les choses... Je perds petit à petit mes habitudes héritées de la jungle pendant que j'intègre et comprends celles de la ville. Il faut que je vide mon sac rapidement, sinon je sens que je vais craquer et ça, ça craint.

Je suis à peine sorti de mon appartement après avoir enfilé de nouvelles chaussures que directement je m'élance dans la rue pour rejoindre la tanière de Cùchulainn. Comme d'habitude quand je m'y rends, je prends soin de brouiller les pistes pour être certain de ne pas être suivi. Ça serait vraiment con que mon ami se fasse griller à cause de moi quand on sait que je redouble d'imagination à chaque fois pour effacer son nom de tous les dossiers concernant les rebelles. Une fois à destination, j'entre dans la caverne ou mon ami vit et sursaute brusquement en le voyant arriver comme une balle et commencer à m'attaquer. Je tends les bras devant moi et m'exclame :

« Wow wow tout doux mon pote, c'est juste moi ! Et promis, y'a pas de copains non désirables derrière moi, je suis vraiment tout seul ! »

Je lui demande d'un hochement de la tête si c'est bon et et me détends en voyant que je suis hors de danger.
Mais tout d'un coup, je me sens con d'être venu sur un coup de tête comme ça. On dirait une gonzesse de 13 ans qui court chez sa meilleure amie parce qu'elle vient de se faire plaquer par son troisième mec du mois. Du coup, je tente de rattraper un peu le coup et lui demande d'entrée de jeu :

« Salut Lainn ! Je... Humm je voulais savoir si tu avais des nouvelles infos sur mon frère... »

Je me racle la gorge, un peu mal à l'aise et baisse la tête en tripotant le pommeau de mon épée. Bon, inutile de tourner autour du pot, après tout c'est un loup lui aussi et les loups n'aiment pas qu'on y aille par 4 chemins pour dire les choses. Moi non plus d'ailleurs. Je me lance donc :

« Je crois que... j'commence à être perdu. Je sais plus ce que je veux, ni quel est mon objectif : est ce que ça se limite à retrouver mon frère ? Ou est ce que je suis prêt à rester ici pour me battre à vos côtés ? Y'a trop de trucs dans ma tête en ce moment, c'est un putain de bordel. Qu'est ce que je dois faire ? »

Je suis fatigué et je perds la maîtrise de ma voix qui part d'un coup dans les aiguës, comme si je venais de lâcher un pur cri de désespoirs. Je déteste me sentir aussi faible, en arriver à douter avec autant de force. Je soupire et me passe une main sur le visage. Dans le genre numéro viril, définitivement on repassera.
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⊱ pseudonyme : songbird
⊱ tête mise à prix : travis fimmel.
⊱ crédits : prout (ava.)
⊱ arrivé(e) le : 04/01/2015
⊱ manuscrits : 392

⊱ tes licornes : shéhérazade, marie, barthélemy
⊱ schillings : 310

⊱ ton conte : cúchulainn, le chien du forgeron.
⊱ ta race : bête parlante. un énorme loup blanc.
⊱ métier : combattant dans un des recoins du marché noir. celui sur lequel on mise généralement.
⊱ tes armes : une hache, camil, un bouclier. sa bestialité.
⊱ allégeance : il n'a jamais aimé les fées, celle-ci ne fait pas exception.





Mer 8 Juil - 2:35



Mowgli, Cúchulainn

Si ils se sont installés là il y a presque dix ans, Cúchulainn et Camil n'ont dévoilé leur habitation qu'à peu de personnes. Par les temps qui courent, être un animal parlant est une chose dangereuse, et on ne sait jamais ce qu'il peut arriver à la ville – la forêt restait et de loin l'endroit le plus sûr qui soit dans les environs. Si un jour, pour une sombre raison, les charnels décidaient de ne plus avoir d'effet, il ne courrait aucun danger ici. Les chasseurs ne s'y aventuraient que peu, préférant les forêts plus éloignées de la capitale, et les marcheurs occasionnels ne s'aventuraient pas aussi profondément. La rivière n'était ni trop loin ni trop près, et pour tout l'or du monde ils n'auraient pas changé de lieu d'habitation. C'était brut et sommaire, mais ils l'étaient tout autant.
Durant ces dix ans, seulement deux personnes autres qu'eux avaient vu cette grotte en en repartant vivant. Il y avait eu Beowulf d'abord, que Camil avait ramené en le trouvant abandonné et mal en point au bord de la rivière. C'était étrange pour eux, d'avoir un nouveau venu. Ils étaient littéralement devenus deux loups solitaires et le temps n'avait pas aidé à les arranger. Les autres étaient les bienvenus autre part, mais cet endroit était leur bulle. Éclatée, maintenant. Il n'était pas resté trop longtemps, bien que Cúchulainn ait toujours eu du mal à accepter la présence de quelqu'un d'autre ici, et il ne pouvait qu'apprécier d'autant plus d'être seuls à nouveau. La bulle s'était reformée, stoppée dans le temps, dans un équilibre délicat. Le seul endroit où ils étaient une vraie famille, le seul endroit où ils étaient vraiment eux. Où il redevenait un loup, parfois, et où Camil semblait en devenir un. C'était trop bestial pour le monde, mais ne pouvait pas être plus doux pour eux. Et c'est ce qui était spécial dans cet endroit. Le bruit des feuilles qui craquaient sous le poids d'un homme ou plusieurs les alertait toujours, et il trouvait toujours un moyen de faire fuir les aventureux. S'il n'avait pas toujours le temps d'enlever son charnel, il trouvait d'autres moyens – sa hache en était un bon – de faire fuir les gens. Un jour seulement une jeune femme était venue, deux enfants tenant fermement chacune de ses mains. Deux jumeaux, blonds comme le blé comme eux l'avaient été. Son esprit n'avait cessé de hurler à Meallán pour une bonne semaine alors que son cœur était endolori à la simple pensée de son frère. Ils n'étaient que perdus et il les avait raccompagnés sans un mot jusqu'à la ville, sans jamais les revoir depuis, mais il en avait encore la gorge nouée à l'approche de quiconque de leur grotte.

Une paire de pas s'approchait en vitesse aujourd'hui, mais ça n'avait rien d'enfants. Ça s'approchait sans aucun doute de la grotte spécifiquement, et il n'aimait pas ça. Il n'aimait pas ça du tout, et il n'avait pas le temps d'ôter son charnel.
Sans attendre, Cúchulainn se rapprocha de l'entrée de la grotte et s'il ne distinguait qu'une silhouette qui lui arrivait dessus, il ne se gêna aucunement pour accélérer le pas, grognant, la main prête à se saisir de la hache accrochée à sa taille. Ses doigts commençaient à peine à se crisper dessus quand il s'arrêta, à un mètre à peine de l'intrus qui s'annonçait les mains en l'air. Wow wow tout doux mon pote, c'est juste moi ! Et promis, y'a pas de copains non désirables derrière moi, je suis vraiment tout seul ! Outre les jumeaux égarés, il y avait Mowgli. Comme un ami de toujours, un frère qu'il se promettait de protéger quand il le pouvait. Contre ce qui était mauvais pour lui; contre la fureur de la Nature. Salut Lainn ! Je... Humm je voulais savoir si tu avais des nouvelles infos sur mon frère... Cúchulainn sentit sa gorge se serrer en déglutissant. Des rumeurs de loup, il en avait entendu mille. Des loups errants, il en avait vu encore plus, çà et là, mais il ne pouvait jamais se résoudre à en parler. Pas à Mowgli. Il soupira, dépité d'être encore une fois dans cette situation. Il ne fallait rien dire de tout ce qu'il savait, mais il ne pouvait s'empêcher en secret de réunir les informations. S'il trouvait ce Frère Gris, il pouvait déjà jurer sur les Dieux qu'il ne lui ferait pas que du bien. Il était dangereux pour Mowgli. Il était mauvais pour Mowgli. Osciller entre deux états, deux natures était un danger permanent, et il le savait d'expérience. Il ne put s'empêcher de froncer les sourcils, avant de tirer un tabouret du pied pour que son ami s'y pose. L'homme-loup se permit de s'absenter dans ce qui passait pour une cuisine, servant un peu de thé aux plantes dans un verre avant de l'amener à Mowgli. Je crois que... j'commence à être perdu. Je sais plus ce que je veux, ni quel est mon objectif : est ce que ça se limite à retrouver mon frère ? Ou est ce que je suis prêt à rester ici pour me battre à vos côtés ? Y'a trop de trucs dans ma tête en ce moment, c'est un putain de bordel. Qu'est ce que je dois faire ? Cúchulainn sourit un peu, juste un peu, et et reprit en espérant que Mowgli ne l'ait pas remarqué. Si tu ne sais pas quoi faire Mowgli, alors ne fais rien. Le loup prit appui sur le comptoir à côté d'eux, les bras croisés sur la poitrine. Si Mowgli découvrait ce qu'il faisait depuis un moment déjà, il perdrait probablement un ami précieux; mais il n'avouerait pas même sous la torture qu'il savait pour Frère Gris. Tu as des amis, ici. Une situation, un boulot, peut-être même une gueuse à qui tu exprimeras bientôt ton amour. Est-ce que tu es prêt à tout sacrifier ? ses pieds s'agitaient au sol, alors que son regard se rivait dessus. Et si tu le trouves, tu fais quoi ? Tu pars dans la forêt ? Tu plaques tout, pour un frère que t'as pas vu depuis je sais pas quand ? Et après ? Tu meures dans la forêt, seul avec ton frère ? Sa voix était brute et lourde, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il tenait à Mowgli comme à un fils d'adoption, et si le perdre était une pensée dure, le savoir en passe de faire le mauvais choix était bien pire encore. Pourtant, il savait ce que faisait la perte d'un frère. Il n'avait pas vu Meallán depuis dix ans, ne savait même pas si son cœur battait encore ou les avait quittés. C'était insoutenable, et il en mourrait à long terme, mais il apprenait petit à petit à faire avec. À être deux tout seul. Sa tête se secoua dans ce qui pouvait s'apparenter à du désespoir. Tu ne sais pas où il est, Mowgli. Je sais ce que tout ça représente pour toi. Mais tu as changé, depuis ton arrivée ici. Tu étais perdu, mais tu ne l'es plus.
L'observant se prendre littéralement la tête, Cúchulainn se mordit la lèvre. C'était dur pour lui aussi, de voir un ami comme Mowgli dans un tel état, mais il le fallait. C'était un mal pour un bien, le temps qu'il réussisse à convaincre Mowgli de rester parmi eux. Je ne sais pas si je suis le mieux placé pour t'aider avec ça, tu sais. Tu sais déjà tout ce que je pense de toute cette histoire. Il coula son regard sur Mowgli qui de toute évidence était épuisé par tout ça. Il ne faut pas aller à l'encontre de la Nature. Vois où ça m'a mené. Tu es né un homme Mowgli, et t'avoir élevé différemment était une erreur. Si tu veux un avis, alors voilà le mien, il le força du bout des doigts à relever le visage pour affronter son regard, reste parmi les tiens. Tu n'auras jamais rien de bon à être parmi les animaux; et t'opposer à Mère Nature qui t'a fait homme ne t'apportera que des malheurs. L'espace d'un instant, il adoucit son regard. Il était fier de qui étai devenu Mowgli. Il était fier de l'avoir à ses côtés, en tant qu'ami et en tant que Lame. Et il ne voulait pas le perdre, pas pour aucun loup, qu'il soit son frère ou non. Je ne veux pas te savoir malheureux, mais vois l'état dans lequel tu te mets pour toute cette histoire. Ne crois-tu pas que c'est là un signe ? Un conseil des Dieux qui te somme d'arrêter tes tourments et de te concentrer sur ta vie d'homme ?

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cut off a wolf's head
and it still has the power to bite.


they see me shippin' they hatin':
 
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Lun 10 Aoû - 16:49



Mowgli, Cúchulainn

Cuchùlainn m'invite à m'installer sur un vieux tronc et j'obéis en lui confiant mon trouble, comme si il était mon psy, mais un psy gratos quoi. Il revient avec un verre de thé qu'il me file et je le remercie d'un hochement de tête. Je jette discretos un p'tit coup d’œil au thé et le renifle l'air de rien. J'aime pas le thé, l'eau chaude ça me fait faire des vents du tonnerre et j'ai vraiment pas envie d'enfumer la grotte de mon pote. Mais bon, je veux pas non plus avoir l'air malpoli, donc je prends une mini gorgée de son truc. Ho bordel... En plus de me cramer la langue, ça laisse un goût tout pâteux et... planteux dans ma bouche... Faut qu'je crache. J'attends que Cuchùlainn regarde deux secondes dans une autre direction, puis j'en profite pour faire repasser le thé de ma bouche au verre. Voilà, ça c'est fait, j'ai goutté, je suis un bon invité, tout va bien.

Une fois libéré de cette petite prise de tête, j'écoute ce que Lainn me dit et me fige d'un coup. Comment ça, ne rien faire ? Je fronce les sourcils, perdu. Il poursuit en me rappelant que j'ai une vie ici maintenant, des amis, bon, pas encore de gueuse mais peut être que quand j'aurai fini de rameuter les filles de Ragtown dans mon plumard j'en trouverai une... D'un côté, je suis un peu en colère qu'il me balance à la tronche que je n'ai pas d'avenir certain possible dans la jungle, ou du moins rien qui fasse réellement rêver, mais je sais au fond de moi qu'il a raison. Je crois que j'aurai plus à perdre en retournant dans la jungle qu'à y gagner. J'adore la jungle, c'est ma maison, là ou j'ai toujours vécu. Mais ici, il y a des choses que j'aime aussi, des gens qui sont importants pour moi. Et si Frère Gris avait compris ça avant moi ? Si, lui aussi, avait réalisé que la vie parmi les hommes était préférable à celle dans la jungle et que c'était pour cette raison qu'il restait introuvable ? Des tonnes d'hypothèse fleurissent dans ma tête, je n'arrive pas à faire le tri parmi tout ça. Le loup en moi se rebelle contre l'homme que je suis, que je redeviens un peu trop rapidement à son goût.

Lainn a un air que j'ai du mal à interpréter. Il secoue la tête souvent, a une voix très grave, le genre de voix qu'il prend quand on discute de sujets sensibles comme les plans des Lames. Ça me touche de voir qu'il prend mon problème à cœur comme ça. Il me fait remarquer que j'ai changé et qu'à présent je ne suis plus perdu. Je suis tenté de lui dire que si justement, je ne me suis jamais senti aussi perdu de ma vie et que c'est un peu pour ça aussi je suis venu chez lui en mode chialleuse mais la suite de son discours me fait comprendre (enfin je crois comprendre) ce qu'il voulait vraiment dire. Je ne pense pas qu'avoir été élevé dans la jungle fut un erreur, au contraire, cela m'a permis de découvrir des choses que nul autre homme élevé dans la ville ne pourra comprendre. J'y ai appris à reconnaître la beauté de la nature, l'importance de la vie animale, à me battre, à survivre seul dans un endroit hostile à l'homme. J'ai toujours été heureux dans la jungle, jamais les loups ne m'ont fait me sentir à part, sauf lorsque je suis rentré de mon premier séjour chez les hommes. Je tique alors. Ça fait combien de temps que je vis en ville ? Plusieurs mois, ça c'est sûr... Comment aurait réagi la meute si j'étais rentré après un aussi long séjour parmi ceux de ma race ? Probablement mal. Mais même si j'ai quitté la meute pour vivre avec Baloo, Bagheera et Frère Gris, je ne sais pas non plus comment seront les retrouvailles avec l'ours et la panthère noire. En fait, plus j'y réfléchis, et plus je me persuade que Baloo m'a réellement poussé à retourner auprès des hommes pour que j'y reste... Lainn a raison, peut être que je ne suis pas perdu, peut être qu'au contraire, j'ai retrouvé mon chemin... Je baisse la tête, tout remué de l'intérieur mais Lainn me choppe le menton et me force à le regarder droit dans les yeux. J'ai l'impression d'être un môme face à son père, c'est vraiment étrange. Bon, il est pas assez vieux pour être mon paternel, mais il a quand même une prestance qui en impose, le genre qui peut me forcer à fermer ma gueule d'un seul regard et ça, c'est assez rare. Même Lance il a du mal à y arriver.

« Reste parmi les tiens. Tu n'auras jamais rien de bon à être parmi les animaux; et t'opposer à Mère Nature qui t'a fait homme ne t'apportera que des malheurs. »

Je déglutis. Les loups sont du genre vachement superstitieux vis à vis de tout ce qui concerne Mère Nature et j'avoue que je partage leurs croyances. Du coup, je jette rapidos un p'tit regard en direction de la terre, pour être sûr qu'elle est pas sur le point de m'engloutir comme dans les légendes que me racontait Père Loup quand j'étais petit. Bon, de ce côté là ça a l'air plutôt stable... Finalement, quand il me dit que ce qui m'arrive est peut être un conseil des Dieux, je hoche la tête d'un air un peu vague. Puis, je me décide enfin à l'ouvrir :

« Que ce soit un message des Dieux ou pas, je ne pourrai jamais oublier la jungle. C'est une partie de moi, l'endroit où j'ai vécu la plus grande période de ma vie et je ne regretterai jamais d'y être resté si longtemps. »

Je plonge mon regard dans le thé dégueu qui est en train de refroidir dans ma main et fait genre que j'en bois une gorgée pour la forme et surtout pour avoir le temps de réfléchir et de me préparer psychologiquement à entendre ce que je vais moi même dire. Je repose la tasse sur le comptoir et plonge mes yeux dans ceux de Lainn d'un air déterminé.

« Mais tu as raison, je suis un homme. Il faut que je me fasse à l'idée, que j'intègre que désormais, j'aurai plus à tout faire pour devenir un loup, mais je vais y arriver. Il me faudra juste... tu sais, du temps. »

Je gratouille du bout de l'ongle mon verre en regardant dans le vide en direction de la sortie de la grotte de Lainn. Je ne pense à rien de particulier pendant les quelques secondes où je me tais, j'essaie juste de m'imaginer quelques secondes ma vie dans une dizaine années si je décide de rester ici. Baloo m'a toujours enseigné que dans la vie, il ne fallait pas avoir de regrets. Et je ne pense pas que je vais regretter les paroles que je m'apprête à lâcher :

« Je n'arrêterai pas de chercher Frère Gris, parce que je veux pas vivre en me demandant ce qui lui est arrivé jusqu'à la fin de mes jours. »

Je me tourne vers Lainn et termine en lui faisant un sourire un coin digne de celui d'un môme qui vient de chiper des bonbons dans le bocal caché de sa frangine :

« Mais lorsque je l'aurai retrouvé... Je ne rentrerai pas avec lui dans la jungle. Enfin je pense pas. Et peut être que lui non plus d'ailleurs. Si ça se trouve, lui aussi il s'est créé une vie d'homme ici, peut être qu'il a aussi une gueuse, des chiards et des potes en ville ! J'en sais rien. Mais je pense... Je pense que le monde des hommes a beaucoup plus à m'offrir maintenant que celui de la jungle. »

Machinalement, je prends une vraie gorgée de mon thé et m'étouffe un peu avec en me rappelant (et en sentant surtout) qu'il est dégueu. Je tousse un peu, puis ajoute d'une voix un peu étranglée :

« Et puis, faut pas oublier que ça me manquerait vachement de ramoner les jolies gonzesses de la ville... »

Des fois, ma propre classe m'épate.
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Ven 4 Sep - 13:28



Mowgli, Cúchulainn

Redevenu humain depuis peu, Cúchulainn ne savait que trop bien que l'on s'attachait trop vite au confort humain et tout ce qui venait avec. Si les jambes des hommes étaient moins pratiques que ses deux paires de pattes et sa longue fourrure, moins rapides et habiles, il les trouvait mieux pour se mouvoir chaque jour. Plus naturelles – mais ça n'était du qu'à son histoire particulière. Les futilités des hommes, si l'on s'en plaint chaque jour, lui avaient manqué sous sa forme animale – de simples conflits comme ceux qu'il avait avec Iseut ne se résumaient plus qu'à un grognement hargneux pour les loups. Adieu les nuances et les variations, adieu les diversifications de vocabulaire : tout était plus brut, vulgaire, grossier dans le monde animal. Régis par l'instinct seulement, il n'y avait aucun besoin de s'encombrer de telles idioties. Seule la survie comptait. Et c'était... pesant. À la manière dont le silence devient vite trop bruyant, et l'absence trop présente. Perché sur ses quatre pattes, la vie n'était pas plus simple, elle était seulement plus vide.
Son retour avait été une pure renaissance; le bonheur de se mêler aux genre aussi idiot que ce puisse être, le bonheur de retrouver ses sentiments comme intacts : à vif. Comme si, au bout de dix ans seulement, on lui apportait une preuve de sa vie. Il était vivant, et c'était si évident que c'en était merveilleux.
L'histoire singulière qui était la sienne rendait compliquée sa compréhension des hésitations de Mowgli. Il n'était encore qu'un gamin aux yeux du loup, et il ne devrait pas être confronté à deux mondes aussi différents. C'est trop difficile à gérer, parce qu'un double monde le confrontait à une double nature. C'était un choix douloureux à faire pour quiconque, et l'esprit embué de Mowgli semblait rendre les choses encore plus compliquées. Il avait une fougue qui emportait tout comme un ouragan, et une envie apparente de changement, constant. Mowgli était probablement de ceux qu'on ne tient pas en place, qui ont toujours besoin de bouger, de parler, quitte à s'en prendre une ou passer pour un idiot. Mowgli avait l'impulsivité d'un gosse et ne voyait pas les choses aussi graves et compliquées qu'elles étaient en réalité.
Cúchulainn était parfaitement sérieux en évoquant Mère Nature; si la culture que lui ont enseigné son grand-père et son père unit les hommes sous une multitude de Dieux, Mère Nature est la femme la plus forte qui soit, la plus puissante de tous. Mère Nature a créé les hommes comme ses fils, ainsi que la terre pour les faire vivre. Chaque jour, elle fait naître de nouveaux animaux pour la chasse et plante de nouvelles baies pour la cueillette. Mère Nature est l'être dominant par excellence, de là d'où Cúchulainn vient, et elle peut tout reprendre aussi vite qu'elle a tout donné. Le confort et la technologie derrière lesquels se réfugient les hommes n'est rien de plus qu'une illusion de pouvoir et de contrôle, un oasis d'intelligence qui pourrait être bien vite balayé. Comprenez : il ne faut as aller à l'encontre de la Nature et remettre son jugement en question. S'il arrivait à Cúchulainn d'échapper à ses propres règles en ôtant le charnel qui, symboliquement, l'enfermait, il se considérait du fait de sa malédiction déjà lié à un destin sombre. Mowgli, en revanche, n'était qu'un gamin paumé, qui avait été entouré d'êtres qui avaient fait le mauvais choix pour lui. Qu'un animal élève un homme n'est en soi pas le problème – lui l'avait bien fait avec Camil –, cependant, il y avait un équilibre à respecter. Il fallait apprendre au petit homme qu'il était un humain aux habitudes animales, et non pas un animal prisonnier du mauvais corps. C'était une ligne qui avait semble-t-il été franchie avec Mowgli, et une telle réalisation attristait et contrariait suffisamment Cúchulainn pour lui donner envie de l'aider. Le faire trancher entre deux choix. L'instinct et la raison, le corps ou le cœur. Il fallait bien avouer que l'attachement qu'avait Mowgli pour lui, au-delà de l'aspect touchant, s'avérait en cela bien utile. Élevé par des loups, animaux aux croyances étrangement proches de celles de chez Cúchulainn, et lui-même en étant partiellement un, l'affaire était comme qui dirait jouée. Le seul point noir à son tableau restait ce Frère Gris dont l'enfant sauvage lui parlait. Si les regards des deux loups venaient à se croiser, Cúchulainn ne repartirait pas sans sang sur les mains, c'était une certitude. Il fallait parfois faire le malheur des uns pour arriver au malheur des autres; et quand bien même ledit frère se serait fait à sa vie humaine, on ne peut pas aller à l'encontre de sa propre nature. Lui-même ne s'était, en loup, jamais vraiment détaché du monde des hommes. Il l'observait, lointain, envieux. Un loup ne se défera jamais de sa liberté animale, du pouvoir qu'il peut avoir sur tant d'êtres en un simple coup de dents. Et Cúchulainn ne prendrait pas le risque. Mowgli resterait là où il est chez lui, parmi les hommes; que les loups aillent au diable.
Que ce soit un message des Dieux ou pas, je ne pourrai jamais oublier la jungle. C'est une partie de moi, l'endroit où j'ai vécu la plus grande période de ma vie et je ne regretterai jamais d'y être resté si longtemps. Mais tu as raison, je suis un homme. Il faut que je me fasse à l'idée, que j'intègre que désormais, j'aurai plus à tout faire pour devenir un loup, mais je vais y arriver. Il me faudra juste... tu sais, du temps. L'homme-loup se permit un sourire qui s'étalait d'une oreille à l'autre, tout de bonne humeur qu'il était d'un coup. Il savait qu'il aurait encore à batailler pour s'assurer que Mowgli ne soit pas tenté par le retour à la nature, mais c'était le début d'une victoire qu'il savourait déjà. Du temps, il lui en donnerait autant qu'il lui en faut, des mois et des années s'il le faut à rester à ses côtés pour être sûr qu'on n'essaie pas de ruiner ses plans pour le gamin.
La mention de Frère Gris fait néanmoins serrer les dents à Cúchulainn, et sans même attendre que Mowgli finisse sa phrase, lui en commence une autre, la voix bien plus portante. Il faut que tu comprenne quelque chose Mowgli : tu es différent de Frère Gris et tous ceux que tu as rencontré dans la jungle. Tu appartiens à notre monde, celui des humains, mais eux.. c'est différent. Ton cœur te dit peut-être le contraire, mais personne ne peut aller à l'encontre de sa nature – nous en sommes la preuve même; élevé par des animaux et maudits à devenir loup, nous en revenons toujours au monde que nous avons été faits pour habiter. La loi de la nature est ainsi faite, et si nous devons rester ici... Cúchulainn soupira, adressant un regard à la fois désolé et sévère à Mowgli. Eux finiront toujours par retourner à la jungle. La nature l'emporte toujours; un scorpion pourra te jurer que si tu l'aide il ne te piquera pas, mais ça viendra pourtant.
On ne va pas à l'encontre de sa nature, Mowgli. Ni toi, ni eux. Et à s'être donné le droit de t'élever là-bas, ils prendront aussi celui de te ramener
chez eux.
Levant les yeux au ciel en voyant l'enfant sauvage s'étouffer, Cúchulainn reprit la tasse qu'il lui avait donné et se contenta de lui ramener un verre d'eau, finissant lui-même le thé. Les mômes j'vous jure, ça sait pas apprécier les bonnes choses. Et puis, faut pas oublier que ça me manquerait vachement de ramoner les jolies gonzesses de la ville... Sans être capable de s'en empêcher, le loup s'étouffa en un rire bruyant qui résonna dans toute la caverne. Le voilà le Mowgli qu'il connaissait, le petit con qui lui manquerait s'il repartait à la jungle. Bordel Mowgli j'espère que c'est pas comme ça qu'tu les aborde sinon tu dois pas ramoner grand chose. Il reprit son souffle tant bien que mal, se redressant pour faire face à Mowgli. J't'apprendrai à draguer un jour, tu verras. Tu finiras marié à une princesse mon gars.
Ou... tu sais, à une femme normale, c'déjà pas mal.

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cut off a wolf's head
and it still has the power to bite.


they see me shippin' they hatin':
 
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⊱ pseudonyme : BIB L'EPONGE
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⊱ ton conte : Le livre de la jungle
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Sam 24 Oct - 14:27



Mowgli, Cúchulainn

C'est fou comment des tous petits trucs tout cons peuvent nous faire réaliser des trucs vraiment énormes et susceptibles de totalement changer notre façon de voir les choses. Après avoir failli m'étouffer avec l'eau chaude aromatisée à je sais plus trop quoi, Cuchulainn prend ma tasse pleine de mes mains et me sert un simple verre d'eau à la place, en s'occupant lui-même de terminer mon thé. Et c'est là que je me rends compte de quelque chose qui me retourne totalement de l'intérieur. Le truc qui me fait flipper à l'idée de quitter a jungle c'est avant tout de ne plus avoir de famille. Parce que ouais, ok, je me la joue brute de décoffrage la plupart du temps et j'essaie de pas trop montrer mon côté un peu sensible et tapette qui sommeil en moi mais j'ai toujours eu conscience que la famille c'est un truc de sacré. Parfois on en a une à la naissance, parfois on est obligé de se la créer mais on ne peut pas survivre seul. Jusqu'ici ma famille, c'était la meute. Quand la meute s'est dissoute, ça a été Baloo, Bagheera et Frère Gris. Mais quand je suis arrivé à Fort Fort Lointain, j'ai continué de me persuader que ma famille m'attendait dans la jungle. Alors que sans même que je ne m'en rende compte, j'étais déjà en train de m'en faire une nouvelle ici, parmi les hommes.

Lainn est sans hésiter un membre de ma nouvelle famille. La façon dont il m'a pris la tasse des mains en voyant que j'aimais pas ce qu'il y avait dedans, ça c'est une attitude de père ou d'oncle ou de grand frère enfin quelque chose comme ça ! Ouais plutôt grand frère en faite. Je ne sais pas si c'est parce qu'il a un côté loup que je m'entends aussi bien avec lui, mais au fond je pense que c'est surtout sa partie humaine qui le pousse à se comporter comme mon frangin, et c'est probablement cette même partie que j'aime chez lui (que j'aime en TOUT BIEN TOUT HONNEUR évidemment). Forcément, maintenant que j'ai réalisé ça, je m'amuse à essayer de trouver qui seraient les autres membres de ma nouvelle famille humaine. Iseut serait peut être une sorte de mère. Quoique je sais pas, c'est un peu bizarre de vouloir se taper sa mère. Nan pas ma mère. Une cousine plutôt (le genre de cousine suffisamment éloignée pour pas trop foutre le bordel dans l'arbre généalogique en cas de dérapage). Poucette serait la tante super bien roulée qui nous fait chier mais qu'on aime bien quand même, Jack le tonton qui peut te défoncer en un seul regard si tu balances un gros mot pendant le repas de Snowël et Lancelot... Lancelot il serait mon père. Ouais je le vois bien en papa, à me faire toujours la leçon, à m'apprendre des trucs même quand j'ai pas envie. Voilà, c'est bon, je l'ai ma famille. Même pas besoin de retourner dans la jungle.

Enfin je dis ça mais remplacer une famille par une autre ce n'est pas la chose la plus simple qui soit non plus. J'aurai aimé que Frère Gris, Baloo et Bagheera rejoignent cette famille eux aussi, j'aimerai pouvoir réunir mes deux mondes, bien qu'au fond je sache qu'ils sont incompatibles. Mes amis de la jungle seraient malheureux ici, privés de leur totale liberté, enfermés dans des corps qui ne sont pas les leurs. Moi je me suis adapté à ce monde en même pas une semaine. Combien de temps ça leur prendrait à eux ? Des semaines ? Des mois ? Des années ? Est ce qu'ils y parviendraient un jour d'ailleurs ? Je ne sais pas. Putain c'est compliqué de penser à tant de trucs en même temps comme ça ! Faut que je change de sujet parce que sinon je crois que ma tête va péter et je veux pas repeindre la caverne de Lainn couleur de mon cerveau. Je balance une bonne vieille réplique sur le ramonage au plumard et ça fait rire Cucu tellement fort que je sens mes os qui tremblent dans mon corps. Putain il a du coffre le gaillard !

« Bordel Mowgli j'espère que c'est pas comme ça qu'tu les abordes sinon tu dois pas ramoner grand chose, qu'il finit par me dire.
- T'inquiète, j'suis un mec subtile moi ! Et puis en plus, la plupart du temps j'ai même pas à dire quoi que ce soit : j'me contente de montrer la marchandise et elle réclame le ramonage complet avec toutes les options... »

Quand il m'affirme que je serai marié à une princesse un jour, j'ai limite envie de rigoler : si sa princesse c'est un Charmant au féminin, je passe mon tour, avec plaisir même ! J'ai pas envie de me retrouver avec une bonne femme qui pense qu'à ses cheveux, moi, j'veux quelqu'un qui a de la conviction et de la répartie, qui est souple au plumard, qui aime le ramonage, qui me prenne pas trop la tête quand même et qui...

« Ou... tu sais, à une femme normale, c'déjà pas mal. »

Je rigole à mon tour parce que ok, là je l'ai peut être cherché. J'avale tout mon verre d'eau cul sec et demande en m'essuyant la trogne avec ma main d'une façon virile et pas très élégante :

« Et toi, tu butines en ce moment ? Je vais bientôt avoir une belle-soeur ? »

Je me rends compte d'un coup que j'ai pas partagé avec lui mon délire de famille dont il serait le suprême grand frère mais bon c'est pas grave si ça se trouve il relèvera même pas. J'avoue que ce serait un peu bizarre de devoir lui expliquer qu'il est ce qui se rapproche le plus d'une figure fraternelle pour moi donc ouais, j'espère vraiment qu'il a pas entendu ce que je viens de dire.
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Qu'est c'que je dois faire ? :: feat.Cùchulainn

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