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FORT FORT LOINTAIN A FERME SES PORTES.

Que le talent soit, qu'il s'apprenne et se rencontre. [PV Adaé]


FORT FORT LOINTAIN

TU SAIS OU J'VAIS LES RENTRER MES MOUTONS ?!

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⊱ pseudonyme : Lady Furiosa
⊱ tête mise à prix : Katheryn Winnick
⊱ crédits : elf & tumblr ♥
⊱ arrivé(e) le : 27/12/2014
⊱ manuscrits : 510

⊱ tes licornes : Belle Yeuxdevelours & Raiponce Cheveuxdor
⊱ schillings : 671

⊱ ton conte : La bergère et le ramoneur
⊱ ta race : Statuette de porcelaine vivante
⊱ métier : Bijoutière ¤ Propriétaire de sa propre boutique, on commence à connaître son nom à Fort Fort Lointain ¤ Seconde au sein des Lames de Cendres
⊱ tes armes : Un bâton de bergère & une épée nommée Sybelle (fabriquée par son bestah 4eva, Jeiran) : elle manie le premier mieux que la seconde mais elle maîtrise pô mal quand même.
⊱ allégeance : Jolèmpa. Même que je rêve d'arracher ses petites ailes d'usurpatrice.





Sam 3 Jan - 13:39



   
Iseut & Adaé
Que le talent soit, qu'il s'apprenne et se rencontre.

L'homme observait le bijou avec attention, l'oeil brillant. Les doigts suspendus au-dessus de l'écrin, il faisait l'effet à Iseut d'un enfant devant un énorme pot de confiture à qui on aurait dit qu'il pouvait se servir sans cuillère, sans pour autant croire à sa chance.


" Puis-je ? " risqua-t-il, la lèvre inférieure légèrement tremblante. " Faites, bien sûr. Il est important que vous jugiez par vous-même. " lui répondit la bergère, un sourire professionnel plaqué sur les lèvres.


En réalité, l'attitude du Seigneur la laissait un peu perplexe. Pour ne pas dire qu'elle le trouvait franchement bizarre. Certes, le collier était de toute beauté, fabriqué selon un dessin précis que l'homme lui-même lui avait apporté et qu'elle avait respecté scrupuleusement après qu'il lui ait répété au moins mille fois qu'il était "vital qu'il y ressemble au plus près " ... Mais tout de même, il y avait quelque chose d'obsessionnel et d'un brin fou dans le regard qu'il lançait à l'objet, ainsi que dans ses mouvements fébriles.

La joaillère éprouvait encore quelques difficultés pour se faire à l'excentricité de certains habitants de Fort Fort Lointain. Auparavant, en tant que statuette, elle avait vu défiler une foule de personnalités hétéroclites, néanmoins, il fallait avouer que du haut de ses anciens quinze centimètres, elle ne voyait pas les choses sous le même angle. Aussi, maintenant qu'elle pouvait appréhender la notion de "face à face", remarquait-elle certains travers dont elle se serait bien passée.


" Il est sublime ! Absolument merveilleux ! Oui, oui, ma dame, vous avez des doigts aussi précieux que ce métal ! " déclara-t-il avec emphase tandis qu'il tournait et retournait les courbes délicates du tour de cou entre ses mains. " Je reviendrai, oui ... Je pense ... Certainement ... " continua-t-il en murmurant presque. Un frisson parcourut l'échine de la blonde tandis qu'elle récupérait la bourse qu'il lui tendait. " Vous m'en voyez ravie, messire ! N'hésitez pas ! "


Quelques brèves politesses plus tard, le client s'en alla enfin, la boite bien dissimulée sous sa large cape brune. Iseut l'observa s'éloigner dans la rue, paraissant discuter avec un invité invisible et la mine absente et elle secoua la tête. Jetant une oeillade à Guarin, lequel mâchouillait une motte d'herbe sous une petite table à l'abri des caresses indiscrètes, elle constata qu'elle ne semblait pas la seule à avoir eu l'impression de vivre l'un des moments les plus bizarres de son existence.


" Désolée, mon chou, je ne connais aucune clochette de porte capable de détecter les toqués. " Le mouton déglutit bruyamment pour toute réponse. Éloquent. Monsieur essayait de la faire culpabiliser ! " En plus, ils paient bien, alors arrête de faire ton difficile. "


Guarin se détourna d'elle, lui présentant son séant. Bien, puisqu'il le prenait ainsi ... Elle échappa un grognement agacé et retourna dans l'arrière-boutique, laquelle abritait son atelier. Enfilant une paire de lunettes-loupes, elle entreprit de se remettre à la confection d'un bracelet. Il ne manquait plus qu'à monter les émeraudes et à graver les rossignols sur le cercle doré. Elle examinait les pierres qu'elle avait choisi, à la recherche de la moindre imperfection lorsque un doux tintement l'informa qu'elle avait un nouveau visiteur. Pourvu que ce ne soit pas l'autre singulier qui revienne lui commander une main en or, pria-t-elle en si dirigeant vers la salle principale.

Iseut constata avec soulagement qu'il n'en était rien. Au lieu de ça, une jolie petite brune se tenait au milieu de la boutique.


" Bonjour ! " A nouveau ces joues creusées en un sourire avenant. En tant que commerçante, il lui fallait faire des efforts de présentation. " En quoi puis-je vous aider ? "


La jeune fille semblait la dévisager d'un drôle d'air. Portant sa main à son visage, la bijoutière réalisa qu'elle avait omis de retirer ses lunettes et elle devait plus ou moins ressembler à une mouche géante. Elle s'empressa donc de les enlever. Oui, bon, niveau présentation, on repassera plus tard, hum.

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Dim 4 Jan - 17:33



iseut et adaé
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   Il fallait qu’elle trouve une occupation, au plus vite. Et de préférence, pas du bénévolat, plutôt un rendement pécuniaire raisonnable, juste de quoi payer ses taxes et son loyer ; après tout, elle ne pourrait pas vivre éternellement sur le dos de Niki, il ne roulait pas sur l’or non plus.  Mais quel humble métier une sirène tout juste repêchée des eaux pouvait-elle bien exercer dans la capitale ? Et sans formation aucune, qui plus est. Elle avait déjà écumé plusieurs artisans, plusieurs boutiques. Tous avaient toujours une énième excuse. Désolé, les temps sont durs, on ne peut pas se permettre d’engager quelqu’un en plus. On ne prend pas les stagiaires. Vous savez à peine rester debout, n’espérez pas vendre dans ma boutique, on fait du luxe, nous madame. Navré, la place a déjà été pourvue. Vous êtes diplômée de Worcestershire ? Non ? Au revoir. Adaé essuyait les refus avec un sourire poli mais un soupir caché, teint d’une note amère et presque désespérée. Elle n’avait pas tout perdu de son monde de flots et de coraux pour finir à dormir sur les pavés de ruelles sombres. Le soleil était haut placé dans le ciel, ses rayons chaleureux contrastant avec son humeur maussade. Elle s’arrêta un instant, laissant l’astre couler sur sa peau diaphane, et réchauffer son petit corps, son petit cœur.
L’artère principale était bien animée, pleine de ladys toutes de couleurs vives apprêtés, de chevaliers-flics faisant une petite ronde et d’enfant aux sourires béat qui restait bloqué devant les vitrines des confiseries et autres pâtisseries. Et puis, au milieu de cette agitation qui habitait Romeo Drive, il y avait Adaé. Du haut de son mètre-soixante, elle était simplement debout, arrêtée au milieu du temps qui s’égrène à une vitesse folle et des fous qui se bousculent, faute de temps. Elle ne savait véritablement que faire. Rentrer chez elle ? Et pour quoi faire ? Se larver une fois de plus sur le sofa, à lambiner devant un miroir, à se lamenter sur sa vie professionnelle encore plus vide que sa vie affective ? La jeune sirène se rembrunit alors. Elle n’allait pas se laisser passer dessus si aisément. Les peuples d’en deçà des eaux ne renoncent pas si facilement. Elle releva alors la tête, balayant l’avenue de ses iris d’océan, avant de remarquer, entre toute l’affluence d’acheteurs compulsifs, une petite boutique qui jusque-là, n’avait pas retenu son attention ; elle avait dû ouvrir récemment. Un regain d’espoir fit résonner sa cage thoracique. Adaé inspira longuement, avant de s’avancer vers l’entrée, les jambes flageolantes comme à l’accoutumée.
Le son d’une petite clochette retentit à son entrée dans la bijouterie et la jeune femme emplit ses poumons de l’air ambiant, qu’elle trouvait étrangement agréable. Son attention était titillée de toutes parts, des joyaux polis et mis en reliefs dans tout le magasin, en attente d’heureux acheteurs. Alertée par le tintement, une jeune femme, qui devait être la propriétaire de l’endroit, se présenta à elle. Adaé ne put retenir son expression interloquée face à un tel spectacle ; en plus de six mois de vie ici, elle avait connu des choses étranges, mais pas encore de femme-mouche aux globes oculaire hypertrophiés. C’est alors que la bijoutière a dû se rendre compte de son apparence, car, de femme-insecte, elle est passée à très belle femme, tout simplement. Des cheveux blonds comme les blés et un regard de braise à vous sonder de part en part. La sirène hésita une demi-seconde alors, avant de lui répondre, illustrant le propos d’un sourire. « Bonjour. » Elle réfléchit un instant, se mordant la lèvre inférieure. Comment donc embrayer sur le sujet sans paraître impolie ou dédaigneuse ? Elle s’approcha alors d’un présentoir à sa droite, couvert d’une parure aux reflets irisés et chatoyant, un délice pour la vue comme au toucher. « Ahem, je ne sais pas véritablement comment aborder le sujet… C’est sans doute l’un des freins qui ont rendus les précédents réticents, il faut dire que je n’y connais pas vraiment, c’est assez nouveau tout pour moi, tout ça et-» Un nouveau soupire, et elle s’interrompit dans sa tirade ; elle se maudissait constamment, d’avoir la langue plus rapide que la pensée et surtout de s’accaparer de temps de mots, qu’elle ferait mieux de garder pour elle. « Pour aller droit au but, je suis en recherche d’un travail. » Elle se racla la gorge, histoire de se donner contenance. « Je n’ai pas énormément d’expérience concernant la joaillerie à proprement parler… » Excellent, continue à te sous-vendre, tu vas trouver preneur, ma belle. « Mais, sirène déjà, j’aimais passer mon temps à collectionner de belles choses et à les assembler. » Elle passa un doigt fin sur l’encolure d’un collier de perle nacrée, et coula le regard en direction de son interlocutrice, l’œil vif et pleins d’étoiles. « Je comprendrais que cela vous infortune, ou vous dérange, aussi j’essuierais votre refus sans dommage. En tout cas, j’aime beaucoup ce que vous faites. » Un autre sourire, toujours sincère. Elle espérait que cette fois, ce serait la bonne.
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Lun 5 Jan - 23:02



 
Iseut & Adaé
Que le talent soit, qu'il s'apprenne et se rencontre.

La bergère abandonna ses lunettes sur la surface la plus proche, le métal des montures tintant légèrement sur la vitrine. Il ne lui avait fallu qu'une demie-seconde pour reprendre totalement contenance, aidée par la distance qu'elle franchit en quelques pas vers la nouvelle venue et par ce sourire de circonstances qu'elle s'efforçait de conserver.

Elle s'attendait à ce que la jeune fille lui fasse part de fiançailles prochaines, à ses envies de faire plaisir à un proche, voire à elle-même. En somme, Iseut imaginait déjà son interlocutrice lui résumant plus ou moins brièvement - certains clients appréciaient d'étaler leur vie, comme si cette logorrhée allait soudain faire émerger une inspiration quelconque - les raisons de sa visite, allant de la présentation, en passant par les exigences, pour finir par les effets imaginés - voire imaginaires - que produirait l'oeuvre choisie. En somme, la trame classique de la plupart des transactions que la bijoutière avait effectué jusqu'ici. Pas un instant, il ne lui vint à l'esprit que la demoiselle soit entrée dans sa boutique pour autre chose.

Du moins, jusqu'à ce que cette dernière reprenne la parole. Un moment, alors qu'elle introduisait son discours, la blonde fronça les sourcils, méfiante quant à la nature des services qu'elle allait requérir. La joaillère appréhendait tout juste les formes d'une nouvelle existence, plus sombre, beaucoup moins légale, où il fallait savoir lire entre les lignes autant que saisir l'évidence si l'on voulait éviter les mauvaises interprétations. Elle doutait franchement que le marché noir, ou toute autre forme de commerce illicite, tente de s'insinuer en plein jour entre ces murs, mais allez savoir ! On n'était à l'abri de rien. Elle croisa donc les bras, attendant patiemment que l'embarras de l'inconnue se dissipe, bien que déjà sur le qui-vive. Il était de notoriété commune - et que ceux qui l'ignoraient l'apprennent à leurs dépends - que la bergère n'hésitait pas à y aller sans délicatesse quand quelque chose lui déplaisait.


" Un travail. " lâcha-t-elle, à la fois soulagée et surprise alors que la jeune femme explicitait enfin. Elle allait l'enjoindre de continuer, cependant, elle n'en eut pas besoin. 'Pas énormément d'expérience', 'sirène', 'assembler', autant de mots-clefs qu'Iseut retint sans peine mais qui ajoutèrent à sa perplexité. " Je vois. "


Son regard se détacha des traits de son interlocutrice afin de suivre ses gestes. Un index délicat glissait sur les billes de nacre que la bergère aurait juré agile au premier abord, sans pour autant pouvoir en être certaine sans l'avoir vu à l'oeuvre. Néanmoins, sa curiosité fut piquée, à l'image de son ego légèrement gonflé par la dernière remarque de la sirène. Un sourire creusa le coin de ses lèvres tandis que leurs prunelles se rencontraient. La flatterie semblait sincère, au moins autant que son désir de mettre à profit la passion de son ancienne vie dans la nouvelle. Il lui semblait qu'une certaine nostalgie se mêlait à cette volonté brûlante, là encore, elle ne voulait présumer de rien, mais une chose était sûre : la demoiselle croyait vraiment en ce qu'elle présentait. Un plutôt bon départ. Pour la suite, il allait s'agir de mettre en actes.


" Commençons par les bases avant toute décision, si vous le voulez bien. " répliqua-t-elle finalement, après une brève réflexion. Elle saisit délicatement le poignet de la jeune femme, éloignant ainsi sa main des pièces exposées, pour le lâcher aussitôt. Gentille bien que ferme. Puisqu'elle n'était pas une cliente potentielle a priori, la blonde préférait qu'elle garde ses mains dans ses poches. " Votre nom ? " Elle acquiesça à sa réponse, la mine indéchiffrable. " Iseut. " Elle lui fit signe de la suivre vers l'arrière-boutique tout en continuant son petit interrogatoire : " Que connaissez-vous à la joaillerie exactement ? Les termes de 'moulage', 'bain d'acide' ou encore 'sertissage' vous évoquent-t-il quelque chose ? " Face à la réaction d'Adaé, le bijoutière s'arrêta, se tournant vers elle, un sourcil haussé. " Bien. Dites-moi plutôt ce que vous savez faire en rapport, dans ce cas. "


Le doute assaillit Iseut. Elle craignait de s'être mise dans une situation inconfortable pour l'une comme pour l'autre. Et si la jeune fille n'avait aucun talent en particulier, qu'allait-elle pouvoir bien faire d'elle ? Une part d'elle aurait vraiment désiré l'aider, seulement, l'autre, plus pragmatique, lui soufflait qu'une apprentie avec deux mains gauches risquait de terriblement lui compliquer la vie. Il n'y avait plus qu'à espérer.

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Sam 10 Jan - 23:23




iseut et adaé
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Adaé ne savait pas vraiment comment réagir face à ce genre de situations. A vrai dire, elle ignorait comment réagir face à n’importe quelle situation. Elle était née des mers et y avait vécu jusqu’à six mois auparavant, n’avait interagi qu’avec des gens du merfolk, des animaux aquatiques et quelques marins isolés, vécu entre rocs et algues sur les derniers tubes en vogue de Kurt Corail et de son groupe Narvala. Mais la vie terrestre, jusqu’alors, elle n’y connaissait rien. On y entre pas guidé par un ange bienveillant qui vous remet une horde de mode d’emploi et de prospectus. On tombe dedans, tête la première et après, on se débrouille. Mais de ce que l’ancienne sirène avait déjà pu faire les frais, c’étaient toutes ces conventions, ces règles inavouées, ces obligations muettes ou non-dites qui établissent la hiérarchie sociale, les liens entre les hommes et tout ce qui les entoure également. Par exemple, alors qu’en-deçà des eaux, on se contente de sourire poliment, d’agiter doucement la main ou d’hocher la tête pour saluer ; dans ces contrées, on s’appliquait à s’abaisser -ni trop, ni trop peu- les mains retenant une robe beaucoup trop serrée, en nominant sur un ton mielleux une personne par son titre plutôt que son prénom. Et de prénom, voilà justement qu’on l’interrogeait sur le sien. Ses prunelles furent aussitôt concentrées sur la silhouette féminine qui se trouvait face à elle. « Adaé Ecaildargent. » Elle joignit un sourire aux mots et laissa l’inflexion doucereuse de la voix de la bijoutière lui glisser sur la peau, comme des perles de soie marbrant son derme de sensations nouvelles. Iseut. Peu commun, et plutôt beau. La personne elle-même semblait peu commune. Ce qui, en soit, était un avantage appréciable pour Adaé. Le fait qu’Iseut lui semblait différente des autres la rapprochait d’elle, même de manière involontaire ; la brune en avait plus qu’assez de jouer le rôle de la marginale, de la fille trop naïve qu’on a repêché trop rapidement et qui ne vaut pas autant qu’espéré. Elle se sentait parfois comme un ours polaire dans une jungle ; seul et complètement perdu dans un univers qui ne lui correspond pas, et qui cherche à trouver quelqu’un du même acabit pour palier à sa déroute. Et peut-être venait-elle justement de tomber sur un ami congénère ?

L’arrière-boutique regorgeait d’autant plus de mystère que l’échoppe elle-même et la jeune femme ne savait plus où donner de la tête. Sa curiosité était insatiable, et, à la manière d’une pie, elle se sentait perpétuellement attirée par la beauté qu’elle apercevait dans toute chose, brillante et scintillante ou non. Soudain, son attention fut détournée du décor de l’imaginarium sur les iris d’acier posée sur elle. Adaé déglutit face à la question. Acide ? Sertissage ? Ces termes ne la rapportait à aucun souvenir en particulier, et une vibration de honte traversa son corps de façon fulgurante, ses pommettes plus rosies qu’à l’accoutumée. « Eh bien, d’où je viens, on dispose d’un plus large accès aux pierres fines et aux minéraux qu’aux pierres précieuses auxquelles vous avez accès. Mais les utiliser est plus compliqué, leur extraction et leur taille n’ait pas aisée, aussi, j’ai plutôt travaillé sur les perles, les coquillages et les coraux. » Sa voix était incertaine, comme si elle se sentait prise sur un fil, pas certaine de parvenir à traverser sans encombre, sans tomber dans le vide. « Contrairement à ce qu’on peut croire, le corail rouge peut être très noble, et il se sculpte bien.  »  Et qui pensait-elle berner ? Les femmes de ce monde portaient des parures scintillantes de toutes parts, forgées dans les métaux précieux, sertis de diamants et de pierreries rares. Pas de roches sous-marines, encore moins assemblée les unes aux autres par tissage. « J’ai tout à apprendre dans ce domaine, j’en conviens. » Adaé baisse le regard, gênée par son ignorance qui la rattrapait aussitôt qu’elle tentait de s’en défaire. « Mais je suis prête à le faire, je pense avoir assez de volonté pour réussir. » Elle n’osait que peu reporter ses yeux sur ceux d’Iseut, de peur d’y lire le doute, l’appréhension, voire le dégoût qu’elle aurait pu ressentir face à une incompétente de la sorte, qui s’offrait à elle, qui entrait dans sa boutique comme une fleur qui éclot sans même qu’on ne l’attende. Alors ses pupilles balayèrent l’arrière-boutique, et il lui vint une idée. « Je peux ? » Elle indiqua un plan de travail à sa gauche du bout du doigt, encombré de divers matériaux et pierres. La sirène s’en approcha sans même avoir l’approbation entière et pleine de la blonde, à nouveau déterminée. Elle scruta attentivement les ressources dont elle disposait, et laissa ses doigts fins se balader sur les surfaces tantôt brutes, tantôt polies qui venaient à elle. Elle reconnut des gemmes de turquoise et d’or qu’elle associa à des fragments de nacre, sur le plat même de la table, comme une ébauche en relief d’un pendentif mêlant air marin et chaleur solaire. « L’opacité et la vivacité du turquoise contraste avec les teintes irisées de la nacre, dans le même temps, les deux alliés à l’or, renverraient la lumière très facilement. Quoi qu’en remplaçant la pierre par de l’améthyste et en jouant sur des teintes plus argentées, on pourrait obtenir quelque chose de plus profond en contrastes et en jeux d’ombre. » Elle tâchait de se concentrer au possible, consciente du regard de la bijoutière sur ses gestes et ses paroles. Mais quelque chose, au fond d’elle, commençait à germer ; l’espoir d’être sur la bonne voie.
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Mar 27 Jan - 17:00



 
Iseut & Adaé
Que le talent soit, qu'il s'apprenne et se rencontre.

La bergère resta d'abord sceptique face au discours de la jeune sirène. A mesure que cette dernière tentait de se justifier, les paupières de la blonde se plissaient. Sans colère aucune, cependant. Elle comprenait le malaise d'Adaé, elle-même renvoyée à ses premiers mois passés dans le vaste monde. Bien que l'époque où elle peinait à entendre sa propre voix lui sembla désormais bien loin, le souvenir des sensations qu'elle éprouvait alors était encore vivace. Elle se revoyait sans peine, petite statuette de porcelaine qu'une rafale aurait pu briser, tapie dans l'ombre d'une échoppe, cherchant air et courage pour se lancer à l'assaut de la rue et de sa foule de chausses indifférentes. Il lui avait fallu du temps afin de se construire des réflexes et des repères. Ceux-là même qu'Adaé semblait tenter de construire avec force de détermination.

Sa perplexité émanait également du fait qu'Iseut ne connaissait que très peu de choses aux matériaux sous-marin. Ses lectures, ainsi que sa pratique, avaient tourné essentiellement autour des matières précieuses. Non pas par désintérêt. Plutôt par intérêt, en réalité. Le joailler qui l'avait formé lui et à qui elle avait racheté cette même boutique lui avait enseigné tous les aspects de ce métier délicat. Comprendre que le tout n'était pas d'exposer de belles pièces : il fallait aussi savoir les vendre. Se vendre. Et pour ce faire, il était nécessaire d'anticiper sur les besoins des - futurs - clients, lesquels appréciaient le "brillant", la "noblesse", la "rareté". Autant d'adjectifs difficiles à associer aux mots "corail" ou "coquillage" tandis que "or" ou "saphir" affolaient aussitôt leur radar. Pour la première fois, en écoutant la sirène, la bergère se mit à le déplorer quelque peu. Sans le savoir, Adaé venait de marquer un point.

Pour autant, la blonde ne se laissa pas décontenancer. La décision qu'elle allait devoir prendre serait des plus importantes et elle ne pouvait pas s'abandonner à l'empathie ou à la curiosité pure. Qu'importe qu'elle ne fut pas plus vénale qu'une autre, elle tenait à son commerce. Elle s'était trop battue pour risquer le fruit de son labeur sur un coup de tête.


" Nous sommes deux. " répliqua-t-elle sobrement alors que la sirène convenait qu'il lui restait bien des choses à parfaites. Elle avait croisé ses bras sous sa poitrine, fixant son interlocutrice d'un air indéchiffrable bien que celle-ci esquiva son regard. Elle reprit à sa dernière affirmation : " Permettez, mais j'attends de voir cela mis en acte. "


Le ton s'était fait plus dur malgré elle. La rebelle rattrapait souvent la bijoutière dans ce genre de situation peu confortable - bien que contrairement à son attitude au sein des Lames, elle gardait une politesse ferme. Iseut hésitait quant à la marche à suivre. Elle se voyait mal essayer le questionnaire à choix multiples afin de vérifier si la demoiselle était capable de reconnaître du fer de l'argent et lui mettre le nez devant un chaudron bouillant aurait pu être mal interprété.

Heureusement qu'Adaé avait l'esprit d'initiative.

La blonde rétorqua un "Mh ..." éloquent quand elle lui demanda l'autorisation de s'approcher de l'un des plans de travail. Une autorisation sans en être véritablement une. Elle avait depuis longtemps appris à couvrir ses arrières, même si elle n'était pas connue pour ses longues tergiversations. Elle rejoignit la sirène, un poing sur une hanche, l'autre posée sur la surface où les doigts de la demoiselle dansaient. Un vrai ballet. Délicieux à regarder, elle ne pouvait pas le nier.

Iseut savait reconnaître la beauté d'un artiste au travail lorsqu'elle en surprenait un. Quasi hypnotisée, elle se laissa happer par les gestes autant que par les explications d'Adaé. La technique n'était peut-être pas son fort, néanmoins, elle n'avait aucun doute quant à son coup d'oeil. Un ange passa tandis qu'elle fixait le montage, certes grossier dans sa forme, mais subtile dans son fond. Sublime. Vraiment.


" Intéressant. " finit-elle par reprendre, secouant légèrement la tête comme si elle s'extirpait d'une douce torpeur. Le mot ne convenait pas. Il n'était pas assez fort. Cependant, la bergère ne pouvait pas se reposer sur si peu de preuves, aussi convaincantes lui parurent-elles. " Mais admettons qu'à la commande, le client exige cette même turquoise ... " Elle lui désigna la pierre de l'index. " ... Sauf qu'il la voudrait montée sur de l'argent, non sur l'or, son compagnon plus naturel. Par quoi remplaceriez-vous la nacre de manière à de ne pas perdre en lumière et en contraste ? "


La question n'était pas innocente. Ni évidente. Iseut voulait jauger de l'imagination - essentielle dans ce domaine - autant que des capacités d'adaptation de son interlocutrice - encore moins négligeables. Son instinct se renforçait : une petite voix lui soufflait qu'elle avait presque déjà pris sa décision. Il ne lui manquait plus que la confirmation.

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Lun 9 Fév - 22:43



iseut et adaé
lean on me

« Intéressant. » Un simple mot. Quatre petites syllabes, et pourtant si lourdes de sens, de questionnements également. Etait-ce intéressant dans le sens où ce qu’elle faisait méritait d’on y attache un quelconque intérêt ? Etait-ce l’idée en elle-même qui attisait la curiosité ou la personne derrière celle-ci ? Plus important encore, l’intérêt dans toute cette chose, était-il sincère ou bien la joaillière ne parvenait-elle pas à trouver d’autres mots pour exprimer sa gêne ? Adaé se posait mille-et-une questions, jusqu’à s’embrouiller d’elle-même l’esprit. Mais à dire vrai, la jeune femme n’avait pas pour habitude qu’on l’observe ainsi, qu’on la détaille jusque dans ses moindres faits et gestes ; et d’autant plus qu’on la juge pour ce qu’elle fait, et non ce qu’elle est. C’était d’autant plus gratifiant que l’œil d’Iseut semblait vif et avisé, sans doute, fine maestra dans l’art et l’âme. Pour seule réponse, la brune lui offrit l’esquisse d’un sourire timide, craignant un revers de baguette. Et il ne tarda pas. « Mais admettons qu'à la commande, le client exige cette même turquoise ... Sauf qu'il la voudrait montée sur de l'argent, non sur l'or, son compagnon plus naturel. Par quoi remplaceriez-vous la nacre de manière à de ne pas perdre en lumière et en contraste ? »  La question était fort pertinente.

La sirène détourna à nouveau son attention sur l’établi, pour mieux se concentrer, faces aux pierreries. Elle ne disposait ni de la moindre expérience, qu’elle soit en vente comme en création de bijoux, ni de connaissances à ce niveau. Elle était passée voir une première boutique, concurrente de celle-ci, plus grande, plus connue, plus chère ; on ne prenait que les plus raffinés, les déjà formés, sorti des bancs de Worcestershire après moult années d’apprentissage ou encore recommandés par un quelconque maître d’une contrée lointaine. Les gérants et autres directeurs des ressources humaines médiévales avaient très clairement fait comprendre à la jeune femme qu’elle n’était pas dotée des bons attributs ; elle ne représenterait qu’une perte de temps, un salaire dispensable. Mais cette fois-ci, l’hybride était déterminée. Peut-être n’avait-elle pas le savoir, mais elle possédait une autre arme, la créativité. « Pour ne pas perdre en lumière, on peut aisément jouer sur la transparence. » D’un doigt, elle repoussa les gemmes de nacres de la création. Ses pupilles océans fixées sur le plan de travail, ses mains jouant de son habilité en faisant rouler une perle dans sa paume, elle poursuivit sa proposition, sans trop oser croiser le regard de la blonde. « Avec des fragments de cristal, on obtiendrait quelque chose de très lumineux et délicat. Mais le diamant est plus noble, et renvoie d’autant plus les reflets du soleil. Il permettrait également d’afficher des facettes irisées et plus colorées... » Adaé déposa enfin la dernière des nacres sur l’établi, pas tout à fait convaincu de sa réponse. Elle se mordit la lèvre inférieure, tic nerveux qui la prenait de temps à autres, lorsqu’elle doutait. Et ce qui semait la discorde en son for intérieur, ce n’était pas tant la pression muette que Iseut lui avait incombé involontairement ; c’était plutôt ce sentiment, cette impression d’avoir raté une étape, de ne pas avoir tout dit. Quelque chose manquait, bien qu’elle ne parvienne pas à mettre le doigt dessus. Et de doigt justement, elle en passa un sur sa lippe. Et ses yeux trouvèrent la réponse. A son poignet pendait le bracelet que sa plus vieille amie et sœur des mers lui avait offert, il y a des années. Il était fin et simple, de cette teinte chatoyante qu’on ne croise qu’en deçà des eaux. « … Mais, pour en revenir aux matériaux qui séparent nos deux mondes… Je pense ; je pense que le corail lui aussi, remplirait cette tâche. » D’un autre geste, souple et léger, elle balaya les éclats d’or qu’elle remplaça par de l’argent, comme demandé. Ensuite, la brune détacha son bracelet, qu’elle étala comme un deuxième rang, sous les notes de turquoise. « Le rouge est vif et, bien poli, assez lisse pour renvoyer convenablement de la lumière. L’argent se prête également bien au corail, il contrebalance la teinte chaude avec plus de neutralité. Aussi, le jeu entre les deux pierres permet un contraste assez significatif. Certains y verront l’union de l’eau et du feu, du chaud et du froid…» Sans s’en rendre compte véritablement, Adaé s’était à nouveau tournée vers son interlocutrice, s’exprimant dans de grands gestes, mimant les textures, interprétant les couleurs. Elle savait ; elle savait que ce n’était pas dans les habitudes des femmes d’ici de porter pareilles parures. Mais l’heure n’était-elle pas aux changements ? Trop longtemps déjà les gens s’étaient contentés de renouveler d’anciennes montures, de goûter au vu, au déjà-vu. Il leur fallait de la nouveauté. Les travaux d’Iseut étaient déjà novateurs, et attiraient beaucoup d’attention. Mais quelque part au fond d’elle, Adaé pensait, sans doute plus pour se persuader que tout irait bien qu’autre chose, qu’une collaboration entre leurs deux imaginaires, serait de bonne augure. « …Même si personnellement, j’y attacherais une signification plus relative à ma propre vie ; le bleu pour les flots, le rouge pour la terre ardente que nous foulons ; liées par un métal lourd et difficilement indéfectible. Un équilibre, en quelques sortes. » Chaque bijoux a une valeur, mais, tout comme celui qui l’élabore, il a avant tout une histoire.
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⊱ pseudonyme : Lady Furiosa
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⊱ tes armes : Un bâton de bergère & une épée nommée Sybelle (fabriquée par son bestah 4eva, Jeiran) : elle manie le premier mieux que la seconde mais elle maîtrise pô mal quand même.
⊱ allégeance : Jolèmpa. Même que je rêve d'arracher ses petites ailes d'usurpatrice.





Jeu 19 Fév - 1:05



 
Iseut & Adaé
Que le talent soit, qu'il s'apprenne et se rencontre.

La bergère attendait la réponse de son interlocutrice avec une impatience contenue. Lui avait-elle posé une colle ? Allait-elle la déstabiliser au point qu'elle en bafouillerait peut-être, prise sur le fait d'un manque flagrant d'adaptation ? Ou, au contraire, allait-elle réveiller quelque chose ? Elle brûlait de le savoir. Si les énigmes ne la passionnaient guère, considérant qu'elles représentaient un précieux temps perdu, sa curiosité pouvait être éveillée par toutes sortes de choses. Et surtout de personnalités. La jeune sirène en faisait partie depuis l'instant où elle avait exposé les raisons de sa venue. Un indice dans sa posture, dans sa voix mal assurée et inflexible à la fois lui avait mis la puce à l'oreille.

A raison, semblait-il.

Iseut retint un sourire quand elle vit la demoiselle rebondir aussi prestement qu'elle l'avait espéré. Les combinaisons s'enchaînèrent, ses doigts dansèrent à nouveau sur la surface ... Elle alla même jusqu'à proposer son propre bijou comme support de son imagination, somme toute, assez furieuse. Puis, ses gestes s'enflammèrent. Enfin, elle avait trouvé la foi de vriller son regard à celui de la blonde, toujours impassible mais terriblement attentive. La conviction transpirait dans chacun de ses mots, chacune de ses confidences. Mais surtout, la bergère y voyait une flamme courageuse, de celle qui peut tomber mais se relèvera autant que la nécessité l'exigera. Voici donc tout ce qui lui manquait servi sur un plan de travail en bois. La meilleure des offrandes, de son point de vue.


" Un équilibre, hm ... "


A aucun moment elle ne l'avait interrompu, se contentant d'observer et d'interpréter ce que la jeune fille lui présentait. Alors même qu'elle s'était tue, elle avait une nouvelle fois laissé planer un silence dans l'arrière-boutique, paraissant méditer toutes ces informations. Et voilà que le mystère de ses pensées planait toujours. Du bout des doigts, elle alla effleurer le bracelet d'Adaé, appréciant les striures de l'œuvre des mers. Elle avait parlé d'allier leurs mondes ... La bijoutière allait-elle y consentir ? Était-elle prête à prendre ce risque, à partager des savoir, peut-être pour un résultat loin de leurs attentes ?

Il était bien dommage qu'elle n'ait pas entendu parler de la rebelle auparavant. Dans le cas contraire, elle aurait eu une idée de la réponse à peine leurs prunelles se seraient-elles rencontrées.


" Quand peux-tu commencer ? " interrogea-t-elle en suivant, son menton se redressant légèrement alors qu'elle croisait les bras. Le changement de pronom était assez significatif, lui aussi et ne faisait que renforcer sa décision. Néanmoins, avant que la sirène ne puisse lui répondre, elle l'arrêta d'un signe de l'index. " Considère bien la chose, cependant. La réalité de la joaillerie n'est pas qu'une beauté d'assemblage. Ainsi que tu l'as évoqué plus tôt, il s'agit avant tout de symbole. Les clients que tu rencontreras ici viennent chercher une création qui apportera un message. Pour eux ou pour un être cher. Parfois, ils se montrent très précis, à d'autres moments, ils seront si indécis que tu hésiteras à leur lâcher la vitrine sur le pied. " Et elle pouvait lui en conter de belles à ce sujet, parole de Sautemouton. " Et ne te parle même pas de la technique. Ce travail est extrêmement méticuleux, il demande adresse et précision. Si tu peux te permettre d'échapper une assiette, la plus petite fêlure sur une pierre, une erreur de sertissage et ce seront des heures de travail perdues. Il ne s'agit pas d'un simple passe-temps. Entend-moi bien quand je te dis que je ne t'épargnerai rien. Toutes tes erreurs seront relevées et tu devras recommencer jusqu'à ce que je juge la maîtrise absolument parfaite, que ce soit dans la confection ou dans la relation à la clientèle. Comprends-tu où je veux en venir, Adaé ? Cela n'aura rien d'une sinécure. " Elle se saisit de la turquoise, la tenant entre son pouce et son index d'un air songeur. " Naturellement, en échange, je t'enseignerai tout ce que tu as besoin de savoir et je ferai au mieux pour t'offrir une oreille attentive. A défaut d'un salaire dispendieux. "


Sa tirade s'acheva sur un sourire afin d'accompagner son trait d'esprit. Le premier. Honnête et franc. Ainsi qu'elle l'avait été tout le long de son discours. Si la demoiselle acceptait la collaboration en ces termes, elles ne pourraient partir que sur les meilleures bases que la joaillère avait à lui proposer. Elle tendit la gemme vers la sirène. Il lui appartenait désormais de la prendre ou non, de refuser son offre ou de débuter un long chemin côte à côte.

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Sam 21 Fév - 23:40



iseut et adaé
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La question que la joaillière avait posée n’étant pas tant la raison de la pression qui écrasait ses épaules. Mais c’était le silence qui accompagnait puis suivit sa proposition, qui inquiétait Adaé. La confiance en elle qu’elle avait démontrée face aux gemmes sur le plan de travail s’était évanouie la minute même où elle avait interrompu sa tirade. Elle craignait n’avoir réussi à convaincre Iseut. Et pourtant, il le fallait bien ; elle était pour l’heure sa dernière chance de s’insérer dans le monde impitoyable du travail. Toutefois, la bergère était restée observatrice muette de son œuvre acharnée. Du coin de l’œil, Adaé n’avait absolument rien entr’aperçu, aucune esquisse de sourire, pas même de hochement de tête désapprobateur. Rien. Et d’une certaine manière, c’était encore pire pour ses nerfs. Elle restait debout, les pupilles fixées dans celle de son interlocutrice, dont une réponse émana enfin. Mais trop évasive pour en tirer quelque conclusion hâtive.
La sirène se mordit la lèvre inférieure, presque incapable de contenir son impatience mêlée au doute. Peut-être ses ébauches lui avaient-elles plus ? Elles changeaient des parures quotidiennes qu’arboraient certaines dames de la haute qu’elle remarquait dans la rue ou les émissions de miroir. Mais peut-être était-ce là, justement, le point négatif ? L’audace n’était pas toujours primée et certains conservateurs prenaient en grippe le culot pour les traditions bien ancrées et sans risques. Toutefois, cette deuxième version paraissait faiblarde. Adaé ne s’imaginait pas Iseut penser de la sorte. Elle avait, au contraire, plutôt l’allure et la trempe d’une femme moderne et novatrice. Et la sirène l’admirait pour ses qualités. Elle était seule et pourtant indépendante, vivant à sa guise, au crochet de personne hormis son agneau ; ce dont la brune était pour l’heure incapable, il lui fallait toujours une présence rassurante, une forme forte pour la pousser dans la bonne voie et la relever quand elle n’y arrive plus. Elle se maudissait certains jours de se savoir si dépendante de contact et de chaleur humaine. Mais seule, elle n’y arriverait pas ; son cœur trop longtemps esseulé et éploré n’y survivrait pas. Enfin, la bijoutière repris la parole, tirant la jeune femme de ses pensées. Tant et si bien que cette dernière failli en décrocher sa mâchoire. Elle ne put réprimer un sourire soulagé et sincère. Le poids du doute s’était évaporé, délestant son estomac qui avait du mal à se remettre des torsions de joie qu’une telle nouvelle lui avait infligée. Et ces mêmes effusions parcouraient son corps tout entier, vibrant dans sa cage thoracique jusqu’à expier un petit gloussement heureux de sa gorge. Adaé allait s’empresser de répondre qu’elle pouvait commencer n’importe quand, à n’importe quelle heure ou moment de la journée, mais Iseut l’interrompit dans son un élan d’un simple geste de la main, avant de poursuivre.
Adaé lui prêtait une oreille attentive, buvant ses paroles comme d’une source d’eau claire et limpide. Il en fallait peu pour attiser sa curiosité de sirène ; le moindre récit même farfelu suffisait à la transporter dans un pays étranger à tout autre, peuplant ses songes, où les nuages étaient de coton, les mers d’un azur brillant et le soleil double. Elle aimait s’éprendre des paroles des conteurs, qui lui citaient souvenirs et voyages, légendes terrestres comme marines. Plus encore, elle avait cette tendance à s’effacer, trop captivée par les mots pour effectuer le moindre mouvement ou esquisser la moindre contre-parole. Et de la même manière qu’elle laissait les notes de musique glisser dans son esprit, elle laissa les syllabes qu’Iseut articulait s’enraciner dans ses pensées. Elle consentait à chaque parole, approuvait à chaque pause, marquant son intérêt d’un hochement de tête approbateur. Elle comprenait ce que la joaillière lui avançait et elle la respectait d’autant plus. Dans la même situation, Adaé aussi, chercherait à clarifier les choses dès le départ, et ainsi éviter bien des incommodités. Puis, pour conclure, la blonde lui tendit l’une des pierres qu’elle avait délicatement prise sur le pan de table, avant de la tendre en direction de la sirène. Celle-ci l’observa un bref instant, avant de couler un regard vers sa présentement nouvelle patronne. Elle se saisit de la gemme et dans le même temps, emportée par l’euphorie qui battait à ses veines, lui sauta au cou. Elle se rendit compte, pas moins d’un instant plus tard, qu’un pareil élan de tendresse n’était peut-être pas le mieux venu pour clore un contrat de travail, mais Adaé n’était parvenue à exprimer autrement sa reconnaissance.
Elle se détacha de l’étreinte avec sursaut lorsqu’elle perçut le tintement du carillon signifiant l’entrée d’un potentiel client dans l’échoppe, se heurtant ainsi, dans toute sa maladresse naturelle, au plan de travail et renversant dans le même temps une poignée de pinces et de perles de verre sur le sol. Bien joué, sardine en boîte. « Oh mille pardons, je suis terriblement désolée, je—» Elle se confondait en excuses, ses joues passées du rose au blanc sous le son de la chute des outils au sol. Mais la sirène était ainsi faite, jamais dans la demi-mesure, et encore moins capable de normalité. « Je vais ranger tout ça immédiatement, je suis désolée, je voulais pas. » Tout juste engagée et déjà une arrière-boutique retournée ? On battrait presque les records à ce rythme.
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Ven 10 Avr - 17:09



 
Iseut & Adaé
Que le talent soit, qu'il s'apprenne et se rencontre.

La main tendue vers la sirène, c'était à présent au tour d'Iseut d'attendre le verdict. Intéressant renversement de situation s'il en était, bien qu'étrangement, la blonde ne ressentit aucune appréhension. D'ordinaire, elle qui paraissait porter la confiance sur son visage souffrait souvent d'une sorte d'angoisse latente. A l'image de nombre de ses pairs - si l'on pouvait les considérer ainsi, étant donné qu'elle-même n'était pas humaine de base -, elle éprouvait quelques difficultés avec les les événements qui échappaient à son contrôle. Sauf que présentement, il n'en était rien. Peut-être à cause des efforts déployés par Adaé pour la convaincre ou tout simplement parce que son précieux instinct lui soufflait qu'elle avait parié sur le bon cheval. Enfin, en l'occurrence, la bonne morue sirène.

Ce qui ne l'empêcha pas d'être véritablement ravie lorsque son interlocutrice s'empara de la gemme, scellant ainsi leur accord. Son sourire s'agrandit un peu plus et elle hocha brièvement du chef, signe d'approbation mais de remerciement également. Elle s'avouait reconnaissante envers sa nouvelle employée de l'avoir écouté sans sourciller, d'un air si sentencieux et surtout, d'avoir accepté ses conditions sans pâlir à vue. Enfin une qui semblait en avoir un peu dans le pantalon ! Façon de parler, bien entendu.

L'effusion dont elle fut victime, celle-là, par contre, elle ne l'avait pas vu venir. D'accord, la jeune fille paraissait plutôt du genre joviale et spontanée, mais quand même ... Iseut se figea, les bras ballants, clairement mal à l'aise face à cette expression de gratitude. Elle-même avait l'embrassade facile, néanmoins, ces dernières étaient généralement de son initiative. Elle découvrait l'embarras de la promiscuité qu'elle avait décelé dans le regard de certains alors qu'elle leur avait sauté au cou, mue par par une impulsion soudaine. Prise à son propre piège, en quelque sorte. Elle réussit cependant, au bout de quelques secondes, à remuer un bras, tapotant gentiment le dos d'Adaé avant qu'elle ne consente à la lâcher, alertée par l'écho du carillon de la porte d'entrée.

Autant dire que la joaillère était rouge comme une écrevisse.

Heureusement, la maladresse de la demoiselle détourna leur attention à toutes les deux et les prunelles d'Iseut suivirent la chute, puis la course de son matériel sur le sol, pour finalement en revenir à Adaé. Toujours immobile, ses traits n'exprimèrent en premier lieu rien de particulier, ni amusement ni agacement, comme si la bergère hésitait quant à la conduite à tenir. Finalement, son corps parut se détendre et elle porta une main à son front, le massant légèrement tandis qu'un soupir s'échappait de ses lèvres. La collaboration s'annonçait aussi ardue pour l'une que pour l'autre.


" C'est bon, c'est bon. " apaisa-t-elle la jeune fille, joignant le geste à la parole d'un signe de la main. " Et bien, je suppose que tu commences dès à présent. " Elle ne put retenir l'esquisse d'un sourire en coin. Au fond, Adaé lui rappelait ce qu'elle avait été au tout début de son apprentissage. Le fait qu'elle ait mesuré à peine vingt centimètres à l'époque n'avait en rien aidé à la rendre plus adroite. Elle la comprenait donc parfaitement. " Avant de ramasser tout ce bazar, je vais te donner ton premier travail. " Elle se dirigea alors vers une bibliothèque de l'autre côté de la pièce et passa son index sur les différentes reliures avant de se décider sur l'une d'elles. Elle extirpa un épais grimoire de son étagère avant de revenir pour le fourrer -littéralement- entre les bras de la sirène. " Ce livre contient tout ce que tu as à savoir sur les différentes pierres précieuses. Formes, extraction, composition, couleurs, spécificités ... Je veux que d'ici à la prochaine quinzaine, tu sois capable d'identifier toutes celles que je te présenterai. Considère ce bouquin comme ton nouveau livre de chevet. Quand tu auras fini de nettoyer, tu t'installeras à ce bureau là-bas ... " Elle lui désigna ledit bureau, maigre meuble en vieux bois, seule surface libre de l'arrière-boutique. " ... Et ton apprentissage débutera. "


Le bêlement de Guarin dans la boutique l'informa que le client s'impatientait - ou du moins, qu'il se demandait où diable était passée la commerçante. Elle s'assura qu'Adaé avait compris ses ordres avant de pivoter en direction de la bijouterie pour s'empresser de la rejoindre. Néanmoins, arrivée sur le seuil, elle stoppa net son élan afin de se tourner une dernière fois vers la demoiselle.


" Et par pitié, essaie de ne rien faire tomber cette fois-ci. "


Nulle menace bien que l'avertissement fut palpable. Si elle avait toléré ce premier écart, il n'était pas dit que la sirène s'en sorte aussi bien la prochaine fois. L'enseignement de l'art de joaillerie passait aussi par la rigueur du comportement. Tandis qu'Iseut allait accueillir le nouveau venu, tout sourire de circonstances aux lèvres, elle se dit qu'elle avait pris un sacré risque. Seulement, la franchise de son expression était renforcée par cette pensée. Prudence est mère de sûreté, disait-on. Mais alors ... A quoi bon vivre ?

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