AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
FORT FORT LOINTAIN A FERME SES PORTES.

Plat du jour et crise de nerfs • Despereaux


FORT FORT LOINTAIN

LES OGRES CEY DES OIGNONS

avatar



⊱ pseudonyme : Fiordiligi
⊱ tête mise à prix : Rosamund Pike
⊱ crédits : Blondie
⊱ arrivé(e) le : 11/10/2015
⊱ manuscrits : 72

⊱ schillings : 310

⊱ ton conte : La gardeuse d'oies
⊱ ta race : Humaine
⊱ métier : Fondatrice de l'enseigne de vins et spiritieux La Dame Loie
⊱ tes armes : Aucune, elle risquerait de se faire mal.
⊱ allégeance : Pour, sans grande hésitation





Dim 25 Oct - 22:34



Despereaux & Junie
Ou de l'art d'inventer des problèmes

Prise d’un élan de motivation, persuadée de pouvoir survivre à un peu de monde et ce faisant potentiellement un peu fiévreuse, Junie s’était extirpée chez elle à une heure d’affluence citadine. Ou peut-être était-ce simplement une pointe de curiosité qui la guidait. Car la semaine dernière avait été livrée dans un restaurant de la capitale une quantité conséquente de vin, lui rappelant ainsi l’existence d’un établissement dont elle avait entendu beaucoup de bien mais dans lequel elle n’avait encore jamais mis les pieds. Désireuse d’un peu de nouveauté et lassée de ses quatre murs elle s’y rendit donc ce soir pour dîner, accompagnée d’un bon livre pour surtout être certaine de ne devoir adresser la parole à personne. Savait-on jamais, il y avait de ces étranges êtres sociaux masculins qui parfois semblaient trouver de bon temps d’aborder une parfaite inconnue.

La Louche dorée semblait un établissement tout ce qu’il y avait de plus sympathique. En dépit d’une devanture que les propriétaires devraient sincèrement songer à refaire, l’atmosphère de la salle était agréable, et surtout l’air sentait délicieusement bon. Le signe indéniable que la soirée ne serait pas perdue. Assurément le choix de soir avait été avisé. Auprès du serveur dont l’évidente sympathie allait bien à l’endroit Junie commanda une soupe dont le nom l’amusait, et l’attendit patiemment en feuilletant un roman à l’eau de rose.
Etrange, cependant. Juste après avoir goûté ce qui venait d’arriver un sentiment de perplexité l’envahi. La soupe était très bonne, c’était indéniable, mais après une gorgée seulement restait en bouche un arrière-goût familier. Une saveur légèrement corsée qui s’attardait, connu et dont pourtant elle n’arriva d’abord pas à retrouver le nom. Malheureusement, ô drame, après quelques cuillères à tenter de se rappeler, une grimace d’atrocité se dessina sur son visage. Un œil de crapaud au fond du bol aurait été, à côté de cette découverte, un simple petit désagrément. Car parole de connaisseuse, ce n’était pas un quelconque vin de bas étage qui parfumait son repas !
Affolée, Junie se leva d’un bond et, à la recherche de quelqu’un à informer de cette affaire d’Etat, traversa le restaurant en criant au drame. Sans prêter la moindre attention à l’effet de ses plaintes sur les clients qui pour certains regardaient à présent leur assiette avec suspicion, craignant légèrement l’intoxication, Junie tituba – choc et tendance à faire une montagne de peu obligeaient, il était difficile de marcher droit – en direction de la cuisine. Mais avant d’y entrer elle croisa le serveur qu’elle interpella sans trop y mettre les formes. « Ah ! Vous êtes là ! » Quoiqu’il soit en train de faire qu’il arrête sur le champ, elle était absolument persuadée que rien ne pouvait être plus important que ce qu’elle avait à lui dire. Rien n’avait jamais été et rien ne serait jamais plus crucial au bon fonctionnement de ce restaurant, c’était évident. Servir les clients ? Inutile. Les commandes ? Une nécessité totalement surfaite. Quant à suivre le rythme imposé par la cuisine, selon toute vraisemblance ce n’était qu’un détail.

« Ca ne va pas. Absolument pas du tout ! » Le pauvre homme qu’elle venait de prendre en griffes n’eut cependant pas le temps d’en savoir plus, Junie était soudain persuadée de se sentir mal. Toutes ces émotions d’un coup, en plus de ses trois gorgées de soupe cela faisait trop à avaler. « Je crois que j’ai besoin d’air. » Avec frénésie elle s’éventa se sa main tout en respirant à très courts intervalles. La scène de malade imaginaire ne dura cependant pas longtemps. « Aïe, une crampe. » Un instant elle fixa son poignet douloureux en grimaçant, mais rapidement releva les yeux en direction du serveur. Le fil de sa pensée retrouvé, elle ouvrit de grands yeux horrifiés.  « Ma soupe… C’était affreux. Absolument atroce. » Et dire qu’elle avait cru pensé s’asseoir à la table du plus grand spécialiste du royaume. Que la déception était immense. « Merveilleusement atroce... » Une soupe à la fois si bonne et pourtant intrinsèquement dans l’erreur. Elle étouffa un sanglot de façon tout à fait caricatural et bascula la tête en arrière, en profitant pour fermer une seconde les yeux et prendre un peu plus l’ampleur de la situation.  « Il faut absolument faire quelque chose. Vous ferez quelque chose, n’est-ce pas ? »  De grandes prunelles suppliantes se posèrent de nouveau sur le visage du serveur, si bien qu’il aurait fallu être une brute sans cœur pour refuser. Quoiqu’il serait peut-être plus facile d’apporter son aide quand on savait de quoi il retournait exactement. Mais cela devait paraître si évident à Junie que le préciser relevait du superflu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

FORT FORT LOINTAIN

TU CONNAIS LE GARDE-CHAMPÊTRE ?

avatar



⊱ pseudonyme : moumoune
⊱ tête mise à prix : Simon Pegg
⊱ arrivé(e) le : 28/09/2015
⊱ manuscrits : 151

⊱ schillings : 85

⊱ ton conte : La légende de Despereaux
⊱ ta race : Bête parlante (souris)
⊱ métier : Serveur au restautant La Louche Dorée
⊱ tes armes : une louche, çà compte ?
⊱ allégeance : Tant que personne n'est capable de déloger cette fée, pas le choix





Jeu 5 Nov - 13:06



Despereaux & Junie
Ou de l'art d'inventer des problèmes


Despereaux avait regardé les deux bouteilles de vins qu'il tenait en main avec insistance, comme si sa vie dépendait du choix qu'il s'apprêtait à faire. Après une année en tant que serveur à La Louche Dorée, l'ancienne souris pensait avoir tout vu au niveau des excentricités pouvant sortir de l'imagination fertile des deux cuisiniers. Pourtant, il avait ouvert des yeux ronds en lisant le mot 'vin' sur la liste des ingrédients à aller chercher. On pouvait mettre du vin dans de la soupe ? Cette remarque qu'il avait osé proférer à voix haute dans la sainte cuisine lui avait valut l'appellation d'ignare. Du coup, il n'avait pas osé pousser la curiosité plus loin et s'était contenter de hausser les épaules. Il trouvait toujours cela bizarre mais, ma foi, qui était-il pour juger ? L'important était que le résultat serait délicieux et, çà, il n'en doutait pas.

Malheureusement, son problème ne s'était pas arrêté là. Maintenant qu'il hésitait entre les deux bouteilles qu'il avait achetées, il regrettait de ne pas avoir accepté l'aide de PetitPois. Seulement, voilà, Despereaux avait voulu jouer les connaisseurs pour ne pas perdre la face devant sa collègue dont il était amoureux. Maintenant, il se torturait les méninges pour savoir quelle bouteille confiée aux cuisiniers et quelle serait celle destinée à figurer sur la carte des boissons. Réfléchis, réfléchis. Il devait forcément avoir une différence entre les deux bouteilles pour l'aider. Ne serait-ce qu'à cause du prix. Le regard de Despereaux s'illumina devant cet éclair de génie. Le prix ! C'était çà ! Évidemment, la plus chère devait aller à la cuisine pour la recette !

Le serveur soupira de soulagement devant ce problème qu'il estimait régler. S'il avait osé apporter une piquette aux cuisiniers, nulle doute que ceux-ci auraient décrété une trêve temporaire dans leurs débats culinaires pour l'étriper. Rien n'était plus important que la soupe. Despereaux était d'accord avec eux sur ce point. Hormis la nuance que pour le serveur, la satisfaction du client était tout aussi importante. Puisque le client ET la soupe méritaient le meilleur, le choix final concernant le vin fut vite fait.

Ce débat intérieur clôturé, il avait pu commencer sa journée de travail avec la conviction d'avoir bien agi. Une cliente commanda la fameuse soupe. Despereaux prit cette commande avec un élan d'enthousiasme, curieux de savoir à quoi un tel mélange pourra ressembler. Il aurait aimé rester pour voir la réaction de la blonde mais d'autres plats attendaient en cuisine d'être servis. Non sans regret, il se remit au travail. L'ancienne souris aimait regarder les clients apprécier leurs commandes, cela lui réchauffait le cœur et le réconfortait. Avec toute cette histoire de reprise de pouvoir de Marraine la Fée, faire tout pour qu'un client soit satisfait était l'acte le plus héroïque dont il était capable.

C'est parce qu'il prenait ce genre de chose anodine très au sérieux que Despereaux s'inquiéta du cri qu'il entendit alors qu'il s'essayait à l'exercice délicat de poser les assiettes remplies sur son plateau. Il échange un regard entendu avec un des cuisiniers et laissa tomber ce qu'il tenait (fracassant quelques assiettes au passage sous les protestations du chef) pour se jeter à la rescousse du client en détresse. Il venait à peine de franchir la porte pour sortir des cuisines qu'il fut interpellé par la cliente en question.

« Ah ! Vous êtes là ! »

"Euh... Oui, je suis là." Répondit-il avec un sourire aimable mais crispé sur les lèvres et une inquiétude palpable dans son regard.

« Ca ne va pas. Absolument pas du tout ! »

Quelle horreur ! Quelque chose n'allait pas ! Despereaux n'eut pas le temps de demander ce qui n'allait pas ou s'il pouvait faire quelque chose pour aider Junie que la cliente enchaîna en annonçant avoir besoin d'air. D'ailleurs, elle s'éventa avec sa main, comme pour prouver cet état. Après plusieurs gestes hésitants, Despereaux renonça à tenter de prendre l'épaule de la cliente.

"Je peux... Vous aidez à prendre l'air frais à l'extérieur." Arriva-t-il tout de même à proposer maladroite, transpirant de bonne intention.

A peine avait-il eu le temps de finir cette phrase que, maintenant, la cliente se plaignait d'une crampe à son poignet. Despereaux regarda le poignet en question avec effroi, essayant de se rappeler comment faire pour atténuer une telle douleur. A nouveau, l'ancienne souris ouvrit la bouche pour émettre une suggestion mais, à nouveau, son interlocutrice fut plus rapide.

« Ma soupe… C’était affreux. Absolument atroce. »

"Atroce ?" Répéta le serveur avec horreur, comme si on venait de lui annoncer la fin du monde.

En un instant, Despereaux se demanda si c'était sa faute. Cependant, ses théories catastrophes furent tuées dans l'œuf par la suite du discours de la cliente insatisfaite. Merveilleusement atroce ? L'effroi fut remplacé par un froncement de sourcils perplexe. Comme une chose pouvait être merveilleux et atroce en même temps. Un sanglot le ramena à la réalité. Le serveur chercha désespérément un mouchoir dans ses poches, qu'il gardait toujours pour les clients désireux d'extérioriser leurs peines.

« Il faut absolument faire quelque chose. Vous ferez quelque chose, n’est-ce pas ? »  

Impossible de résister aux prunelles suppliantes qui se posèrent sur lui. Despereaux gonfla le torse. "Bien sûr !" Assura-t-il avec ferveur. Sa flamme héroïque intérieure brillait de mille feux, il était prêt à faire n'importe quoi pour satisfaire la cliente en détresse. Puis cette flamme s'essouffla comme un soufflé qu'on sortait trop tôt du four puisqu'il ne savait toujours pas l'origine du drame. Trop presser qu'il était à voler au secours du client en détresse, le 'comment' ne s'était pas imposer dans son esprit. Pris au dépourvu, il se sentit un peu idiot.

"Et que puis-je faire pour vous aider ?" Demanda-t-il avec l'air pantois de celui qui se voyait couper l'herbe sous le pied. Tel un chevalier se rendant au repère du dragon pour découvrir que ce dernier était parti en vacances. "Avec cette soupe... Merveilleusement... Atroce." Continua-t-il en répétant ces seuls indices concernant le problème avec lenteur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

FORT FORT LOINTAIN

LES OGRES CEY DES OIGNONS

avatar



⊱ pseudonyme : Fiordiligi
⊱ tête mise à prix : Rosamund Pike
⊱ crédits : Blondie
⊱ arrivé(e) le : 11/10/2015
⊱ manuscrits : 72

⊱ schillings : 310

⊱ ton conte : La gardeuse d'oies
⊱ ta race : Humaine
⊱ métier : Fondatrice de l'enseigne de vins et spiritieux La Dame Loie
⊱ tes armes : Aucune, elle risquerait de se faire mal.
⊱ allégeance : Pour, sans grande hésitation





Jeu 26 Nov - 19:16



Despereaux & Junie
Ou de l'art d'inventer des problèmes

Sortir manger hors de chez elle, une mauvaise idée dans toute sa splendeur. Et dire qu’elle avait osé croire que cette expérience serait une réussite. Odeur sublime, ambiance agréable, la soupe n’en avait été qu’une déception plus amère. Heureusement la compassion et prévenance de Despereaux permettaient aux choses de ne pas s’empirer, mais tragiquement le mal était déjà fait. Et non, il n’y avait dans son attitude rien d’excessif. Ou si peu. Car l’alcool méritait au moins des larmes et du sang, à défaut aujourd’hui d’exaltation heureuse.

Cependant peu douée lorsqu’il s’agissait de perdre son calme, Junie ne savait plus trop si elle devait à présent continuer de sangloter, reprendre le fil d’un discours mélodramatique ou peut-être se laisser aller au malaise pour appuyer un peu plus son malheur. Finalement trop de possibilités et de sentiments contradictoires, elle resta figée quelques secondes, inspira puis expira lentement et se força à retrouver sérénité et logique. Le souffle normalement retrouvé et un esprit qui semblait rattraper l’intelligible, elle fixa Despereaux et hésita très sincèrement un instant. Que fallait-il faire ? La bonne question, elle y avait à peine pensé. Un grand cru gâché, une soirée piétinée, une peine peut-être ineffaçable, sur le moment la solution semblait limpide. « Me trouver une corde ? » Quoi que sans doute un peu trop radicale.
Il paraissait qu’une mésaventure gustative ne justifiait pas de si drastiques mesure, elle l’avait même noté sur un carnet pour être certaine de ne pas l’oublier. Autre conseil dont elle venait de se rappeler : le morbide ne détendait jamais l’atmosphère, la chose était socialement établie. Selon toute personne sincère à qui elle avait jamais parlé il s’agissait même du moyen le plus sûr pour introduire un lourd moment de gêne dans la conversation.
Reprenant ses esprits et son savoir-vivre Junie corrigea donc son propos, léger sourire compatissant en prime. Au fond un innocent ne méritait pas d’être tant bousculé. « Mais vous semblez sympathique, alors je vais vous épargner un cadavre. » Quelle prévenance. Elle eut pour le serveur un sourire aimable, pensant ainsi lui signifiait qu’elle appréciait toute la bonne volonté évidente qu’il déployait pour régler le problème. Le pauvre se trouvait simplement au mauvais endroit au mauvais moment, en tant que personne décente elle se devait donc d’un peu de prévenance. Junie lissa donc machinalement le devant de sa robe et reprit d’une voix calme. Faisons un peu grâce à ce serviable homme et donnons-lui enfin la raison de ce drame. Il méritait bien de savoir.

« Le vin qu’il y avait dans ma soupe est une petite merveille. » Et pour le fait d’avoir ce genre de bouteille dans l’établissement, elle le félicitait mentalement. Rien à redire sur le choix, il pouvait être satisfait de ce qu’il avait en réserve. Décidemment, on ne pouvait rien lui reprocher, cela en était presque frustrant. « Une pépite de la viticulture, que je considère personnellement comme ma plus grande réussite. » Un petit compliment pour sa propre personne au passage, cela n’avait jamais fait de mal à personne. Entretenir un ego d’une taille de juste milieu, voilà qui demandait une vraie gymnastique et des félicitations régulières. Ayant retrouvé un léger sourire en repensant à cet instant de parfait bonheur, quand pour la première fois elle avait goûté la cuvé, Junie le perdit cependant vite en songeant à la suite.
Avec une sincère tristesse dans le regard elle reposa les yeux sur Despereaux. « Et si vous saviez comme cela me fait de la peine de le retrouver mélangé à… Des légumes ! » Et quelques autres bonnes petites choses si on voulait être honnête, mais l’idée était là. Sans laisser à Despereaux le temps de la couper elle repris, arrêtant de se plaindre pour cette fois s’adresser clairement à lui. « Ce serait un peu comme si vous découvriez un jour que la femme de votre vie était derrière votre dos maltraitée par son employeur. Colère, tristesse, vous ne sauriez sans doute plus quoi ressentir. » Encore une fois rien d’exagéré, l’image lui semblait plutôt adaptée. Et car Despereaux semblait à première vue quelqu’un qui prenait les choses à cœur, voilà qui lui parlerait au cas où, la faute peut-être à une surdité naissante, il n’ait pas déjà compris le fond du problème.  

« Ne vous méprenez pas, votre cuisinier a du talent. Mais de toute évidence il en veut personnellement aux amateurs de bon vin. » Persuadée que le fautif se trouvait en cuisine, elle fronça légèrement les sourcils en tournant la tête vers la porte qui semblait y mener. Un petit lot de mauvaises ondes qu’avec un peu de chance le coupable prendrait en pleine poitrine. Revenant vers Despereaux, Junie leva un index et déclara finalement d’un air doctoral : « Je pense donc faire un grand service à votre restaurant en vous suggérant de le faire exiler au moins à l’autre bout du royaume. » Qu’il aille donc empoisonner le tout Yansen à grand renfort de vodka frelatée s’il le voulait, mais par pitié qu’il cesse sa vendetta locale ! Ce n’était après tout pas parce que sa femme l’avait quitté pour un vigneron – seule explication logique – que la capitale toute entière devait en souffrir. Plutôt satisfaite de sa conclusion, Junie croisa les bras sur sa poitrine et avec de grands yeux impatients attendit l’approbation de Despereaux. Après tout on ne pouvait réfuter une argumentation si logique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

FORT FORT LOINTAIN

TU CONNAIS LE GARDE-CHAMPÊTRE ?

avatar



⊱ pseudonyme : moumoune
⊱ tête mise à prix : Simon Pegg
⊱ arrivé(e) le : 28/09/2015
⊱ manuscrits : 151

⊱ schillings : 85

⊱ ton conte : La légende de Despereaux
⊱ ta race : Bête parlante (souris)
⊱ métier : Serveur au restautant La Louche Dorée
⊱ tes armes : une louche, çà compte ?
⊱ allégeance : Tant que personne n'est capable de déloger cette fée, pas le choix





Dim 29 Nov - 18:32



Despereaux & Junie
Ou de l'art d'inventer des problèmes


Despereaux s'imaginait jusqu'à présent avoir rencontré et réussi à aider tous les types de clients pouvant exister à fort fort Lointain. Celui qui ne savait pas vraiment ce qu'il voulait. Celui qui venait surtout pour raconter une bonne histoire à une oreille attentive plus que pour manger. Celui qui commandait un plat alors que sa timidité l'empêchait de commander celui qui lui faisait vraiment envie. Et tant d'autres exemples. L'ancienne souris aurait de quoi écrire un épais ouvrage sur la question. Il avait espéré, après un an d'expérience, pouvoir estimer être plus ou moins un expert dans ce domaine. Jusqu'à aujourd'hui.

Le cas de Junie était vraiment particulier. Ces seuls indices pour lui venir en aide n'étaient que la soupe qualifiée d'atrocement merveilleuse. Tout en affichant un sourire amical, une étincelle craintive naissait dans les yeux du serveur. Il avait peur de ne pas trouver de solution au problème de cette cliente en détresse. Sans doute était-ce son imagination qui lui jouait des tours mais il avait l'impression que son interlocutrice semblait aussi désemparer que lui concernant la suite ! Au point de lui demander une corde ! Despereaux ouvrit de grands yeux horrifiés devant cette idée. "Horrible à ce point ?" Gémit-il, totalement désemparé. Bien sûr, on lui avait appris que le client était roi mais cela voulait-il dire qu'il fallait obéir à ce genre de demande ? Heureusement, la cliente changea d'avis après un temps de réflexion. Le serveur en soupira de soulagement.

Un sentiment qui ne dura que très peu de temps, hélas, puisque Junie ne tarda pas à expliquer la cause de son problème. La figure de Despereaux se décomposa à mesure que la cliente enchaînait les explications. Le vin ! C'était lui qui l'avait choisi. L'ancienne souris se repassa mentalement la scène au ralenti, son hésitation lorsqu'il fallut faire un choix entre deux bouteilles. L'ombre de la culpabilité l'envahissait alors qu'il se rappelait les arguments logiques qui l'avaient poussé à tendre la meilleure bouteille au cuisinier. C'était comme d'être témoin d'un accident sans pouvoir faire quoi que ce soit pour empêcher la catastrophe de se produire. Quoique le serveur donne plutôt l'impression d'être un noyé cherchant désespérément un objet flottant auquel s'accrocher... Chaque parole de Junie faisait monter le niveau de cette mer de remords intérieur.

L'équivalent d'une accalmie se produisit lorsque son interlocutrice évoqua une comparaison. Les joues du serveur rosirent légèrement, comme à chaque fois qu'il pensait à l'élue de son coeur. "Ce serait horrible. Surtout que son employeur est son père et..." Despereaux s'interrompit brusquement et le rouge de ces joues augmenta d'un cran. "Enfin... je... je... je voulais dire que je comprends." Bégaya-t-il, un brin de panique dans la voix, en s'efforçant de ne pas regarder en direction de PetitPois occupé au service de salle.

Lorsque Junie fronça les sourcils en direction de la porte des cuisines, Despereaux avait, par pur réflexe, bougé d'un pas pour se mettre entre la fameuse porte et la cliente. Avec ce geste, il ne savait pas qui il protégeait exactement : protégeait-il le cuisinier des commentaires de la cliente ou sauvait-il la vie de Junie face à un cuistot n'appréciant aucune remarque sur ses méthodes ? En tout cas, la culpabilité de la souris augmenta alors qu'on accusait le cuisinier pour son erreur à lui. Il ouvrit la bouche pour s'excuser mais Junie poursuivit son discours.

Finalement, le silence tomba après une demande d'exil du responsable. Despereaux avala sa salive avec difficulté puisque, le responsable, c'était lui. Il se demanda si la fameuse règle du client est roi s'appliquait aussi à de telles suggestions. Puis, la culpabilité qui le rongeait devint trop forte et il n'y avait plus l'argumentation de Junie pour la brider dans le silence. Tel un barrage qui céda sous la pression, Despereaux prit la parole à son tour.

"Ce n'est pas le cuisinier le responsable, c'est moi. C'est moi qui aie choisi le vin." Commença-t-il lentement avant d'enchaîner à toute vitesse comme si sa vie en dépendait. "Il y avait deux noms sur la liste des courses et je ne savais pas lequel était destiné à quoi. J'ai pensé que le meilleur était forcément destiné à la soupe. Parce que, vous savez, c'est très important la soupe ici et je me disais que le client méritait le meilleur. Je voulais vraiment bien faire, je vous le jure. Mais à cause de moi, votre repas a été gâché. Je suis vraiment vraiment terriblement désolé pour çà."

Désolé, on n'en doutait pas un instant en voyant une expression et le fait qu'il chipotait au bout de son tablier avec ces mains crispées. Le tableau ressemblait plutôt aux aveux d'une personne ayant assassiné par accident la personnalité la plus aimée de fort fort Lointain et non les aveux d'un serveur ayant confondu deux bouteilles de vin. Les deux situations paraissaient curieusement semblables aux yeux de Despereaux.

"Alors si me faire pendre ou si la demande d'exil est toujours d'actualité et si çà peut vous aider à rattraper un peu votre journée..." Il laissa la fin de sa phrase en suspens mais le ton employé sous-entendait très fortement qu'il ne ferait rien pour empêcher Junie de proposer une punition à la mesure de la faute qu'il avait commise.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

FORT FORT LOINTAIN

Contenu sponsorisé






Revenir en haut Aller en bas

Plat du jour et crise de nerfs • Despereaux

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1




Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
⊱ il était une fin :: La Louche Dorée-