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FORT FORT LOINTAIN A FERME SES PORTES.

qui a éteint la lumière ? [Shéhé]


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Mer 10 Sep - 23:53



 
shéhérazade & olga
c'est pas moi, c'est l'orage qui agit par procuration

  C'était une bonne journée, vraiment. Ulrich était parti tôt à son travail, elle ne l'avait donc pas vu depuis la veille au soir, qui plus est, pour la première fois cette semaine, elle ne s'était pas pris les pieds dans un de ses fioutus pièges, et l'apothicaire lui avait fait un très bon prix pour les champignons qu'elle avait ramassés en forêt, sans oublier l'absence très appréciée de Monsieur Papillon. Elle était même passé chez Gretel pour lui prendre quelques bonbons, comme elle le faisait si souvent. Elles avaient un peu discuté, comme à chaque fois. Elles s'entendaient assez bien toutes les deux, on pouvait même dire qu'elles étaient infatigables dès qu'elles se mettaient à parler de tir à l'arc ! Et puis ses confiseries étaient à faire tomber une sorcière de son balai. Elle dégustait justement un paquet de caramels, délicieux à se faire manger par les siflettes. Une licorne aurait pu lui passer sous le nez qu'elle n'y aurait pas prêté attention. Ce fut une goutte de pluie sur sa joue qui la fit redescendre de son paradis de saveurs. Levant le nez au ciel, elle remarqua enfin les monstrueux nuages noirs qui s'étalaient là-haut. Il ne faisait pas bon à rester dehors ! Ajustant sa capuche sur sa tête, Olga pressa le pas, histoire de ne pas être trop trempée, l'espoir fait vivre comme on dit. Tout allait bien. Bon, il commençait à pleuvoir de plus en plus fort, mais c'était juste de l'eau, y avait que les sorcières qu'il fallait pas sortir par ce temps-là. Sauf que pluie annonce souvent orage. Et Ô rage, Ô désespoir, n'est-ce pas ? Surtout dans le cas d'Olga. Il a suffi d'un coup de tonnerre, un seul, pour qu'elle hurle comme une fillette en se réfugiant dans le premier abri qu'elle trouva : une tente. Refermant derrière-elle, le coeur battant à tout rompre et sa capuche tombée sur ses épaules, l'Ogresse fit face à la propriétaire des lieux qui ne devait pas s'attendre à voir quelqu'un débarquer de la sorte. « Euh ... Pluie ! Orage ! Dehors ! » Aller Olga tu peux le faire, respire normalement, ça va bien se passer. Tu sais que tu peux faire une phrase complète. Sujet, verbe, complément, aller ma grande ! Elle se racla la gorge et se tint du mieux qu'elle put. « Je ... Je suis désolée ! Y a de l'orage dehors, et j'ai eu peur, et je suis entrée, j'ai pas réfléchi, je ... Désolée ! » Pire que gênée, elle était paniquée. Et si elle lui demandait de sortir ? Par ce temps, sous ces éclairs. Elle frissonna rien que de l'imaginer. Non. Elle devait la convaincre, absolument. Si elle allait dehors à ce moment-là, elle allait littéralement mourir de peur, et ce n'était pas digne d'une Ogresse, surtout en sachant qu'Ulrich en profiterait pour se payer sa tête pendant des années. « Écoutez, j'ai vraiment besoin de me mettre à l'abri. Je me suis déjà pris la foudre sur la tête une fois, j'ai pas envie que ça recommence, vous comprenez n'est-ce pas ? Je vous en prie, ne me mettez pas dehors ! » La carte du sentimental, elle allait bien voir si ça allait marcher. Dans le pire des cas, elle pouvait toujours l'amadouer avec des caramels.
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⊱ pseudonyme : songbird
⊱ tête mise à prix : aishwarya rai
⊱ crédits : avatar, moua. gifs, tumblr.
⊱ arrivé(e) le : 29/08/2014
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⊱ tes licornes : marie la catin, barthélemy l'assassin, cúchulainn le loup.
⊱ schillings : 851

⊱ ton conte : les mille et une nuits
⊱ ta race : humaine
⊱ métier : diseuse de bonne aventure; arnaqueuse de première. reine d'afshin.
⊱ tes armes : une dague en permanence sur elle. quand elle est à afshin, elle a parfois un sabre.
⊱ allégeance : sans avis.





Sam 13 Sep - 3:24



   
olga & shéhérazade
oh no you didn't. tell me you didn't. you did. I hate it when you do that.

Rose, rouge, jaune, orange ; la tente de Shéhérazade, c'est un festival de couleurs tout autant que d'humeur. Même les orangés, il semble y en avoir des milliers différents, autant que de grains de sables à Afshin. La tente de Shéhérazade, c'est le désert ramené à Fort Fort Lointain, c'est un voyage en miniature et sans avoir à trop bouger. Le jasmin, le musc blanc, la cannelle, la vanille ; la tente de Shéhérazade, c'est un jardin des senteurs. C'est pas bien grand là-dedans mais il y fait chaud comme en été, il y fait beau comme sous le soleil. C'est pas bien haut non plus, mais y a une lanterne avec des ornements bien de chez elle au sommet de la tente, au-dessus du cageot déguisé en table de luxe pour sa boule de cristal. Le sol, il est parsemé de mille et uns coussins, et les plus anxieux craignent toujours d'y perdre quelque chose. Ça tient on sait pas trop comment tout ce bordel, c'est peut-être un peu magique, c'est peut-être Shahryar qui lui a fait tisser une tente dans la même matière que ses tapis volants, c'est peut-être ce qui lui sert de toit qui vole tout seul et empêche la tente de se casser la gueule n'importe quand. Mais même magique, ça doit pas être bien solide, si le loup des trois petits cochons passe par là, princesse n'aura plus qu'un parterre de tissus.
Shéhérazade, elle, elle se pose toujours dans un coin de la tente, bien au fond. Ça lui donne un air bien plus mystérieux que ce qu'elle est vraiment, ça l'amuse de le penser en tout cas. Des voyantes, elle en a vu des peintures et entendu des portraits, ça avait pas l'air bien dur d'en être une à son tour. La voisine pourrait bien l'être à sa place que les résultats n'en seraient pas meilleurs, et pourtant son affaire marche. C'est peut-être son nom auquel on a envie de faire confiance, c'est peut-être ses yeux qu'on veut voir lire dans les siens, c'est peut-être qu'on a envie que notre propre histoire nous soit contée. Si elle a pu les faire croire à un roi, pourquoi pas au reste du monde. Elle le dit et le répète dans le dos de ses clients, pour peu que tu leur dise ce qu'ils sont venus entendre, ils reviendront tous une prochaine fois. D'un revers de la main, l'arnaqueuse qui n'en porte pas le nom réajuste le bas de sa robe par-dessus ses jambes en tailleurs. Elle soulève avec délicatesse le tissu qui recouvre le cageot instable face à elle et tire d'en dessous un jeu de grandes cartes de tarot. Le tissu replacé, le cartes défilent en vitesse dans sa main. L'impératrice, l'ermite, la mort, le jugement, elles y passent toutes et elle les ressortira de la même manière pour le prochain client qui passera, et le plus fou c'est qu'elle n'en sait rien. Ce qu'elles sont, elle ne sait pas, elle prie juste pour qu'un initié ne passe pas par là, pour que la poêle qu'elle garde sous un de ses coussins suffise à l'assommer et lui faire oublier ses prédictions. Le soleil, la lune, les étoiles, le monde, elle ne fait que deviner, au besoin elle a un mémo scotché sur le sol sous ses pieds où elle a gribouillé ce qu'elle pensait que chaque carte signifiait.
Quand on dit qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture, on devrait penser à elle.

L'entrée fracassante de l'ogresse dans sa tente lui arracha un court cri ainsi qu'un sursaut de surprise, avant qu'elle ne se reprenne, une main sur le palpitant. Elle la regarda refermer derrière elle et s'installer confortablement. La capuche tombée, le regard de l'intruse rencontra celui interloqué de Shéhérazade, qui n'attendait qu'une explication, un bonjour, une demande de prédiction. Euh ... Pluie ! Orage ! Dehors ! Je ... Je suis désolée ! Y a de l'orage dehors, et j'ai eu peur, et je suis entrée, j'ai pas réfléchi, je ... Désolée ! La maladresse de la pauvre lui tira un rire avant qu'elle ne replace ses cartes en paquet et les range à nouveau sous son cageot à fausse boule de cristal. Un sourire étira les joues de la princesse, dévoilant une rangée de perles blanches entre ses lèvres. Des entrées en matière comme celle-ci, elle n'en a pas eu souvent, ça c'est sûr. Écoutez, j'ai vraiment besoin de me mettre à l'abri. Je me suis déjà pris la foudre sur la tête une fois, j'ai pas envie que ça recommence, vous comprenez n'est-ce pas ? Je vous en prie, ne me mettez pas dehors ! Le bras de la voyante s'étira jusqu'à Olga, et elle replaça sur sa tête une mèche rebelle qui aurait voulu rester en l'air. C'est une entrée bien singulière que la vôtre. Elle se mit à rire de bon cœur, sortant un paquet de cartes différent et les présentant dans sa main à la grande brune. Choisissez-en une ! Elle donna un petit coup discret pour faire ressortir du tas, et s'exclama comme si c'était le destin qui l'avait désignée. C'est elle qui vous a choisie ! D'un simple geste, elle retourna la carte et la lui montra en coup éclair. Plus de tonnerre sur la terre, ce sont les cartes qui le disent, vous pouvez les croire. Elle les remit toutes ensemble et les posa à côté de sa boule de cristal. Quoi qu'il en soit, je n'oserais pas jeter quiconque sous cette averse, ne vous inquiétez pas. Shéhérazade bougea doucement ses jambes et se décala un peu sur sa droite avant d'attraper un bâton d'encens et son socle et de l'allumer. Au passage, son regard s'accrocha au paquet de caramels dans les mains de l'effrayée, et elle lui en piqua un en rigolant comme une gosse. C'est pour les cartes. Elle n'avait pas beaucoup mieux comme excuse et ne pouvait qu'espérer que puisqu'elle l'hébergeait le temps de l'orage, la femme ne lui en tiendrait pas vigueur. En s'attardant un peu plus longtemps la bouche pleine sur la dégaine de son interlocutrice, Shéhérazade remarqua ses épaules trempées et les pointes de ses cheveux noires dégoulinantes de pluie. Elle se retourna rapidement, attrapant une dizaine de tissus en tout genre, des fins, des rouges, des épais, des verts comme ses habits, et les tendit face à elle. Pour vous sécher. Faudrait pas attraper froid. Devant le manque de réaction et a panique toujours présente de l'ogresse, Shéhérazade soupira presque inaudiblement. J'vais pas vous manger, vous savez, et vous êtes à l'abri, détendez-vous. Shéhérazade, elle avait ce ton dans la voix qui donne envie de l'écouter et de faire ce qu'elle dit. C'est peut-être ça qui en fait une bonne conteuse, c'est peut-être pour ça que même les enfants préfèrent l'écouter raconter que de se chamailler entre eux. La brune, elle, elle avait l'air plus agitée. Le genre à gambader partout, à pas être faite pour rester toute la journée sous une tente sans aller se dégourdir. Elle l'aurait bien vue en forêt ou vers le port, à aller çà et là et faire mille aller-retours pour voir telle et telle personne, inlassablement. Elle avait un truc rassurant et chaleureux, Olga, un truc bien vivant qui donnait envie d'être comme elle.
Alors Damoiselle Pluie, vous préférez la boule de cristal ou que j'lise dans vos mains ? Si elle avait choisi de s'abriter chez Shéhérazade après tout, ce devait être que la voyance l'avait attiré, il y a tellement de bâtisses bien plus résistantes tout autour que la propriétaire des lieux ne pouvait y voir aucune autre explication. Juste un dernier coup, au passage, elle se permit de glisser un petit J'peux lire dans vos caramels, aussi, si vous préférez... à bon entendeur. Moi, j'préfère par exemple.

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il les a tuées avec leur amour.
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Lun 15 Sep - 18:09



shéhérazade & olga
c'est pas moi, c'est l'orage qui agit par procuration

Le rire de Shéhérazade surprit Olga, il était clair et sincère, elle ne semblait pas être en colère. C'était déjà un bon point. Mais l'ogresse était toujours agitée, bien que l'angoisse se calmait petit-à-petit, il aurait suffi du moindre mouvement suspect pour qu'elle hurle comme un ninja et s'attaque à la source de sa frayeur. Vraiment, elle détestait les orages. Ils avaient le don de la mettre dans un état de panique extrême, inutile de préciser qu'elle en avait toujours honte. Elle observa les cartes que lui présentait la voyante, sans vraiment comprendre ce qu'il se passait. « C'est elle qui vous a choisie ! Plus de tonnerre sur la terre, ce sont les cartes qui le disent, vous pouvez les croire. » La brune haussa un sourcil, perplexe. Une carte qui vous choisit ? Plus de tonnerre sur la terre ? Mais qu'est-ce qu'elle lui racontait là ? Pour qu'il n'y ait plus de tonnerre, il faudrait qu'il n'y ait plus d'orage, et ça, la grande Mère Nature ne semblait pas apte à accéder à cette requête. « Quoi qu'il en soit, je n'oserais pas jeter quiconque sous cette averse, ne vous inquiétez pas. » Olga poussa un soupir de soulagement, elle n'allait pas devoir sortir, ni courir sous la pluie comme une folle pour se trouver un autre abri. Comme si cette nouvelle l'avait vidée de ses forces, l'ogresse s'écroula littéralement par terre, se posant comme une fleur sur les nombreux coussins et poufs qui parsemaient le sol. Elle ne releva même pas pour le caramel, trop heureuse pour dire quoi que ce soit. Elle pouvait bien finir le paquet si ça lui faisait plaisir ! Comme dans un autre monde, Olga se mit finalement à observer les lieux et son interlocutrice. Tout ici était chaleureux. Rien que les couleurs chatoyantes des tissus et des coussins la réchauffaient de l'intérieur. Elle se sentait comme transportée dans un autre pays, c'était très agréable. Le nez en l'air, elle notait chaque détail de la lanterne qui se balançait doucement au-dessus de leur tête. Et les parfums qui embaumaient l'air avait le don de vous enivrer comme jamais. Elle reconnut de la vanille et de la cannelle, mais n'arrivait pas à mettre un nom sur les autres effluves. L'ogresse fut interrompue dans sa contemplation par son hôtesse qui lui tendait une dizaine de tissus divers et variés, toujours dans le même goût que le reste de la tente. Elle les attrapa sans trop savoir quoi en faire, fixant Shéhérazade, hébétée. « Pour vous sécher. Faudrait pas attraper froid. » Et elle se rendit compte qu'elle était encore trempée. Se regardant des pieds à la tête, elle resta un moment sans rien faire. Bon sang Olga, ça ne te ressemble pas de réagir comme ça, ou plutôt, ne pas réagir ! Réveille-toi, aller ! « J'vais pas vous manger, vous savez, et vous êtes à l'abri, détendez-vous. » Elle releva les yeux vers la voyante, et réalisa à quel point elle devait avoir l'air bête. Elle sourit et se moqua d'elle-même, attrapant un tissus pour se sécher la tête. « Vous avez raison, je suis désolée ! Je crois que l'orage m'a un peu trop surprise ! » Tout en épongeant l'eau de ses vêtements, elle prit le temps d'observer Shéhérazade. Elle avait quelque chose de mystérieux et de chaleureux à la fois. Il était évident qu'elle ne venait pas de Fort Fort Lointain, mais ça faisait son charme. Elle semblait bien plus posée que ne l'était Olga, et elle donnait cette envie de l'écouter calmement, comme si les histoires qu'elle avait à raconter étaient des secrets à garder précieusement. Et maintenant qu'elle la regardait, il était vrai qu'elle ne donnait pas l'impression qu'elle allait vous manger ! Pas comme Olga, du moins, sous son vrai visage. Gardant un tissu épais sur ses épaules, elle posa le reste sur le côté. « Merci beaucoup en tout cas ! » Un sourire sincère s'affichait sur son visage. Elle était de nouveau elle-même, la Olga enjouée et franche, pas la folle terrorisée par le moindre coup de tonnerre, c'était déjà ça. « Alors Damoiselle Pluie, vous préférez la boule de cristal ou que j'lise dans vos mains ? » Hein ? De quoi elle parlait ? Olga regarda tour-à-tour la boule de cristal en face d'elle et ses mains, avant de fixer un regard interloqué sur Shéhérazade, sans comprendre ce qu'elle voulait dire. Déjà les cartes de tout-à-l'heure, maintenant ça, mais où avait-elle atterri ? Elle n'avait pas pris le temps de bien regarder avant d'entrer, la survie primant sur le reste. Mais à présent, elle était plus que curieuse sur ce que pouvait bien faire son interlocutrice dans un endroit pareil. Il semblait surtout idéal pour boire quelque chose et grignoter un bout tout en discutant tranquillement. Alors quoi ? « J'peux lire dans vos caramels, aussi, si vous préférez... » D'accord. Alors là, elle la perdait complètement. Sans vraiment savoir à quoi s'attendre, Olga vida le paquet de caramels sur la table où trônait la boule de cristal. Elle se pencha vers Shéhérazade et l'observa faire, essayant de comprendre de quoi il retournait. Après un moment, elle osa finalement poser la question. « Excusez-moi mais ... Vous faites quoi au juste ?
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Mar 23 Sep - 1:55



 
olga & shéhérazade
oh no you didn't. tell me you didn't. you did. I hate it when you do that.

Des clients, Shéhérazade en a eu de toute sorte. Il y a eu des hommes et des femmes, de vieilles femmes un peu désespérées et d'autres hommes esseulés, parfois même des enfants bien riches que leurs parents attendent devant la tente pour satisfaire un caprice. Si il suffit de leur dire ce qu'ils veulent, il lui a parfois fallu ouvrir des yeux et mettre des baffes en quelques mots. Bien qu'étant une arnaqueuse de première, elle sacrifiait parfois les revenus – se disant que ça n'est pas ça qui lui manque – pour dire ce qu'elle pensait. Elle savait pour certains qu'elle ne les reverrait jamais, mais il y avait des choses, des sujets sur lesquels même sa mythomanie grandissante n'avait pas main mise.
Cependant, qui qu'ils soient et qu'importe leur âge ou origine, tous venaient ici volontairement. Ce pouvait être l'exotisme de l'endroit qui les attirait, le nom connu pour ceux d'Afshin ou du temps à perdre, tous venaient pour qu'on leur lise dans les mains, dans le marc du café, pour des visions dans la boule de cristal ou pour qu'on leur tire les cartes. Elle n'avait jusque là jamais entendu de Non, rien merci, je viens juste regarder, une tente de voyance c'est différent d'une boutique de vêtements, c'est pas vraiment possible de venir, regarder la vendeuse et repartir sans rien dire. Et pourtant Olga elle était là, et elle avait pas vraiment l'air de comprendre, bien qu'elle ait la politesse de ne rien dire.
Vous avez raison, je suis désolée ! Je crois que l'orage m'a un peu trop surprise ! Shéhérazade ne lui adressa qu'un sourire et un bref regard, se tournant sur sa droite pour attraper un plateau dans son dos. Un thé ? Elle n'attendait pas de réponse de son intrusocutrice et remplissait deux tasses d'un thé qui sentait la cannelle et le désert. Décalant un peu sa boule de cristal bidon, la princesse posa une des tasses, en argent gravé, en face d'Olga. Une bonne boisson chose ne se refuse pas souvent, après avoir affronté une telle averse. Elle posa sa propre tasse sur ses jambes en tailleur et un petit récipient rempli de morceaux de sucres bruns coupés à la main. Merci beaucoup en tout cas ! Avant de boire quelque gorgées, Shéhérazade lui adressa un calme Je vous en prie. Et elle souriait enfin, l'inconnue. Shéhérazade l'observait attentivement, de sa peau de pêche à ses cheveux d'ébène. Olga avait quelque chose de chaleureux, d'accueillant. C'était comme ceux de son pays, et pourtant c'était totalement opposé. Olga, elle sentait pas la vanille ni le sable fin, elle avait pas la peau halée par la chaleur ni des couleurs du soleil pour la recouvrir. Olga, elle inspirait la confiance, elle avait un sourire communicatif comme ça fait plaisir d'en voir. Olga, elle donnait envie de rire avec elle autour d'un bon verre d'hydromel ou de rhum, de regarde le miroir magique avec elle en rigolant un bon coup. Olga elle sentait peut-être pas Afshin mais elle sentait la sympathie et la bonne entente et ça réchauffait le cœur bien plus encore qu'un tissu aux fils dorés.
En secouant sa tête pour sortir rapidement de ses pensées, Shéhérazade attrapa un caramel qu'Olga avait – dieu merci – renversé sur la table de fortune. Elle saisit à nouveau sa tasse et finit son thé, se resservant sans attendre. Excusez-moi mais ... Vous faites quoi au juste ? Shéhérazade haussa un sourcil, surprise. Olga avait l'air un peu paumé, oui, mais de là à ne pas savoir où elle mettait les pieds, il y avait une douve de château. Je fais de la voyance. De l'arnaque. Elle baissa les yeux vers le paquet de cartes qu'elle ressortait de sous ses tissus et sourit, presque avec un air nostalgique et attendri pour ces morceaux de papier cartonné. Diseuse de bonne aventure, ma grand-mère faisait ça,c'est comme... un don, quelque chose de familial. Menteuse de première, chef de la bande. Sa grand-mère elle ne l'a même pas connue, ni de sa mère ni de son père. Son don, c'est des led dissimulées sous sa boule de cristal et un papier sur le sol pour se rappeler ce que chaque carte pourrait vouloir dire. Tu parle d'un héritage de famille. En résumé, je lis dans les cartes, les lignes de la main, ma boule de cristal. Si vous voulez savoir quelque chose sur votre avenir, une confirmation pour un choix à faire, une décision compliqué, un peu ce que vous voulez. Prenant à nouveau un caramel, Shéhérazade rajouta – en zozotant un peu à cause de la friandise calée contre l'intérieur de sa joue – Puisque vous ne saviez pas où vous étiez, je suppose que vous n'avez pas lu la pancarte, je ferais bien d'au moins me présenter. Elle tendit délicatement sa main à l'ogresse, esquissant un sourire Shéhérazade Fildor.

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Lun 20 Oct - 15:38



shéhérazade & olga
c'est pas moi, c'est l'orage qui agit par procuration

Olga buvait rarement du thé. Il fallait dire que ce n'était pas vraiment sa tasse de ... thé. Disons qu'elle n'était pas le genre à faire une pause à 17h pour se faire une infusion de plantes, mais elle devait avouer qu'en cet instant, toute frigorifiée qu'elle était, cette boisson chaude lui faisait le plus grand bien. L'odeur de cannelle empli son nez, et elle s'en imprégna, humant l'air chaud qui s'évaporait de sa tasse. Elle admira celle-ci un instant, détaillant les gravures qui y avaient été faites. Pour elle, c'était semblable à boire dans une argenterie précieuse et rare, rien que cette simple idée la fit sourire. La tasse toute chaude réchauffait ses mains, si bien qu’elle la gardait précieusement dans le creux de ces dernières. Buvant une gorgée, puis deux, la jeune femme appréciait la chaleur du thé qui se répandait dans son corps, la réchauffant de l’intérieur. Plus ça allait, plus elle se sentait à l’aise. Elle détendit ses épaules et se dandina sur place pour faire son trou dans les coussins. Puis elle remarqua un récipient rempli de carrés approximatifs de sucre brun, dont elle ne manqua pas d’en piquer un pour le mettre délicatement dans son thé, histoire de ne pas faire de vague. Elle observa le morceau de sucre fondre petit à petit, s'écrouler sous l'effet de la chaleur, et il lui suffit de remuer doucement sa tasse pour qu'il se fonde totalement dans sa boisson, adoucissant le goût de celle-ci. En la voyant faire, on aurait facilement cru à une petite fille qui rentrait tout juste pour se mettre au chaud, ayant passé la journée à se rouler dans la neige et à s'amuser, et qui se réchauffait doucement avec un chocolat chaud plein de crème fouettée et de marshmallows.
« Je vous en prie. » Olga leva les yeux vers son interlocutrice. Son teint hâlé qui se confondait avec les caramels qu'elles mangeaient, ses longs cheveux qui rappelaient fortement la couleur chaude d'un chocolat noir corsé à souhait, des yeux bruns qui semblaient avoir vu bien plus de choses qu'on oserait l'imaginer, il n'y avait pas à dire, Shéhérazade différait de toutes les personnes qu'avait bien pu rencontrer Olga. Elle était jeune, et pourtant elle nous donnait l'impression de renfermer une sagesse venue d'ailleurs, lointaine. Elle était à la fois chaleureuse et toute en retenue, posée, tranquille, et pourtant Olga sentait qu'on ne pouvait pas lui marcher sur les pieds sans en payer les conséquences. Impressionnante, rassurante. Shéhérazade vous donnait envie de rester assis avec elle et de l'écouter sagement, comme si elle connaissait l'histoire du monde, et qu'elle pouvait vous transporter dans un pays lointain avec de simples mots. Shéhérazade, elle pouvait vous faire oublier ce qui se passait autour de vous, comme une magicienne bienveillante qui veillerait sur vous sans que vous vous en rendiez compte. Olga avait peut-être du mal à l'imaginer se baladant dans la forêt de Fort Fort Lointain où elle a grandi, mais elle était toute aussi rassurante que la douce chaleur des rayons du soleil qui transperçaient les feuilles des arbres en plein été.
Sirotant lentement son thé, Olga attrapa elle aussi un caramel qui se mélangea à la saveur de celui-ci, observant du coin de l'œil son hôtesse qui se resservait, attendant une réponse à sa question. « Je fais de la voyance. » De la voyance ? Olga avait l'habitude des trucs bizarres ou qui sortaient de l'ordinaire, mais de la voyance ? C'était bien la première fois qu'elle entendait parler de quelqu'un qui en faisait. L'ogresse se mit à fixer cette fameuse voyante d'un air intrigué, cherchant à comprendre de quoi il en retournait. Un truc familial ? Voilà qui l'étonnait encore plus ! Quoique, on ne pouvait compter le nombre d'affaire dites familiales qui se transmettaient de père en fils ou de mère en fille, alors pourquoi pas ? « En résumé, je lis dans les cartes, les lignes de la main, ma boule de cristal. Si vous voulez savoir quelque chose sur votre avenir, une confirmation pour un choix à faire, une décision compliqué, un peu ce que vous voulez. » Connaître son avenir ? En voilà une bien drôle d'idée. Bien sûr, celle-ci doit être tentante, qui ne voudrait pas savoir ce qu'il va se passer dans le prochain épisode d'Amour, Gloire et Royauté ? Ou bien connaître les prochains numéros du Loto d'la Dernière Chance ? Mais à part ça, connaître le futur, ça faisait plus peur à Olga qu'autre chose. Alors d'accord, si ça n'annonce que de bonne chose, on peut être content, mais imaginons que ce ne soit pas le cas ? De quoi vous gâcher la vie. Et puis, savoir que quelque chose va se passer, on ne fait qu'y penser, et au final, on ne peut rien y changer, pire, on peut même la précipiter, l'aggraver en tentant de l'empêcher. Non. Olga ne s'intéressait pas à son avenir. Bien sûr qu'elle se posait des questions, secrètement, mais elle les balayait aussitôt de sa tête, préférant se concentrer sur le présent, et sa vengeance ...
La sortant de ses pensées, Olga vit une main tendue vers elle. « Puisque vous ne saviez pas où vous étiez, je suppose que vous n'avez pas lu la pancarte, je ferais bien d'au moins me présenter. » Une pancarte ? Oups Olga n'y avait pas du tout fait attention, bien trop occupée à se chercher un abri. Il n'était d'ailleurs pas impossible qu'elle ait renversé ladite pancarte. Faudra qu'elle arrange ça en sortant. « Shéhérazade Fildor. » Shéhérazade. Voilà un nom qui venait de loin. Ce n'était pas le genre qu'on n'entendait à Fort Fort Lointain, ni à Yasen d'ailleurs. Peut-être Afshin ? Olga n'y avait jamais mis les pieds, mais elle avait déjà pu voir des images de ses déserts, et entendre des histoires sur des villes pleines de couleurs et de parfums enivrants. Posant rapidement sa tasse sur la petite table, l'intruse égarée tendit également sa main et serra doucement celle de Shéhérazade, lui rendant son sourire. « Olga Fierbras ! » Puis elle lâcha sa main et reprit sa tasse. Un coup de tonnerre retentit, et Olga tressaillit, manquant de peu de renverser sa tasse et le thé qu'elle contenait. Crispée, elle compta silencieusement jusqu'à cinq et se détendit légèrement. Non, vraiment. Elle n'aimait pas l'orage. Essayant d'oublier ce dernier qui faisait toujours des siennes dehors, elle se concentra sur la jeune femme assise en face d'elle. « Vous faites ça depuis longtemps ? » Taper la causette ? Et pourquoi pas ! Au point où elle en était, et avec l'orage qui grondait encore, elles allaient passer encore un long moment ensemble, alors autant faire connaissance, pas vrai ? « Ça ne doit pas être facile tous les jours avec ce que vous faites ! Suivant les nouvelles que vous devez annoncer, il y a des choses qui ne doivent pas être aisées à dire, non ? » Sûrement. Peut-être. Olga n'en savait rien en fait. C'était bel et bien la première fois qu'elle rencontrait une voyante, alors elle ne savait pas trop comment ça se passait, ces choses-là, mais elle était prête à l'écouter attentivement, tant qu'elle ne lui demandait pas de sortir, Olga pouvait tout entendre !
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Sam 22 Nov - 1:46



olga & shéhérazade
oh no you didn't. tell me you didn't. you did. I hate it when you do that.

L'avenir, ça doit être un des concepts qui fait le plus flipper les gens. L'avenir, à long terme, c'est la mort. L'avenir c'est l'inconnu, l'inconnu, ça fait peur. L'avenir c'est la possibilité de finir seul, de ne peut-être même plus avoir sa propre tête pour se tenir compagnie, l'avenir c'est sombre parce qu'on sait pas, et qu'y a rien de plus lugubre que l'ignorance. On est tous des cons, on sait rien. Et on a peur, de savoir, autant qu'on a peur de ne pas savoir. Demain, on pourrait bien crever, demain, on pourrait tout aussi bien tomber amoureux ou se taper une gueule de bois, demain on peut se casser une jambe ou cramer son escalope, ça fait aucune différence puisqu'on sait pas. Shéhérazade, elle avait peur mais se rassurait en se disant que si l'avenir ça tourne mal, tout aussi mal que le passé, elle pourrait au moins s'inventer des nouvelles vies. Alors le plus souvent, plutôt que d'avoir peur, elle essayait de se contenter de se questionner. Sur ce que sera sa mort, par exemple. Si elle aura des enfants auxquels serre les mains ou seulement un mari intéressé. Si elle mourra de chagrin ou de maladie, de vieillesse ou de non-amour. Si elle le saura, ou qu'elle crèvera pendant son sommeil. Elle s'endormira peut-être comme un bébé, pour la première fois depuis plus de seize ans. Le sourire aux lèvres, peut-être. Demain, qui sait ? Le visage enfoui dans les grands bras de Shahryar, à faire de beaux rêves et écrire de belles histoires, qu'elle ne pourra plus aller raconter qu'aux anges tout là-haut. À faire de beaux rêves à propos des mômes qu'elle entendra jamais rire et pleurer et courir et tomber dans les couloir du palais, à faire de beaux rêves à propos des prochaines nuits qui seront aussi paisibles que celle-ci. Elle se demande si ça sera doux, la mort, si ça a un goût sucré ou plus acide. Elle se demande si elle la sentira. Si elle aura le courage d'aller se jeter du haut d'un pont, ou d'attraper un couteau et de le laisser seul coupable. Si elle crèvera seule au milieu de ses regrets, étouffée dans ses larmes ou ses mensonges ? L'avenir, ça fait flipper. Comme imaginer ce qu'aurait pu être le passé. Ce qui se serait passé si elle n'avait pas eu à voir Sinbad s'en aller, ce qui se serait passé si elle ne s'était pas marié à son sultan. Si elle n'avait pas décidé d'être voyante, si elle avait toujours autant de mal à mentir qu'auparavant. Un soupir l'arrache à ses divagations et Shéhérazade souffle sur sa tasse de thé, bien trop chaud pour le boire directement. Elle remonte ses yeux sur Olga. Olga Fiersbras ! Si elles avaient la vie l'une de l'autre, serait-elle aussi énergique qu'Olga ? Olga serait-elle aussi ennuyante et désespérée que la princesse ? Elle avait du mal à l'imaginer inexpressive, cette ogresse, du mal à l'imaginer ne pas bouger ni parler ni sourire pendant des heures. La pression d'Olga sur sa main se relâcha et Shéhérazade prit à nouveau un caramel, lui laissant le temps de se ramollir et se coller à son palais avant de le mâcher et l'avaler. Vous faites ça depuis longtemps ? Depuis qu'elle a apprit à s'inventer une vie. Depuis qu'elle a apprit à ne plus vouloir être ce qu'elle est et ne trouve pas d'autre moyen. Depuis que son cœur et tout son monde s'est barré en mer un beau matin, il y a seize ans. Depuis qu'elle a arrêté de voir sa vie comme un cadeau. Ça ne doit pas être facile tous les jours avec ce que vous faites ! Suivant les nouvelles que vous devez annoncer, il y a des choses qui ne doivent pas être aisées à dire, non ? Oh, des mauvaises nouvelles, elle n'en annonçait pas – ou très rarement. L'avantage des bonnes nouvelles, c'est que convaincre ses clients fait arriver les choses. Dites à une femme qu'elle sera enceinte et elle sera tellement excitée à cette simple idée qu'elle sautera sur son mari le soir même. Dites à un homme qu'il rencontrera une belle blonde, la femme de sa vie, et il abordera toutes les femmes qu'il croisera. C'était pas plus compliqué que ça, le boulot de Shéhérazade. C'était mentir à tout va, monter les plans les plus complets pour qu'ils deviennent crédibles. Après tout, seuls les mensonges ont des détails. Elle attendit de finir la moitié de sa tasse pour répondre. Toujours, à peu près. Elle se força dans un petit rire aux allures naturelles. Je n'ai pas ce commerce depuis plus de quelques années, ceci dit. Je me souviens encore de ma grand-mère me parler de tarot tard le soir jusqu'à ce que je m'endorme sur le tapis de ma chambre, et de toutes les fois où je me suis entraîné à lire dans les lignes de sa main à en avoir mal à la tête. Elle piqua un caramel de plus. Si ça continue, elle pourra bientôt rouler au lieu de marcher. La plupart des gens croient que parce que c'est un don légué de mère en fille, il arrive du jour au lendemain. En réalité, tout ça demande bien plus d'entraînement et d'anti-migraines que vous ne pourrez jamais le croire. Elle soufflait une nouvelle fois, comme nostalgique du passé qu'elle n'avait jamais eu. Ah, mentir était une activité à plein temps, et pas des plus reposantes. Le plus compliqué, c'est trouver le juste milieu pour annoncer les mauvaises nouvelles. Vous pouvez annoncer une grossesse avec un grand sourire, mais il est difficile d'en faire autant pour un décès ou une maladie. Vous n'avez pas le droit à l'erreur : si vous êtes trop détaché on vous dira sans cœur, si vous le prenez trop à cœur on vous croira folle. Ou pire : moqueuse et comédienne. Comme si elle ne l'était pas déjà assez, tiens. Shéhérazade tendit la théière vers la tasse d'Olga, n'attendant aucun signe d'approbation pour la resservir. Avec l'averse qu'elle s'était prise, un second verre chaud ne lui ferait pas de mal. Et vous, que faites-vous, Olga ?

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Mer 31 Déc - 19:02



shéhérazade & olga
c'est pas moi, c'est l'orage qui agit par procuration

Non, vraiment. L'avenir, ce n'était pas fait pour Olga. Il n'y avait que le futur proche qui l'intéressait. La rébellion, renverser Marraine, se venger, voilà bien le seul avenir qu'elle s'accordait. Olga ne pensait pas à ce qui pouvait se passer ensuite. D'ailleurs, elle n'imaginait même pas cette situation durer. Qui sait ? Cela risquait bien d'être le cas. Des mois, des années durant. Qui pouvait bien savoir s'ils réussiraient un jour à faire tomber la maudite Fée de son piédestal ? Cette possibilité, Olga préférait ne pas y songer, elle ne le supporterait pas. Mais même si ils gagnaient cette guerre secrète, pouvait-elle continuer à vivre après tout ça ? Avait-elle un autre but en réserve ? Ou bien se préparait-elle à laisser sa vie pour cette cause perdue ? Et si, au plus profond d'elle-même, Olga savait qu'elle n'allait pas en réchapper ? Et si elle savait pertinemment, que même toute cette histoire terminée, rien ne serait fini pour elle ? Olga n'avait plus rien, à par son frère. Mais même pour Ulrich, elle serait incapable de rester à Fort Fort Lointain. Si elle en réchappe. Si elle survit à tout ça, elle n'en sortira pas indemne pour autant. Qui sait ? Peut-être partira-t-elle enfin en mer ? Y noyer les restants d'une vie gâchée bien trop tôt. Même si cette option la faisait sourire, Olga sentait qu'elle n'irait pas loin. Sa mort. Comment allait-elle être ? Elle n'avait jamais osé y songer. Brutal ? En pleine bataille ? Ou au beau milieu d'une fuite ? Elle ne s'imaginait pas mourir paisiblement, ça ne ressemblait pas à sa vie, ça ne lui ressemblait pas. Olga était du genre à foncer, même vers la Mort. Oui. Sûrement qu'elle allait s'y jetée tête la première. Pourtant, elle n'était pas pressée d'en finir avec la vie, pas encore. Il lui restait trop de choses à accomplir, et elle refusait de partir avec des regrets. Non. Olga était peut-être prête à affronter la Mort, mais cette dernière allait devoir attendre un petit moment avant de l'accueillir dans ses bras. « Toujours, à peu près. » Réchauffant toujours ses mains sur sa tasse presque vide, Olga piqua à son tour un caramel, le laissant fondre, aidé par la chaleur du thé qu'elle buvait gorgée par gorgée. « Je n'ai pas ce commerce depuis plus de quelques années, ceci dit. Je me souviens encore de ma grand-mère me parler de tarot tard le soir jusqu'à ce que je m'endorme sur le tapis de ma chambre, et de toutes les fois où je me suis entraîné à lire dans les lignes de sa main à en avoir mal à la tête. » L'Ogresse se l'imagina enfant, s'amusant à lire les cartes et fronçant les sourcils en tentant de lire les lignes de la main de sa grand-mère. Et Olga se souvint de sa propre enfance, à chasser les limaces, à explorer la forêt, et à en apprendre tous les secrets avec son père. Chacun retirait des enseignements de ses parents, des choses plus ou moins utiles, des leçons plus ou moins dures, et chacun en faisait ce qu'il voulait. Olga, tout ce qu'elle avait retenu de toutes ces années, c'était que la famille comptait plus que tout, et qu'il fallait se battre pour ses idéaux, défendre ses principes, parce que ce sont les seules choses qu'il nous reste quand a le malheur de tout perdre. « La plupart des gens croient que parce que c'est un don légué de mère en fille, il arrive du jour au lendemain. En réalité, tout ça demande bien plus d'entraînement et d'anti-migraines que vous ne pourrez jamais le croire. » Et elle se souvint également de toutes ces heures qu'elle avait passé à s'entraîner au tir à l'arc, toutes ces heures à apprendre à différencier une trace d'une autre, toutes ces heures à retenir le nom des plantes qu'elle trouvait dans les bois. Tout est question de travail et d'acharnement. Écoutant la voyante avec attention, Olga réalisa que sa tasse était complètement vide. C'était dans compter sur son hôtesse qui la resservit sans attendre. Non. Son métier ne semblait pas des plus faciles. Olga doutait même que ce fut à la portée de n'importe qui. En tout cas, elle, elle n'aurait jamais pu être à sa place, pas dans cette vie. Son propre avenir était déjà bien assez flou en ce qui la concernait, pas la peine de s'imaginer s'occuper de celui de centaines d'inconnus ! « Et vous, que faites-vous, Olga ? » Levant les yeux vers Shéhérazade, l'Ogresse avala rapidement la gorgée de thé qu'elle venait de prendre et se redressa avant de prendre la parole à son tour. « Moi ? Oh je suis très polyvalente dans mon genre ! Disons que je rends de multiples services à de multiples personnes. » C'était pas mal résumer la totalité de ses attributions, mais elle n'allait pas s'étaler des heures sur ce à quoi elle passait ses journées. Errer dans la forêt, ramasser des plantes, les revendre à l’apothicaire, troquer des objets trouvés, le commerce de fleurs de Grin, sans oublier les nombreuses "missions" qu'elle acceptait de réaliser contre quelques pièces. Ni mercenaire, ni rôdeuse, juste une femme aux multiples talents, si l'on peut dire ça comme ça. « Je fais du troc en général. Ou je réalise des tâches pour des particuliers, comme porter des messages, ce genre de chose. Rien de bien complexe en soit. » Baissant un regard sur la table, Olga remarqua le tas de caramels diminuer à vue d'oeil. Eh bien, on ne peut pas dire qu'elle n'aime pas ça ! Elle allait devoir repasser chez Gretel une fois l'averse passée. En parlant d'averse, les coups de tonner semblaient s'être calmé, une bonne nouvelle ! Enfin, ça aurait pu être le cas, si un énorme éclair ne s'était pas abattu non loin de la tente de Shéhérazade, faisant sursauter Olga comme une sauterelle, si bien qu'elle renversa un des piliers de la tente, qui s'effondra sur les malheureuses et leur thé improvisé. « Oh bon sang ! » Les voilà bien maintenant ! Et dire qu'Olga avait réussi à se trouver un abri sans avoir à soudoyer la propriétaire de celui-ci - hormis les quelques caramels, cela va de soit - elle pouvait remercier ses réflexes stupides à présent ! Mal-à-l'aise et désolée envers la pauvre Shéhérazade qui avait eu la bonté de l'accueillir sous sa tente, Olga essaya de relever les tissus qui leur étaient tombé sur la tête. Bravo Olga, sur ce coup-là, c'est vraiment bien joué !
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Lun 12 Jan - 0:06



olga & shéhérazade
oh no you didn't. tell me you didn't. you did. I hate it when you do that.

Olga avait l'air d'une jeune femme plus intéressante que ce qu'elle voulait en dire. Elle avait un pétillement au fond de l’œil, quelque chose de foncièrement bon, ainsi que quelque chose de brisé. Étrangement, elle l'imaginait tout aussi bien rire que pleurer – ce sont les plus grandes joies qui cachent les plus grandes peines après tout –, ses airs légers étant presque trop convaincants pour être réels. À nouveau, Shéhérazade piqua un caramel, le laissant fondre sur sa langue le temps d'observer sa non-cliente. Elle était naturellement belle, ses longs cheveux noirs lui donnant un air encore plus innocent que de base. Ses joues rondes devaient l'être à force de trop sourire, ou peut-être de manger trop de caramels, et sa peau trop blanche ne pouvait l'être qu'à force de manger des marshmallows – y avait-il de toute façon une autre manière d'avoir une peau de neige comme la sienne ? Moi ? Oh je suis très polyvalente dans mon genre ! Disons que je rends de multiples services à de multiples personnes. Olga devait être une mine d'or d'informations dont Shéhérazade ne soupçonnait même pas l'existence. Des choses utiles, sans aucun doute. Elle devait connaître un millier de personnes, peut-être des fées et des sorciers, des animaux parlants, des ogres, un feu d'artifices des personnes toutes plus différentes, tant de personnes probablement plus intéressantes que la vie de princesse. C'était bien beau, les bijoux et les banquets, mais c'était loin de lui offrir une vie sociale sincèrement passionnante et un savoir suffisant pour survivre seule. Je fais du troc en général. Ou je réalise des tâches pour des particuliers, comme porter des messages, ce genre de chose. Rien de bien complexe en soit. Du troc ? Un instant, Shéhérazade pensa à la possibilité que l'ogresse connaisse Aladin; sinon il faudrait organiser une rencontre, entre un qui marchande et une qui troque, rien ne pourrait aller mal après tout. Un sourire figé sur le visage, Shéhérazade s'apprêtait déjà à lui répondre, quand Olga fit un mouvement de trop.
Le temps n'avait jamais posé problème à la voyante. Elle s’accommodait tout aussi bien du soleil que de la pluie, de la canicule que du déluge. Bien sûr, son cœur appartenait au soleil brûlant, elle qui y avait été habituée toute sa vie, mais aucune sorte d'intempérie n'avait jusque là pu lui causer du tort. Elle avait toujours connu les tempêtes de sables du désert de Maldune et celles de neige du désert Floconblanc, et les bourrasques de vent qu'on trouvait parfois dans les plaines de Portsuif ne l'avaient jamais dérangé outre mesure. Elle n'était pas bien compliquée et savait s'adapter à toutes situations, pourvu qu'elle ait un manteau bien chaud à disposition par temps froid. Les jours à Fort Fort Lointain, eux, étaient bien loin de sa canicule natale, sans qu'il y fasse trop chaud. C'était en tous points la la contrée au centre de tout, jusqu'à réussir à trouver le juste milieu climatique. Il semblait décidément que seul son gouvernement s'autorise à prendre une position claire dans ce pays. Quand bien même elle ne partageait pas la peur d'un grand nombre de gens, Shéhérazade comprenait tout à fait ce qu'il y avait d'effrayant dans un changement de temps. Le changement, c'était une des pires choses à venir, et y ajouter une ligne de foudre transperçant le ciel n'avait rien pour arranger ça. Elle avait déjà entendu parler de bâtisses réduites en cendre, ou même de gens enflammés à cause de ça, rien qui ne donne envie d'en voir à nouveau dans sa vie. Mais quand il en arrivait, elle ne s'alarmait pas – ne disait-on pas que le tonnerre était la colère des dieux ? si c'était ça, elle devait être bien à l'abri, elle qui ne semblait croire en aucune divinité – et se contentait de regarder tomber les coups un à un, jusqu'à ce qu'ils cessent, presque fascinée par le blanc éclatant de ces choses-là. C'était peut-être un bon présage qui se cachait là-dedans, peut-être qu'un bonheur était en son sein et qu'on ne le saurait jamais tant on le fuyait; peut-être que la joie qui s'y trouvait était si grande que les touchés jouaient les malades, les blessés, les brûlés; ça n'était peut-être qu'une grande mascarade dont on ne saurait jamais rien, parce que les masques sont suffisamment convaincants pour qu'on ne cherche pas à les arracher. Mais pour le moment pas de masques, seulement une tente tombée sur elles. Oh bon sang ! C'était le cas de le dire. Dès qu'elle le put, Shéhérazade souffla sur la plus grosse des bougies, les autres éteintes par le mouvement d'air qu'avait fait le tissu en tombant. Il était froid et humide, mais ça n'était rien face à ce qui les attendait – parce qu'il allait bien falloir relever tout ça. Elle poussa un grand soupir, dépitée. J'ai déjà eu deux bons milliers de clients, mais aucun ne m'avait encore fait tomber ma tente sur la tête. Ecartant le tissu comme elle le pouvait, elle rampa à quatre pattes jusqu'à l'extérieur, attendant accroupie à la sortie, le tissu levé avec soin pour qu'Olga puisse en sortir à son tour. Je suis désolée de votre peur de l'orage et de vous demander ça, mais il va falloir m'aider, je ne pourrai pas faire ça toute seule. Il ne fallait pas plus d'une minute pour qu'elle soit trempée de la tête aux pieds, maudissant son pays d'origine d'avoir des femmes traditionnellement pieds nus et le ventre à l'air. D'un coup d’œil, elle observa les piquets plantés comme ils avaient pu l'être dans la terre entre les pavés. Ça n'allait pas être vite fait, et la pluie n'aiderait en rien, surtout pas si Olga faisait tout tomber à chaque coup de tonnerre. Il est temps de savoir si vous portez bien votre nom, mademoiselle Fiersbras. Un petit s'échappa dans les airs, bien qu'elle ait surtout envie de pleurer, puis elle alla au piquet le plus à l'arrière de la tente, attendant qu'Olga la rejoigne pour faire le piquet parallèle.

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Sam 21 Fév - 20:55



shéhérazade & olga
c'est pas moi, c'est l'orage qui agit par procuration

« J'ai déjà eu deux bons milliers de clients, mais aucun ne m'avait encore fait tomber ma tente sur la tête. » Bravo, Olga, vraiment. Elle avait réussi à se mettre à l'abri, Shéhérazade l'avait accueillie à bras ouverts, lui avait offert couvertures sèches et boisson chaude en échange de quelques caramels, elles avaient même fait connaissance, et elle, elle avait tout fichu par terre, au sens propre du terme. Y a pas idée d'être aussi terrifiée par un simple orage. C'était une Ogresse ! Fière et caractérielle, ayant soif de justice et à la détermination inébranlable. On la croirait presque sans peur, et pourtant. Pourtant. Ça tient à rien, un traumatisme. Certains se retrouvent claustrophobes pour avoir été enfermé dans un placard après une partie de cache-cache qui s'est mal terminée. Et Olga, elle, c'est pour avoir joué les gosses impudentes qu'elle fut récompensée par un éclair sur la tête. Elle et sa manie de défier tout ce qui l'entoure, comme si elle cherchait à prouver qu'elle pouvait parfaitement se débrouiller seule et faire face au monde. La vérité était toute autre. Indépendante. Elle l'était. Mais de là à se débrouiller seule jusqu'à la fin de ses jours, c'était une autre paire de manches. Après tout, qui l'avait poussée à se relever lors de la chasse à l'Ogre ? Ulrich. Qui lui avait sauvé la mise en lui procurant des charnels ? Potté. Qui l'a empêchée de commettre une des pires erreurs de sa vie en abandonnant la seule famille qui lui restait ? Sinbad. Qui la faisait se sentir normale, simplement en discutant et en lui accordant sa confiance ? Gretel. C'était un fait, les gens, Olga en avait besoin autour d'elle. C'était eux qui lui permettaient d'aller de l'avant, de suivre la bonne route. Enfant, elle l'ignorait, et elle avait ainsi défié le monde lui-même en provoquant un orage. Ce qui l'en avait finalement résulté, c'était une femme qui savait compter sur les autres quand elle en avait besoin, une femme qui redevenait la gamine aussi têtue qu'une mule dès que l'orage grondait, comme une menace, un rappel à l'ordre. Tu es ridicule ma pauvre. Ridicule, peut-être. Humaine, certainement. Née Ogresse, monstre dévoreur d'enfants aux yeux des humains normaux, bien plus humaine que beaucoup d'entre eux. Après s'être débattue un moment avec les tissus qui autrefois servaient de toit, la brune finit par rejoindre son hôte sous la pluie battante. Se mordant la lèvre inférieure, la brune constata les dégâts qu'elle avait causés. Si elle n'avait pas eu sa force ogresque, est-ce que la tente aurait tenu le coup ? « Je suis désolée de votre peur de l'orage et de vous demander ça, mais il va falloir m'aider, je ne pourrai pas faire ça toute seule. » Tirée de ses divagations, Olga s'évertua à se concentrer sur Shéhérazade et ses paroles. La seule qui devait être désolée, c'était Olga. D'ailleurs, jamais elle ne s'était sentie aussi mal et empotée. Comme quoi, il y a des fois où on ferait mieux de rester chez soi et de ne toucher à rien, surtout les jours d'orages, surtout quand on est Olga un jour d'orage. « Oh, oui ! Bien sûr. » De nouveau trempée jusqu'aux os, la brune s'inquiéta surtout pour sa comparse d'infortune. La pauvre n'était pas vraiment habillée pour la pluie. Si elle avait la malchance de tomber malade, l'Ogresse s'en voudrait à coup sûr. Les excuses plus tard, répare ce que tu as cassé d'abord. Un coup de tonnerre résonna dans la rue, faisant tressaillir la rebelle qui se raidit automatiquement, s'attendant presque à recevoir un éclair sur la tête pour avoir été aussi maladroite. « Il est temps de savoir si vous portez bien votre nom, mademoiselle Fiersbras. » Inspirant profondément, Olga se motiva et prit sur elle. Ce n'était pas le moment de paniquer façon Charmant en détresse, elle était une Ogresse après tout ! Rejoignant Shéhérazade, elle s'empara du deuxième piquet. « Un. Deux. Trois ! » Et elle tira sur le piquet en question afin de le redresser. Avec sa force naturelle, il lui était facile d'accomplir ce genre de tâches, mais la pluie n'arrangeait rien et manquait de tout faire à nouveau céder sous le poids de l'eau qui s'accumulait. Ça n'allait pas être simple. Jetant un coup d'œil rapide, Olga finit par se placer entre les deux piquets qu'elles venaient de soulever, et fit de son mieux pour les maintenir en place. « Allez de l'autre côté, je vais les tenir pendant que vous relevez les autres ! » Au fond, la situation était assez comique, surtout quand on voyait Olga se démener ainsi pour maintenant quelques pauvres piquets alors qu'il pleuvait comme Troll qui bave. Ha ! Ulrich paierait cher pour voir ça !
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Jeu 26 Fév - 20:43



olga & shéhérazade
oh no you didn't. tell me you didn't. you did. I hate it when you do that.

Shéhérazade n'avait pas habitude de ce temps-là. D'où elle vient, un tissu fin et léger suffit à se couvrir, et les hommes n'ont pas besoin de manteaux, pas même en hiver. D'où elle vient, il n'y a que les rayons d'un soleil éternel qui traversent le ciel, et aucun Dieu ne menace les hommes avec ses éclairs. Personne n'est foudroyé, d'où elle vient; un tempête de sable passe çà et là et s'en va aussi vite qu'elle est arrivée. Les seules brises présentes, d'où elle vient, ne glacent pas la peau, ni ne la lacèrent. D'un coup d’œil à ses mains puis au temps capricieux de la capitale, Shéhérazade trouve avoir blanchi. Ce Royaume est un vrai seau plein de javel, se surprit-elle à penser, quand bien même ça n'était pas le moment. Elle se posait près d'un millier de questions; à savoir si elle ne serait pas mieux, là d'où elle vient, à contempler un ciel où même la Lune réchauffe et où les étoiles dansent en rythme avec les femmes. Tout ça lui semblait bien loin, écrasée sous la pluie et les nuages menaçants. Ses cheveux longs jusqu'à son bassin lui dégoulinaient sur les jambes, ses pieds nus s'enfonçaient presque dans la terre et dans l'herbe qui les aspiraient. Le vent lui envoyait des mèches dans le visage en plus de l'empêcher de voir sans avoir besoin de cligner des yeux en permanence, et même ses cils étaient le berceau de bien des perles d'eau égarées. Elle sentait un frisson lui parcourir l'échine au fur et à mesure que ses habits se collaient à sa peau sans autre choix. C'était désagréable en plus de ne pas être pratique, mais un éclair la prit par surprise et la fit sursauter. Son cœur battait la chamade d'avoir été surprise de la sorte, mais ça n'était rien face à la surprise d'Olga qui venait tant bien que mal de s'extirper de la grande tente. L'espace d'un instant, Shéhérazade jeta un œil aux immenses tentures qui lui avaient jusque là servi de toit sans jamais lui faire défaut, détaillant les formes devinées des objets, même quelques cercles bruns sur les tissus colorés, dernières traces des bougies restées allumées. Dieux merci, elles n'avaient pas eu le temps de cramer toutes ses possessions – bien que la pluie se soit chargée de toutes les tremper, en ruinant probablement certaines, qui ne devaient pas être exposées à trop d'eau ni d'humidité.
Accroupie au sol, les épaules tremblantes tant de sanglots dépités que de froid, Shéhérazade enfonçait comme elle le pouvait le piquet en ferraille, mais dut s'y reprendre à trois fois tant la terre devenait boueuse. Elle laissait des trous mal définis, trois ou quatre qui trônaient autour de la demeure définitive dudit piquet, avant de se relever et de grimacer en appuyant son pied sali sur l'objet, l'enfonçant presque entièrement dans le sol. Son regard se releva vers Olga, qui n'avait pas l'air de peiner autant à faire les mêmes choses que la princesse. Elle soupira de voir que c'était la même force qui causait son malheur et le résolvait, avant d'ôter son pied du piquer, laissant Olga prendre sa place, faisant presque le grand écart pour tenir les deux piquets en place en même temps.
Allez de l'autre côté, je vais les tenir pendant que vous relevez les autres ! Shéhérazade ne se fit pas prier pour aller jusqu'à l'autre bout de la tente. Elle releva le troisième piquet, profitant des pavés de la grande allée pour le coincer au croisement de quatre d'entre eux. Il faudrait faire attention le lendemain pour ne pas s'y prendre les pieds – quoi que ça pouvait être d'une bonne aide si un bellâtre venait à passer devant son commerce –, mais elle s'y ferait vite si aucun autre choix ne s'offrait à elle. L'enfonçant autant que possible, Shéhérazade se précipita ensuite sur le dernier piquet, avant que les trois premiers ne lâchent. Le piquet a disparu ! Comme un appel à l'aide dans sa voix déjà tremblante, une supplique qui n'en finit plus. Se baissant à genoux entre les pavés et la terre à moitié boueuse, ses mains s'aventuraient partout, dans une rapidité presque paniquée. Elle le trouva un moment plus tard, perdu entre deux mottes de terre affaissées comme un soufflé mal retombé. S'en saisissant, elle le planta en hâte dans le sol, prenant une grosse pierre pour l'obliger à tenir en place, avant de passer autour de la tente et de faire de même avec les autres piquets, libérant Olga au passage. Le bras de la princesse se saisit de celui de l'ogresse, sans perdre de temps pour aller se réfugier sous la tente, humide mais protectrice. Shéhérazade rallume les bougies, tendant ses mains au-dessus des flammes pour les réchauffer, ses cheveux trempant doucement les coussins pleins de terre, bons à laver si ce n'est jeté.
On l'avait pourtant prévenue que les ogres étaient forts au point de ne pas savoir se contrôler; ça lui apprendra à ne jamais écouter.

RP terminé :coeur:

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qui a éteint la lumière ? [Shéhé]

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» Emrys ♦ “Le vent, qui éteint une lumière, allume un brasier.”
» Qui a éteint la lumière ? ✖ Chan Yeol
» Une lumière s'éteint.




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