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FORT FORT LOINTAIN A FERME SES PORTES.

☾ i believe there is another world waiting for us, a better world.


FORT FORT LOINTAIN



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⊱ pseudonyme : elf
⊱ tête mise à prix : luke evans.
⊱ crédits : swan, tumblr.
⊱ arrivé(e) le : 01/01/1970
⊱ tes licornes : poucet, cam et gil.
⊱ schillings : 0

⊱ ta race : pauvre mortel fragile.
⊱ allégeance : ni oui, ni non, tant qu'elle vient pas l'emmerder hein.

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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyMer 20 Aoû - 21:58







Sinbad Septmers
Ferme les yeux et le monde devient celui que tu veux.

CONTE : Sinbad le marin, une histoire aux origines persanes, répertoriée dans les mille et une nuits. ÂGE : tout juste 34 années qu'il se balade entre terre et mer. SENTIMENTALEMENT : il fut certain de n'en aimer qu'une, pourtant son coeur a fait le choix de se déchirer en plusieurs bien distincts. Dorénavant il essaie tant bien que mal de raccommoder cette organe capricieux, de ne plus le laisser trop se faiblir pour une passion purement destructrice. OCCUPATION : jadis capitaine du bateau nommé L’Écorchée, il fut un marchand hors-pair à la langue bien pendue, allant sur le terrain du légal comme de l'illégal, tout ceci n'est pourtant plus qu'un souvenir et ce, depuis quelques mois déjà. La mer lui a gerbé son dernier rhapsodie, l'océan ne veut plus de lui et ça, il l'a bien compris. Le marin est devenu mercenaire, troquant contrats et pièces, tout en continuant de mener de la meilleure manière la griffe marine. RACE : tout ce qu'il y a de plus passager, un banal être humain. CARACTÈRE : vif, acerbe, franc, joueur, expressif, tactile, philosophe, réaliste et idéaliste, borné, beau-parleur, loyal, entreprenant, revanchard, familier, superstitieux, autoritaire, juste, avare, observateur, prudent. GROUPE : live and let die. AVATAR : Luke Evans. CRÉDITS : tumblr, eden memories pour les avatars.
L'AVANT
a beaucoup de cicatrices sur le corps témoignant de ses sept escapades foireuses. Parfois il les aime, parfois il les déteste parce qu'elles lui rappellent sans cesse que rien n'est pardonné, que même dans la tombe il emportera avec lui les monstruosités et pertes de ses voyages. a plutôt de bonnes bases en oud (luth oriental), il est même carrément pas mauvais avec cet instrument entre les mains. C'est pas vraiment rare qu'il en joue dans ses appartements. si plus de la moitié de son équipage - voire la totalité - a une bicoque dans le coeur même de la citée de Fort Fort Lointain, dans le cas de Sinbad c'est différent. Se considérant comme un attaché à L’Écorchée - même son nom en dit long -, il habite sur le bateau, sa pièce personnelle étant bien assez grande et chaleureuse pour lui. il y a une chose particulière chez Sinbad, une marque de fabrique synonyme de son attachement pour une personne. S'il fait un baiser sur le front de quelqu'un, c'est que premièrement il lui offre sa protection, lui souhaite de l'être à jamais et deuxièmement, c'est qu'il est attaché à cette dite personne, même un minimum. Pour lui un baiser sur le front, c'est pas qu'une petite rigolade pour faire semblant, c'est significatif d'une émotion qui lui traverse le corps. il lui arrive d'avoir des moments vides qu'il n'explique pas, très certainement parce qu'il en a besoin après tout ce qu'il a vécu. Il n'est pas insensible aux décès répétés des compagnons de route qu'il a eu la chance de croiser, aux assassinats qu'il a pu commettre. C'qui fait qu'y'a des matins il se lève, il veut juste qu'on lui foute la paix, pas besoin de parler, de chercher plus loin il n'en dira pas plus et se terrera dans le silence, possible même qu'il s'énerve et dans ce cas, il vaut mieux se cacher le plus loin possible. Déprimé, dépité ou dans une autre dimension, les images s'accumulent jusqu'à lui donner l'envie de réflexion, comme de culpabilité. en combat Sinbad se base principalement sur l'agilité, aussi beaucoup sur les coups en traître. Il est loin d'être un chevalier bourré d'honneur, bien au contraire, si quelqu'un se met sur son chemin il n'aura pas de scrupule à sortir son sabre et planter les dagues qu'il cache soigneusement dans ses vêtements. Dans la même lignée, il peut affirmer sans gêne qu'il est plutôt bon en course, en cas de mission frauduleuse loupée, c'est pas plus mal de savoir se la jouer assassin sur les toits. s'il ne se préoccupe que trop peu du reste du peuple, il porte une attention toute particulière à son équipage, il les voit comme une grande famille qu'il ne peut délaisser de côté. Son rôle en tant que chef étant de les guider, il ne voudrait jamais, ô grand jamais les décevoir. il apprécie particulièrement quand des combats amicaux se déroulent sur le pont de son navire, il en profite généralement pour émettre divers conseils pour que ses matelots s'améliorent et deviennent les meilleurs en la matière. S'il y a une seule personne avec qui il s'est déjà battu ainsi, c'est avec Kale et Dieu seul sait combien de temps l'affrontement a duré. petit consommateur d'herbe à chat.

L’APRÈS
victime et à la fois bourreau d'un accident ayant causé la perte de son bateau, Sinbad en a gardé une cicatrice plus visible que les autres. Celle-ci commence à la naissance de son épaule pour venir se finir à la moitié de sa joue. Presque semblable à des ronces, elle sera la dernière selon lui, la dernière causée par des écumes folles. son sens de la justice, a, malheureusement perdu en splendeur. Et pour cause, dorénavant si une bourse ne lui est pas offerte, l'Afshinien ne bougera pas le moindre petit doigt, faisant presque preuve d'un m'enfoutisme aberrant. Il peut prendre parti, c'est seulement qu'il tire profit quand il le peut - puisqu'il n'a rien de mieux à faire. un cheval perse l'accompagne constamment dans ses voyages entre les contrées, celui-ci se nomme Cyrus et n'a rien de bien différent des autres, si ce n'est sa robe d'un brun foncé - là encore, rien de bien neuf.
TU PENSES QUOI DE LA NOUVELLE RÉGENTE ? Peu de choses je dirais, si l'usurpation du trône du roi Harold n'a pas été faite de la manière la plus élégante du monde, maintenant qu'elle y est que puis-je y faire ? Le peuple est toujours similaire à avant, ne change pas d'un pouce, certains braillent en la voyant, d'autres l’acclament, moi je préfère me faire oublier, continuer mes marchandages dans la plus grande paix possible. Je ne l'aime pas, tout comme je ne la déteste pas, bien que cette marraine la bonne fée, ou devrais-je dire reine la bonne fée ait un charisme à faire tomber n'importe qui, je reste sceptique quant aux décisions qu'elle peut prendre. Sait-on jamais, il est humain de faire des erreurs, même les fées n'y échappent pas. T'ES CONTENT DE LA SITUATION ACTUELLE ? Encore une fois, il serait mentir que d'affirmer que cette situation me répugne. Je n'avais rien contre les anciens dirigeants, je n'ai pas la rage contre cette femme. Il est vrai qu’en regardant plus attentivement les gens qui m'entourent, les évènements qu'ils subissent dont cette potion ne sont pas des choses faciles à digérer, je peux le concevoir. Malgré tout, ça ne m'atteint pas encore personnellement. Que l'on me traite d'égoïste, de mufle ou encore de partisan à cette "humanisation" fort fort lointienne, je n'écoute que d'une oreille peu attentive. Qui sait ce que le futur me prépare de toute manière, mon avis pourrait bien changer si des arguments me sont offerts tout comme des preuves que ce charnel est nocif. Si jadis il m'arrivait de me plaindre de ma condition de mortel, rêvassant que je pourrais être un jour un sorcier, il est vrai que maintenant je m'en estime presque heureux sans pour autant le crier sur les toits. TU PENSES QUE SHREK ET FIONA REVIENDRONT UN JOUR ? J'ai entendu parler des deux ogres aux grands coeurs. Ils auraient pu faire un beau couple surplombant le royaume, leur disparition paraît étrange, voire même lâche ou alors est-ce qu'ils seraient en train de préparer une offensive ? Je ne saurais le dire. Quoi qu'il en soit, je nourris un peu d'espoir qu'ils reviennent un jour pour illuminer les visages de ceux qui ne sourient plus depuis leur départ. Avec ou sans, sans ou avec, il y a un fait à prendre en compte, les ogres sont des créatures très complexes à tuer, bien qu'elles sentent à des kilomètres à la ronde la pestilence des marais nauséabonds, autant se dire que oui, pourquoi pas finalement. TU PORTES LE CHARNEL N°5 ? Aucunement, la race humaine n'a pas ce besoin de changer d'apparence selon les bons vouloirs de la reine.
PSEUDO : RUTLEDGE ASYLUM.  :aw:  PRÉNOM : Laura.  :):  ÂGE : 18 ans. COMMENT T'ES ARRIVÉ(E) JUSQU'ICI ? j'ai vu de la lumière divine.  :noes:  :potté:  ET T'EN PENSES QUOI CE PETIT MARAIS ? je veux un harem.  :ivil:  :frfr:  CEY QUOUA LE MOT MAGIQUE ?  :charming:  UN DERNIER PROUT, UNE CASSEDEDI ?  :hansel:

⊱ far far away ⊰

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FORT FORT LOINTAIN



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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyMer 20 Aoû - 21:58







L'avant
Nos vies ne nous appartiennent pas. De la matrice au tombeau, nous sommes liés aux autres.



Ô Sinbad, ô Marin, quand te repentiras-tu, quand renonceras-tu à ces voyages ! À chaque fois, tes peines et tes souffrances sont telles que tu en viens bien vite à regretter d'être parti, et tu jures de ne jamais plus embarquer sur la vaste mer ! Mais tu te mens à toi-même jusque dans ton repentir, car c'est, au fond, de ton plein gré que tu vas au-devant de tous ces tourments dont tu sais parfaitement qu'ils te feront souffrir !


Du haut de ses dix-huit ans, Sinbad avait fait des erreurs, des tas d'erreurs tellement qu'il ne les comptait plus. Elles étaient grosses, petites, magistrales comme aussi ridicules qu'un rat coincé dans un labyrinthe. Il était le môme turbulent de son quartier, dans ce village aux reflets du désert, tantôt beiges, tantôt orangés, à l'image d'un soleil qui ne tombait jamais, que la nuit voulait bien accueillir parfois dans ses bras sans pour autant le laisser s'éteindre. Pourtant, il devait faire partie de cette petite élite de gamins bourgeois se tenant droits et regardant l'horizon avec une mine déconfite. Il était pas comme ça Sinbad, il convenait même parfaitement à ce qu'on s'imaginait en entendant le terme adopté de la rue. Ses vêtements étaient généralement tâchés par de la terre, ses cheveux se transformaient en un paillasson charbon mais ses prunelles ne cessaient jamais de briller. Il trouvait toujours une manière d'être heureux, de façon éphémère certes mais suffisante pour qu'il ne prête plus attention à rien. Un grand rêveur dans l'âme, son père lui reprochait souvent cette qualité aussi douce que tranchante. Elle te perdra mon fils, c'est ce qu'il disait avec un grand sourire bourré de dents un peu jaunies par le temps. Sinbad il écoutait qu'à moitié, hochait la tête en se marrant et repartait visiter les remparts de ce lieu aux diverses découvertes. Même en grandissant, il avait pas changé, il restait ce qu'il était au plus profond de son être. Un gosse en manque d'aventure, un ennuyé des habitudes et un grand adorateur des trésors cachés. Il en trouvait jamais des biens beaux, ça se résumait à des vieux morceaux de métal, parfois des tissus presque intéressants qui pourtant s'effondraient comme de la cendre après un long feu. Il attendait, fouillait sans abandonner. Têtu, c'était un fait indéniable qui le qualifiait. Puis un jour, il l'avait trouvé, sa fameuse trouvaille qui lui offrirait bien plus que le luxe d'une euphorie constante. Elle avait le visage malicieux, des yeux aussi profonds qu'un ciel sans nuages, des fossettes à peine creusées et une voix chantante comme celle d'un oiseau un beau matin.

Shéhérazade. Il l'avait aimé comme il pouvait aimer l'océan, il l'avait adoré jusqu'à plus soif, il avait pourtant tout gâché. Shéhérazade, elle le rendait crétin, naturellement idiot comme on en faisait plus à cette époque. Pourtant, il se sentait bien, ne voulait échanger sa situation pour rien au monde. Sinbad aimait passer sa main dans ses cheveux, détailler les traits fins de son masque de porcelaine, déposer des baisers sur ses lèvres au goût sucré comme de la fraise. Tout, il avait tout. Avec elle, il aurait pu déplacer des montagnes, la demander en mariage des années plus tard, avoir une famille, vivre une idylle digne des plus belles histoires qu'il entendait à l'époque. Cette sensation dans le torse qui lui arrachait la peau, parfois c'était un peu douloureux, voire carrément inquiétant, seulement il y avait pris goût. L'amour rendait bête. L'amour rendait aveugle. L'amour ça lui allait comme un gant de soie. Shéhérazade était une palette de couleurs à elle toute seule. Un jour elle était vêtue d'un rouge passion, le lendemain d'un vert envie, parfois d'un bleu mélancolique, sans jamais perdre de sa candeur, cette splendeur qui faisait d'elle un être d'exception. Depuis sa plus tendre enfance il la voyait, ils habitaient pas vraiment loin l'un de l'autre, la seule différence était la bourse bien remplie de son père contrairement au sien. Alors quoi ? Jadis Sinbad se disait que les filles, de toute façon, c'est bête. Le plus risible des deux, ç'avait été lui. En la revoyant des années plus tard, en discutant de manière légère sur l'herbe. Il n'avait rien à demander de plus ce fils de marchand, ni même à supplier le bon Dieu pour avoir droit à telle ou telle faveur. Il avait tout. Il avait Shéhérazade pour panser ses maux, pour combler son coeur en manque d'affection, parfois même il arrivait qu'elle lui conte diverses histoires inventées par son propre esprit futé. Il avait tout, il avait tout, et il avait tout gâché. C'était arrivé comme une bombe, ça ne lui suffisait plus, des paysages il voulait en voir, traverser le monde à la nage, grimper sur un bateau et comprendre le fonctionnement de l'univers. Sinbad voulait beaucoup de choses, partir réaliser ses chimères. Durant un temps, raison et illusion se sont battues jusqu'au sang, faisant de l'intérieur de son crâne une bouillasse infâme. Il s'était éloigné de sa douce progressivement, jusqu'à ce que la décision arrive comme une évidence, une potion amère à faire passer à travers de la gorge. « Je suis désolé. » Des mots minables, ils étaient les seuls que Sinbad avait trouvé face aux prunelles larmoyantes d'un être en détresse. Elle n'avait pas répondu, l'avait seulement fixé dans toute son incompréhension. Il pouvait pas, pouvait plus, avait baissé le regard pour mieux regarder ses chaussures. C'était presque amusant de se dire que dans des situations pareilles, il était possible de découvrir des détails ô combien futiles qui pouvaient avoir une importance capitale durant les moments complexes. Sinbad avait remarqué que son lacet avait été défait, ce n'était rien de plus qu'une manière ou une autre d'éviter d'entendre la mécanique craquelée de Shéhérazade. Il aurait voulu lui dire tellement de plus jolies phrases, lui offrir des poèmes, lui donner ne serait-ce qu'un instant d'idéal.
La lune, le soleil.
Les astres, il aurait pu les décrocher pour elle.

Alors il s'était retourné en se retenant de laisser l'émotion lui traverser le visage, il avait filé comme un voleur honteux d'avoir fouillé les poches d'une personne plus faible que lui. Sinbad avait marché, marché, marché, jusqu'à ce que le bois ne fasse plus qu'un avec ses jambes, que le plancher grince sous son poids et que le vent lui frappe agréablement le visage. Le marin avait eu cette envie de se retourner, de revenir, de se mettre à ses pieds et de jurer qu'il ne partirait plus jamais. L'envie oui, le courage non, il était trop tard pour une quelconque rédemption. C'est un fait, Sinbad Septmers en avait fait des erreurs dans sa vie. La plus affreuse étant d'avoir offert son coeur à quelqu'un, d'en avoir eu un en retour et de l'avoir arraché sans aucune pitié. Et il ne lui restait plus rien qu'un océan mort, sans visage pour lui rappeler la couleur de ses yeux.
Shéhérazade.

Le bateau s'était éloigné du port, progressivement, lentement telle une image qui se floute au fil des années, laissant derrière lui mille et un regrets et sept larmes de cristal.


Pour la richesse.
Pour les paysages.
Pour le savoir. Ces trois phrases, Sinbad les écrivait sur un bout de papier dans un piteux état au moins une fois dans sa journée quand il ne tombait pas dans un pétrin malencontreux. Il se faisait une raison. Les premiers jours, ses réactions étaient contradictoires, passaient vite d'un sourire confiant en des larmes de désespoir qui se perdaient dans le grand bleu. Il avait tout laissé pour une pulsion qui lui appartenait, qu'il ne partageait avec personne d'autre que sa personne et les vagues qui tapaient contre la coque de l'énorme bout de bois qui le transportait et changeait selon ses escales. Sur quoi était-il exactement tombé ? Ses souvenirs se mêlaient, se tassaient jusqu'à devenir une épopée dont même lui n'en croyait rien. Il y avait eu des serpents géants, un cyclope qui avait dévoré la moitié de son équipage, des cannibales qui ne voulaient pas de lui comme jouet. Parmi une quinzaine de personnes qui vivaient depuis toujours sur les flots, il était le seul à survivre. Sinbad avait pillé, haït, même tué pour son seul intérêt. Elle avait des yeux foncés en amande, une peau encore plus foncée que la sienne et des gestes aussi gracieux qu'un cygne en plein ballet. Le couteau s'était planté dans sa peau, faisant dégouliner un liquide vermeil sur le sol. Encore une fois, Sinbad avait fui loin des problèmes, cherchant une quelconque manière de garder le peu de raison qu'il lui restait. Combien d'années ? Combien de pages écrites ?
Pour la richesse.
Pour les paysages.
Pour le savoir. Sept au total comme ses sept voyages, ses sept erreurs, ses sept griffures incrustées sous la peau. Son corps avait la senteur du sel des abysses de l'univers, ses cernes étaient creusées par une torture incommensurable d'un besoin de sommeil, il respirait l'eau, vivait l'eau et ne faisait plus qu'une seule entité avec cette étendue glacée. Il n'était plus Sinbad, simplement Sinbad. Il était devenu Sinbad le marin, Sinbad Septmers pour mieux jeter de l'acide sur ses ouvertures. Si des tas de personnes appréciaient à le nommer, lui ne savait pas exactement qui il était, ne se reconnaissait pas, se voyait dans un miroir et pouvait entendre les cris de ses compagnons de route. Ils n'étaient plus là. Que des fantômes à travers une monture faite pour tenir malgré les tempêtes. Alors, ce qu'il faisait dans ces moments-là c'est qu'il regardait les pages qui se perdaient au fil du temps, l'encre était froide, sans existence, l'écriture de plus en plus maladroite, parfois perfectionnée mais sans être lisible par tous. Il se posait sur le sol, passait sa tête entre ses mains et laissait tout son être se vider de sa souffrance. Sans personne pour le prendre dans ses bras, pour le rassurer, pour même lui dire que tout ira bien. Et tout ça pour quoi ?
Pour la richesse.
Pour les paysages.
Pour le savoir.  Il avait tout gagné sans pour autant s'estimer être un homme dorénavant. De dix-huit années il était passé à vingt-cinq du jour au lendemain, dans un claquement de doigts perceptible par les plus sages. Quelque chose en lui avait décidé de mourir le jour de son départ de son visage, l'avait laissé pour compte dans des cales parmi des bêtes immondes. Sept. Sept. Ce chiffre maudit. Il y avait eu son septième voyage, le dernier selon lui qui allait causer sa perte, celui-là se résumait à une trahison, une vente en tant qu'esclave et un maître aux lubies plus qu'étranges. Refroidir des éléphants telle avait été sa mission pour mieux se faire accueillir par le roi aux défenses opalines, emmenant l'homme racheteur vers une mine comblant tous ses désirs, jusqu'à laisser Sinbad partir. Un échange, c'est tout ce qu'il avait été et pour si peu finalement. Il était maudit comme la peste, puait la décadence à un point mémorable, pourtant, il l'aimait la mer et son humeur changeante, l'eau cristalline et cette paix qu'il ne trouvait pas ailleurs. Cric, crac, cratch. Les seuls bruits qu'il avait entendu avant d'encore tomber dans les pièges de son malheur. Trempé jusqu'au os, il venait de s'affaler sur une plage peu différente de celles qu'il avait pu voir durant ses six autres aventures. Il respirait à plein poumons, son horizon se faisait de moins en moins net, les battements de son sang de plus en plus discret. Pourtant, cet idiot, il souriait comme un môme face à un animal sauvage. Il allait mourir. Peut-être qu'il le voulait aussi, loin de tout, loin des pensées qui lui taraudaient l'esprit et des carnets qu'il remplissait dans l'année. Sinbad devait partir ainsi, des grains de sable entre les doigts et la liberté au bord des lèvres. Son destin en avait décidé autrement, l'obligeant à se relever pour affronter un huitième voyage.
Pour personne.
Pour le néant.
Pour rien.


Ses jambes avaient du mal à tenir la cadence, son sang ne faisait qu'un tour, son coeur frappait avec furie contre sa peau. C'était pas de l'amour. C'était pas de la haine. C'était même pas un sentiment qui voulait dire quelque chose, c'était une tout autre sensation.
L'adrénaline.
Elle lui parcourait le corps, lui faisait frétiller la peau autant que ses prunelles qui se plaisaient à voir défiler le paysage à une vitesse déconcertante. Il n'était pas seul sur les toits à la jouer de manière fourbe, ils étaient deux comme des compères fuyant des ignobles méchants à leur poursuite. Dans leur cas, c'était différent. Les vilains, c'était eux, ceux qui tentaient la fuite à travers l'air tout en sachant pertinemment que cette île était une prison. Aux côtés de Sinbad ce n'était pas n'importe qui, pas même Kale en fait qui avait pris l'habitude de venir pour mieux faire le travail. C'était Potté l'ancien chat au pelage flamboyant, c'était Potté et ses yeux perçants. Quelque part dans ses poches se tenait la parure de la Duchesse au nom imprononçable que le marin n'avait guère retenu, des diamants, des rubis, de l'or à en faire mourir d'envie le plus petit bourgeois de la capitale. C'était même pas prémédité au départ, l'idée leur était venue la veille autour d'une bouteille d'hydromel alors qu'ils ne savaient que faire de ce petit bout de terre perdu dans un des océans de Fort Fort Lointain. Potté avait eu le sourire narquois sur son visage qui de toute manière ne changeait jamais, avait parlé de l'hypothèse de de traficoter un peu sous les richesses d'une pompeuse donzelle. Il avait accepté le capitaine, sans savoir pourquoi, et ils étaient là comme des dégénérés à entendre au loin le cliquetis répétitif et sans profondeur des armures des gardes. Puis, Sinbad s'était arrêté dans son élan, menaçant de s'effondrer de cette petite bicoque au bord d'une falaise. La fin, elle était devant eux. « Ils sont pas loin, je crois qu'à moins que tu aimes l'ambiance moisie des prisons nous n'avons pas vraiment le choix. » Qu'il avait ajouté en essayant de reprendre son souffle saccadé, et il regardait la mer englobant les pierres, se faisant tantôt douce, tantôt violente comme une tempête. Haussant un peu les sourcils, il avait posé ses mains sur ses genoux tout en scrutant la dégaine de Potté aussi déplorable que la sienne. « Tu l'as toujours ? » L'ancien chat avait roulé des yeux, signe d'un dédain et d'une certaine lassitude, il ne savait pas faire les choses à moitié, et donc se considérer comme un simple homme. Dans l'esprit de Potté tout devait être sujet à remonter son égo, il avait pas tout faux mais ne devait pas autant se monter comme il le faisait, ça allait le perdre et ça, Sinbad le répétait bien trop souvent. « Tu me prends pour qui ? » Avait-il dit en sortant le bijou d'une de ses nombreuses poches, un sourire digne d'un modèle pour Leroyal collé sur la figure. « Mais si je dois sauter là-dedans, tu m'en devras une bien belle. » Son doigt était pointé vers l'immense flaque d'eau bleue. Sinbad venait de s'en rappeler. C'est vrai, c'était un matou abandonné à l'origine, la flotte il devait pas en savoir beaucoup de choses et surtout pas nager comme quelqu'un d'humain. Le marin s'était penché vers le vide, essayant d'évaluer la vitesse à laquelle ils allaient s'écraser, autant que les dégâts qu'ils auraient pu avoir en pleine figure. Une vague grimace s'était étalée sur ses traits pendant qu'un rire sec lui filait des lèvres. « Pour un vicieux mon cher, rien de plus. » Non pas qu'il ne lui faisait pas confiance, cependant il restait sceptique quand il était question de se faire un petit peu de monnaie. Potté était un personnage intéressant, imprévisible puis surtout impossible à cerner. Sinbad savait pas pourquoi, avait beau creuser il y avait des zones d'ombre qui ne passaient pas dans la lumière, dans la sienne et restaient coincées face à un mur indestructible. Le plus amusant était qu'il n'était même pas quelqu'un de profondément renfrogné, à regarder l'univers d'un oeil mauvais, il était tout sauf ça, se moquait de ce qui ne méritait pas son intérêt et cherchait son bonheur égoïste. Septmers avait donc haussé les sourcils curieux de savoir s'il en était capable, de ça, de sauter pour mieux se noyer en dessous. « Rassure-moi, tu sais nager ? Non pas que le bouche-à-bouche soit un problème maaaais, si je pouvais éviter cette alternative sac à puces de mon coeur, ça m'aiderait énormément. » Pelageroux n'avait rien rétorqué sur l'instant, continuant de regarder l'immensité liquide s'étalant sous ses grands yeux foncés. Il n'était pas convaincu. Sinbad non plus. Et ça se sentait jusqu'à plusieurs mètres, si bien que l'instant il avait eu un noeud dans son estomac. « Je ne vais pas me noyer, mais j'espère pour toi que la chaloupe n'est pas très loin ou bien tu finiras sirène sur la proue de ton navire. » Il avait bouché son petit nez en trompette, ses paupières s'étaient refermées sur son horizon, il ne voyait que du noir et sa petite voix intérieure l'aidait très certainement à vaincre sa peur. « ATTRAPEZ-LES ! » Avait entendu Sinbad, suivit d'un. « LES BIJOUX. » Hurlé à la mort de souffrance. Il n'avait même pas laissé le temps à son compadre de se préparer plus longtemps, sa main s'était écrasée avec violence sur son dos pour le pousser. Vint un premier splash. Sinbad s'était à peine retourné pour engager un dernier regard avec les gardes qu'en deux mouvements il fut dans la même situation peu cocasse similaire à celle de Potté.
L'eau salée avait imprégné ses vêtements, les battements de son coeur frappaient tout le long de sa peau. Étrangement, Sinbad se sentait revivre. Comme possédé par un être farouche, doté d'une joie de vivre déconcertante et d'une inconscience à en faire pleurer un inconnu. Il se sentait, différent. Le même sans l'être exactement. Il avait passé ses deux mains dans sa tignasse mouillée pour la replacer là où elle devait être et non pas devant ses yeux sombres. Puis, il avait rigolé encore, à nouveau, pour ne pas changer des taulades habituelles dont il s'était acoquiné farouchement. Le mercenaire ne ressemblait plus à grand-chose, il se débattait avec la multitude de gouttes turquoise sans avoir osé zieuter l'étendue des dégâts. « Je suis mort ? » Pourtant, il le savait qu'il était increvable. « Ah si seulement, je crois que je suis destiné à t'avoir à mes côtés pour le moment. » Ses membres se plaignaient un peu du choc de la chute qui autant le dire, n'avait pas été belle à supporter. Il avait penché un peu la tête pour mieux voir l'angle de saut qu'ils avaient pris en pleine figure. Impressionnant, suicidaire surtout, mais impressionnant. « Je crois que pour le coup nous n'avons pas totalement loupé notre objectif, si on oublie le vol plané et ta manière de nager comme un cabot. » Et son bras s'était glissé sous celui de Potté sans s'attarder plus longtemps sur leur état de végétation aquatique, il l'avait même un peu tiré et ne quittait pas des yeux la barque qui se faisait de plus en plus claire. Kale était aux commandes, encore à quelques mètres plus loin le navire attendait patiemment le retour de ses chaînons manquants. « Ne fais pas semblant d'en être peiné. » Narquois, mauvais, quoi qu'avec un minimum de sincérité l'as du fleuret continuait de faire perdurer cette sensation irréelle. Ils l'avaient vraiment fait. C'était pas vraiment la première fois, certainement pas la dernière et malgré tout, Sinbad avait l'impression de tout redécouvrir à chaque fois. « Ne me compare pas à ces bêtes idiotes à l'hygiène douteuse ! » Sur le coup, le marin avait eu envie de lui rétorquer qu'il se léchait bien la peau par tic de félin. Mais, il s'était tu, avait préféré la berceuse des vagues au son de deux voix qui s'entrechoquent pour un débat qui de toute façon, n'aurait aidé à rien question manière de vivre. « Oh hygiène, je n'en sais rien, je ne fouille pas dans tes vêtements, libre à toi de faire ce que tu veux de toute manière hein. » Potté n'en avait répondu qu'un pff dépité pendant que Sinbad l'aidait à grimper sur l'énorme bout de bois taillé. Ils vinrent alors à s'étaler comme deux crêpes dans le fond flottant, laissant par extension Kale les regarder d'un air autant amusé que peu étonné. « Ne dites rien, laissez-moi deviner. Hmmm. La Duchesse a attrapé Potté en plein flagrant délit pendant que Sinbad tentait d'attirer l'attention, vrai ou faux ? » Encore une fois, il avait marqué un point. A croire qu'il commençait à devenir devin à force de les voir revenir ainsi. La fois d'avant ils étaient recouverts de terre, l'autre leurs vêtements étaient déchirés à cause de chiens qu'ils n'avaient pas vu venir. C'était à se dire que définitivement, il ne pouvait pas faire les choses sans se faire remarquer, ils avaient le chic pour glisser soigneusement dans les problèmes. « Ce n'est pas de ma faute si l'appât ne fait pas bien son boulot ! » Sinbad n'avait rien rétorqué, n'avait même pas eu l'idée de bouger tellement sa position était agréable. Il avait rigolé à nouveau à un point tel qu'il se demandait si les gardes là-haut pouvaient l'entendre.
Il ressentait son souffle d'existence lui traverser la gorge.
Sa place était à côté de la mort, celle qui n'arrivait pas à se débarrasser de lui.


Le jeune garçon était là, planté devant le sol face à cette planche en bois qui menait directement au pont du navire, scrutant attentivement l'équipage qui s'occupait de le scinder. Des tas d'yeux voulaient voir son âme dans sa totalité, une en particulier. Planté en plein milieu, Sinbad avait son fameux sourire aux lèvres, presque flatté d'attirer des jeunes recrues en manque certain d'aventure. Il avait dit y'a quelques secondes plus tôt qu'il s'appelait Hansel, Hansel Denougatine, il était pas bien grand mais avait des yeux aussi larges qu'un estomac en manque de nourriture, il voulait voir, découvrir. A Sinbad, il lui rappelait quelqu'un, comme une sensation agréable sous la peau, un frisson qui lui tapait directement dans l'échine et ne faisait que faire pétiller ses prunelles sombres. « Alors comme ça, tu veux faire partie de mon équipage hein ? » Le marin ne lui avait pas laissé le temps de répondre, avait posé ses mains sur le bord en bois de sa bicoque flottante et avait penché la tête sur le côté. « Sais-tu qu'à partir du moment où tu poseras un pied là-dedans, ta vie sera entre mes mains ? Enfin, tu risquerais de perdre quelques doigts au passage, une jambe, un oeil. » Son coeur tapait joyeusement contre son torse, sa main s'était écrasée sur son second, un grand gaillard que personne n'avait pu faire tomber jusque-là. « Ou pire, comme mon ami Kale, toute ta dignité. » Une conversation habituelle, une mise en bouche que le capitaine de l'écorchée se plaisait à faire face aux petites têtes qui voulaient se lancer à corps perdu dans des mésaventures et des commerces douteux. Beaucoup ne voulaient pas rester, finissaient pas être découragés par ce long discours qui ne menait à rien ou au contraire, avait eu le don de leur faire prendre leurs jambes à leurs cous. Sur trois personnes, au total deux préféraient ne plus revenir lui adresser la parole. Il était aussi connu que Sinbad n'avait pas la chance de tous, bien au contraire, plus il partait en mer et plus les évènements se compliquaient, comme si le destin voulait lui reprocher quelque chose. Il avait changé, c'était un fait indéniable. Ses cicatrices rougeâtres brûlaient parfois son corps, lui rappelaient que la fin était encore bien loin, que maintenant il ne devait plus apprécier les choses mais les accepter. Sa niaiserie il l'avait laissé en route, tout comme sa capacité à voir le bien partout. Le mal était présent, il le savait, s'en doutait, même ce Hansel pouvait être une oeuvre d'un quelconque démon aux griffes acérées. C'était pas possible. Parce qu'il lui rappelait quelqu'un.
Quelqu'un. Quelqu'un dont il n'arrivait pas à mettre de prénom juste. Le fameux Kale avait jeté un regard désapprobateur à son chef qui se doutait que sa vengeance n'allait pas bien tarder. Pourtant, Sinbad il continuait sa grande mascarade, changeant de manière de se tenir un coup sur deux. Hansel il disait rien, comme s'il buvait ses mots et voulait se montrer stoïque. « Tu risqueras d'en baver comme jamais, et sur l'eau, il n'y aura plus aucun moyen d'appeler sa mère. » Rire sec en coin de lèvres qui lui convenait bien, le tueur de sorcières - selon ce qu'on disait des Denougatine - avait hoché la tête de manière brève, assez pour qu'aucune défaillance ne traverse les pores de son visage. « Je n'ai plus rien à perdre. » Qu'il avait ajouté fermement tout en invitant Sinbad à un combat de regards. Et la seconde d'après, il venait de s'en souvenir, son estomac se tordait dans bien des sens alors que sa mécanique interne avait raté le coche.
C'était lui.
C'était lui avant les voyages. C'était lui.
Lui avant quand il n'avait strictement rien à perdre, quand il voulait attraper la lune avec une corde, quand l'espoir nourrissait son esprit sous des tas de formes. Sinbad s'était retrouvé face à un miroir aussi faux que réaliste, ses muscles s'étaient un peu crispé et il avait rétorqué. « Alors viens. » Hansel avait haussé les sourcils, ses pieds s'étaient détachés des pierres lisses, un geste en avant et arrêt. « Vrai de vrai ? » Sinbad s'était retourné, avait brièvement accordé un dernier regard au petit nouveau du bateau commerçant. « Non, c'est faux, j'aime briser la populace en offrant des promesses cassantes. » Sur le ton de l'ironie, il avait continué sa route jusqu'à ses appartements pour mieux laisser les souvenirs de sa tête s'effacer progressivement. Il lui rappelait quelqu'un.
Ce quelqu'un, c'était lui.
Hansel c'était Sinbad.
Sinbad c'était Hansel.



La nuit laisse tomber son manteau noir sur le navire en pleine mer, comme à l'accoutumée, Sinbad est le dernier à être debout, assis sur le plancher grinçant et zieutant d'un air pensif les étoiles. Ce soir, il se sent jute bien. Il apprécie les instants calmes comme ceux-ci où il peut penser sans avoir à tout ranger, à se préoccuper du reste de son équipage qui sans vergogne, lui en fait voir des vertes comme des pas mûres. Cette idée le fait rire sur l'instant, laissant un sourire brouillon sur son visage teinté de soleil. Ses paupières se ferment, le bruit des vagues vient s'incruster dans ses tympans, le faisant soupirer de bonheur - ou de désespoir, il ne saurait pas vraiment dire exactement quoi. Il est presque habituel que le marin se pose des questions sur sa vie quand il se retrouve face à la lune, que les astres lui chuchotent des mots doux, se demandant s'il a bien fait, mal fait, si ses erreurs lui seront toujours impardonnables. Sauf qu'il n'a pas le temps de s'étaler plus loin que voulu, des bruits de pas lui font ouvrir ses prunelles anilines qui détaillent la silhouette s'approchant avec une certaine grâce. Kale, son second, vêtu de son habituel vêtement orangé, jaune, rappelant la contrée d'Afshin, leurs origines et leur histoire commune. S'affalant à côté de lui, ses gestes sont similaires à ceux de Sinbad qui laisse sa concentration vaquer sur les reflets cristallins. « Crois-tu que nous ne sommes pas faits pour la terre ferme ? » En un souffle, sa phrase toque dans le crâne de Kale qui hausse les épaules presque idiot face à un tel point d'interrogation. « Il est clair que nous ne sommes pas faits pour quelque chose, quoi exactement, je n'en ai pas la moindre idée. » Tournant un peu son visage pour regarder son ami dans la pénombre, tout juste illuminé de platine grâce au ciel dégagé, le capitaine vient à pousser un second soupir cette fois-ci plus nostalgique d'une période révolue depuis maintes années. Sa main droite, son frère, son pilier auquel il peut se rattacher quand rien ne va plus. Kale, c'est le dernier survivant des sept voyages, celui qui reste accroché au mât du bateau comme un dégénéré, ne souhaitant pas mettre une fin à cette existence qui lui plaît plus que voulue. Souvent, Sinbad il s'dit qu'il devrait filer, qu'un jour ce sera son tour parce que s'ils n'ont vraiment pas droit à la pitié, le cas du cadet doit être bien pire que tout, c'est à cause de lui pour des tas de situations, parce qu'il voulait répondre affirmatif à des invitations qui les menaient ni plus ni moins qu'à une mort certaine. « Je dirais tout bonnement que nous sommes hm, plus habitués ? Oui, voilà, c'est le mot juste. Contrairement à Hansel qui a passé les premiers jours à dégobiller ou Potté qui se croit dans un ouvrage de cape et d'épée. » Une grimace déforme légèrement les traits du marin poissard qui n'en répond rien sur l'instant. Il est vrai qu'il aurait pu demander à ces deux hommes de disparaître, de leur foutre la paix et d'arrêter de jeter à l'eau leurs tentatives de marchandage. Sinbad n'en a rien fait de bien grand, si ce n'est même qu'il a accepté l'idée que parfois, dans la vie, l'on a besoin de ces gens-là. Les grands optimistes qui se préoccupent bien trop des autres, qui dans les plus grands ténèbres veulent bien y voir un soupçon de lumière au bout de ce tunnel. Hansel et Potté sont de ceux qui jamais ne baissent les bras, qui ont cette dose de nuages dans leurs idées pour mieux les agrémenter d'impossible. Maintenant posé tel en tailleurs sur le pont, sa tête tombe en arrière avec une certaine nonchalance pendant qu'il essaie de relier ces points blancs entre eux pour former une quelconque image. Un visage. Un objet. Même pourquoi pas une lettre.  « Et toi ? Kale, tu le sais déjà, mais, j'ai toujours autant de mal à comprendre pourquoi tu restes. Des tas d'hommes sont morts par ma faute, certains que nous connaissions plus que d'autres, Arian, Esam, Vaid, et j'en passe. » Laissant planer un silence solennel l'espace de quelques secondes, il cherche les bons termes pour se faire comprendre, sans pour autant passer pour un vent déchaîné.  « Alors, pourquoi ? » Sinbad ne sait même pas pourquoi il a engagé cette conversation de la manière la plus naturelle du monde, sans aucune haine, ni même une joie exacerbée. Calme olympien qui lui va bien au corps, à l'intérieur c'est une autre histoire, comme si ses organes avaient décidé ensemble de se mettre en boule, tout en pressant lamentablement contre ses os, ses muscles, même sa fine peau. Kale se rapproche un peu de son supérieur, penche sa tête sur le côté tout en abordant cette mine confiante qui ne veut jamais le lâcher. C'est marrant, cette capacité qu'il a de toujours donner confiance aux autres, de clairement démontrer qu'il n'est pas mauvais. Que oui, contrairement à beaucoup, Kale aime ce qu'il est devenu. « J'aime à me dire que c'est ainsi, mon destin n'en a pas voulu autrement. Je pourrais t'affirmer que le hasard y a joué beaucoup, malgré tout, d'une manière ou d'une autre, je suis convaincu que nous sommes liés l'un à l'autre, par ce fil invisible, tu vois ? » Fronçant un peu les sourcils, les images de son frère d'esprit paraissent saugrenues. Quand l'un voit blanc, l'autre balance noir. « Quand bien même je devrais mourir dans l'estomac d'un troll, je l'accepterais. Sinbad, je ne regrette rien, même si cette perte est toujours présente à l'intérieur, des jours nouveaux peuvent venir à nous et notre chance tourner d'un seul coup. » Kale n'est pas indéniable crétin, il sait ce qu'il affirme dans la plus grande sérénité, puis sa petite hilarité vient donner une dimension plus légère à la scène. « Et de toute manière, mon frère, que ferais-tu sans moi ? Je suis là pour te porter, et ce, jusqu'au bout. » Septmers sent tout son être se serrer intérieurement, il pourrait en pleurer, en trembler, même lui mettre un coup de poing en pleine figure pour lui avoir offert une telle explication qui ne manque pas de sens. La sincérité est en lui comme le sang dans les veines. Abordant des traits penauds, Sinbad passe ses mains sur les épaules de Kale, pour ensuite mieux les faire glisser sur son visage, une proximité se fait et ses lèvres se déposent sur son front, une pression, légère, à peine. Signe d'une protection que le capitaine lui offrira toujours en retour, aveu qu'il espère que jamais il ne partira avant lui, que s'ils mourront, c'est ensemble et contre le monde entier. Inspirant longuement, c'est le murmure de Sinbad qui vient à s'étaler entre les mèches réglisses de son second qui n'a pas changé d'expression. « Et moi je serais là pour te porter. » Un léger mouvement de recul, affirmation d'un juré craché qui se veut à perdurer dans l'éternité. Sans comprendre pourquoi, ils éclatent de rire, leurs gorges dévoilées à l'astre lunaire, réveillant par extension quelques compères ayant le sommeil trop léger.

⊱ far far away ⊰


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⊱ pseudonyme : elf
⊱ tête mise à prix : luke evans.
⊱ crédits : swan, tumblr.
⊱ arrivé(e) le : 01/01/1970
⊱ tes licornes : poucet, cam et gil.
⊱ schillings : 0

⊱ ta race : pauvre mortel fragile.
⊱ allégeance : ni oui, ni non, tant qu'elle vient pas l'emmerder hein.

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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyDim 30 Aoû - 22:00







L'après
Nos vies ne nous appartiennent pas. De la matrice au tombeau, nous sommes liés aux autres.



Le raisin sec craque entre ses dents. Dos à la mer, la rêverie prend place dans ses yeux bien plus que le paysage coloré qui s'étale sur plusieurs terre. De l'herbe à foison qui plisse, des arbres qui craquent au loin, le vent salé qui titille ses narines. Rien. Sa main vient se glisser sur la joue du cheval qui attend de repartir loin d'ici, toujours plus loin. Comme si, quelque part, il cherchait à se détacher de sa propre carcasse. Impossible d'échapper à ses propres bottes, surtout quand tout est relié à un même point. Il ne veut pas se souvenir, sans doute, et pourtant un frisson glacial lui traverse l'échine. Il revoit. Il recroise la pluie battante, les cris qui se mêlent aux doigts tendus vers un ciel d'encre. Il revoit. L'après, ce bras manquant au corps de son second, sa mine fatiguée, ses joues creusées et le sang qui s'échappe de sa mâchoire. Accident, erreur. Maudit. Il racle sa gorge, récite un pardon pour le navire de jadis à l'allure d'une grande forteresse intouchable. Tout ce qui appartient aux vagues, leur revient un jour ou un autre. Elles voulaient ce tas de bois cassable ainsi que les matelots naïfs. Elle les a eu. Peu d'entre eux ont su vider leurs estomacs de l'eau. Peu. Dont lui. Il reprend un fruit, le fourre dans sa bouche et accorde à son nouveau compagnon une oeillade à moitié complice. Regret tordu par l'amertume, c'est en faisant un pas vers le chemin de terre qu'il entend les pièces qui palpitent sous la bourse de cuir. Signé, il a signé pour ce nouveau, cette renaissance dissimulée derrière une lame poisseuse. Il fronce les sourcils, attrape son parchemin et l'ouvre sans grande conviction. Un nom, c'est tout ce qu'il a, accompagné d'une description approximative, d'une poignée dans la Pomme empoisonnée et d'une promesse aux canines acérées. Un homme parmi tant d'autres, c'est un visage effacé qui succombera à nouveau. A trop la côtoyer, peut-être en est-il tout bonnement tombé sous le charme et que malgré sa robe noire, elle sait se montrer persistante, douce mort, terrible meurtre. Payer sa dette, c'est tout ce qui peut lui importer. Il se retourne pourtant, une seconde, prend plaisir à cette vision versatile qu'il aurait pu garder encore un peu, jusqu'à sa propre fin du moins. C'est le mieux à faire. La meilleure solution. Ses muscles se crispent, l'équidé lui assène un coup de museau dans l'arrière du dos et l'arrache de ses songes. Un sourire, discret. Il grimpe sur son dos et ses sabots assènent en choeur une mélodie de chaînons rouillés.

A ces héros qui furent,
A cette légende qui n'est plus.

⊱ far far away ⊰


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J'L'AI BOUFFE TA MAISON EN PAIN D'EPICE

Gretel Denougatine

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⊱ pseudonyme : Chameau
⊱ tête mise à prix : Natalie Portman
⊱ crédits : bazzart
⊱ arrivé(e) le : 24/09/2014
⊱ manuscrits : 994

⊱ tes licornes : Nina Têtedure, Odette Plumedeneige & Eleazar Coeurfané
⊱ schillings : 1174

⊱ ton conte : Hansel et Gretel
⊱ ta race : Humain
⊱ métier : Gérante de la confiserie "Miel & Epices"
⊱ tes armes : Aerien, son arc chéri, toujours là pour calmer ses nerfs ou botter les fesses des indésirables.
⊱ allégeance : Elle pose son cul où elle veut, même sur le trône je m'en fiche

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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyDim 30 Aoû - 22:15

Bonne chance pour ton nouveau départ chaton, et un énorme rebienvenue parmi nouuus :coeur: :coeuur: :keur:

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Wasted time, purple mind
Let me be the reason to make a choice
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CAY LA DANSE DU BIBOUDE

Shéhérazade Fildor

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⊱ pseudonyme : songbird
⊱ tête mise à prix : aishwarya rai
⊱ crédits : avatar, moua. gifs, tumblr.
⊱ arrivé(e) le : 29/08/2014
⊱ manuscrits : 470

⊱ tes licornes : marie la catin, barthélemy l'assassin, cúchulainn le loup.
⊱ schillings : 851

⊱ ton conte : les mille et une nuits
⊱ ta race : humaine
⊱ métier : diseuse de bonne aventure; arnaqueuse de première. reine d'afshin.
⊱ tes armes : une dague en permanence sur elle. quand elle est à afshin, elle a parfois un sabre.
⊱ allégeance : sans avis.

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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyDim 30 Aoû - 22:38

:beuh::coeur:

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il les a tuées avec leur amour.
why do you go away ? so that you can come back. so that you can see the place you came from with new eyes and extra colors. and the people there see you differently, too. coming back to where you started is not the same as never leaving.
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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyDim 30 Aoû - 23:15

GUESS WHO'S BACK, BACK AGAIN, SINBAD'S BACK, TELL A FRIEND, IL VA VOUS IL VA VOUS IL VA VOUS IL VA VOUS IL VA VOUS IL VA VOUS BAISERHEHEHEHE. :pierre: :keur:
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MONTRE-MOI TES (E)PINES

Belle Yeuxdevelours

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⊱ pseudonyme : Lady Furiosa
⊱ tête mise à prix : Keira Knightley
⊱ crédits : Avengedichains & Tumblr ♥
⊱ arrivé(e) le : 26/07/2015
⊱ manuscrits : 145

⊱ tes licornes : Iseut Sautemouton & Raiponce Cheveuxdor
⊱ schillings : 325

⊱ ton conte : La Belle & la Bête
⊱ ta race : Humaine
⊱ métier : Styliste-modiste, ces dames et ces messieurs aiment s'adresser à elle pour un petit relooking personnalisé
⊱ tes armes : Une dague acquise lorsqu'elle est rentrée chez les rebelles. Elle l'a remisée au fond d'un tiroir depuis qu'elle les a quitté.
⊱ allégeance : Mouais, bof hein. Non pas trop du tout, en fait.

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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyDim 30 Aoû - 23:21

Rebienvenue chez toi marin d'eau douce ☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. 2300028946
Même que ça me donnerait bien envie de te prêter Guarin pour la peine ... :laugh:

______________________________________

Du début, à notre fin
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⊱ pseudonyme : elf
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⊱ ta race : pauvre mortel fragile.
⊱ allégeance : ni oui, ni non, tant qu'elle vient pas l'emmerder hein.

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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyLun 31 Aoû - 12:41

Merci beaucoup les filles. :*-*: :huhu: Ce sera fait petit à petit cette histoire, mais ce sera fait. ☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. 2832667894 :3:
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⊱ pseudonyme : Zabolac.
⊱ tête mise à prix : Santiago Cabrera
⊱ crédits : LAURA et Tumblr.
⊱ arrivé(e) le : 01/01/1970
⊱ tes licornes : David Leféroce.
⊱ schillings : 0

⊱ ta race : Humain, même s'il a toujours rêvé d'être un nuage.
⊱ allégeance : Qui ça ?

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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyLun 31 Aoû - 12:48

Je t'aime. T'es beau. J'ai confiance en toi. :kyu: :bril:
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☾ i believe there is another world waiting for us, a better world. EmptyLun 31 Aoû - 19:39

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Merci bro. :love: :nomnom:
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