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FORT FORT LOINTAIN A FERME SES PORTES.

Allez viens, viens on s'en va ~ Despereaux


FORT FORT LOINTAIN

BICHON DE COMPETITION

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⊱ pseudonyme : Jet
⊱ tête mise à prix : Alexandra Breckenridge
⊱ crédits : Songbird, Tumblr
⊱ arrivé(e) le : 25/02/2015
⊱ manuscrits : 119

⊱ tes licornes : le serpent et le blond au sang-chaud
⊱ schillings : 104

⊱ ton conte : Lambda
⊱ ta race : Bête Parlante
⊱ métier : Sans emploi
⊱ tes armes : Un charme certain, avouons-le. Et une dague.
⊱ allégeance : Rien à faire, laissez moi tranquille





Dim 18 Oct - 15:26



Despereaux & Suzy
On dira qu'on est pas loin, qu'on est même juste là


Encore une dure journée qui s'achève pour moi. Je traîne les pieds, fatiguée du travail que j'ai fait aujourd'hui : depuis que je ne travaille plus au château, j'enchaîne les petits boulots ingrats qui ne sont, et c'est évident pour tout le monde, pas du tout fait pour moi. Ils ne sont tellement pas fait pour moi que je n'arrive pas à en garder un plus d'une semaine. Et, soyons francs, ce n'est pas comme si l'envie de les garder était mirobolante. Mes talons claquent sur les pavés de Roméo Drive à chacun de mes pas lourds. Ils sont usés, parce qu'ils ont beaucoup de vécu derrière eux et que je ne prends même plus la peine d'y faire attention. Ce qui ne me ressemble pas du tout... Il y a quelques mois, je me serais très certainement flagellée pour les traiter de la sorte, moi qui d'habitude arrive à préserver mes habits, que dis-je, mes bébés ! dans un état tel qu'ils paraissent encore neufs même des mois après leur achat... Sauf qu'il y a quelques mois, j'avais encore une situation, un travail qui payé et qui surtout, me permettait de faire mon trafic à la Griffe Marine. Maintenant, la seule chose que je peux revendre à prix fort, et qui m'a permit de ne pas mourir de faim jusqu'ici, c'est les potions que j'ai piqué à la Fabrique avant qu'elle n'explose. Sauf que je n'ai plus de potions à revendre. La dernière fiole est partie aujourd'hui, et elle me permettra de vivre tranquillement jusqu'à la fin du mois. Je suppose que maintenant, la seule solution qu'il me reste c'est d'utiliser le filtre d'amour que je conservais en cas d'extrême urgence et de me marier avec un abruti fortuné. Pas le plan que je préférais, ni la vie que je m'étais imaginée à la capitale, mais est-ce que j'ai le choix ?

De cette pensée en découle une autre, un brin de folie : puisque mes problèmes d'argent sont sur le point de se résoudre, disons demain vu que j'ai déjà un ou deux aristocrates en tête, pourquoi faire attention ? Je peux bien m'offrir tout ce dont je me suis privée jusqu'à maintenant, non ? Et puis, je le mérite : quiconque qui vient de passer sa journée à servir des demeurés dans un fast-food minable devrait pouvoir être récompensé avec du Versacherry. Oui. Voilà ce que je vais faire. Je vais me faire une virée shopping comme on en a jamais vu et me refaire une garde-robe qui ferait tomber n'importe quel héritier fortuné. Mais d'abord, je vais m'offrir u bon repas. Un vrai repas. Pas un de ces repas louches constitué principalement de sueur qu'ils servent dans tous les bars de Ragtown et que j'ai été obligé de me farcir tout ce temps.

Avec un énorme regain de motivation, je me dirige vers le premier restaurant qui s'offre à moi, autrement dit, Dor. Enfin, il me semble que c'est Dor... On peut lire La Louche Dorée, si on fait bien attention, mais l'effet de dorure accentué sur ces trois lettres est volontaire, non ? Ah, qu'importe, je ne suis plus à ça près. Je pousse la porte et me retrouve dans une salle ma foi tout à fait charmante, et vais m'asseoir  une table vacante. Attendant que quelqu'un vienne s'occuper de moi, je ressasse sans cesse mon plan qui, selon moi, est implacable : j'ai assez de philtre d'amour pour envoûter mon futur mari assez longtemps pour qu'il m'épouse, et avec un peu de chance, il voudra encore de moi sans son influence. Ou je pourrais le piéger avec un gosse ? Ou peut-être qu'il me jettera, tout simplement, et que je pourrais partir avec la moitié de sa fortune....

Je glisse ma main dans ma poche et attrape une fiole remplie d'un liquide rose. L'arme du crime. Mon regard se perd pendant un moment dans l'eau rosée et, chose qui ne m'arrive pas souvent, j'ai envie de pleurer. Qu'est-ce qui t'arrive, Suzy ? Depuis quand épouser quelqu'un par intérêt fait partie de tes plans ? Je suis prête à beaucoup de chose, mais pas à ça... Personne ne devrait avoir à faire ça... Mais quelle autre solution est-ce que j'ai, hein ? Je n'ai pas de travail qui me plaise, mon rêve de devenir actrice est pire qu'au point mort, et je n'ai même pas d'endroit que je peux appeler un chez moi... Je crois que je n'ai jamais été autant malheureuse depuis la perte de Fiona. Si seulement elle pouvait être là... Si seulement elle pouvait revenir, si les rumeurs étaient vraies... Mais est-ce qu'elle me reconnaîtrait ? Est-ce qu'elle voudrait encore de moi ? Je ne m'étais jamais posé la question, et maintenant que c'est fait, je ne veux pas en connaître la réponse. Tout ce que je veux, c'est m'enfuir d'ici, tout recommencer, tout oublié.

Mais où aller ?

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⊱ pseudonyme : moumoune
⊱ tête mise à prix : Simon Pegg
⊱ arrivé(e) le : 28/09/2015
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⊱ ton conte : La légende de Despereaux
⊱ ta race : Bête parlante (souris)
⊱ métier : Serveur au restautant La Louche Dorée
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Mer 21 Oct - 19:08



Despereaux & Suzy
On dira qu'on est pas loin, qu'on est même juste là


Despereaux s'était lâchement réfugié dans le placard à balais. Qui aurait cru qu'un jour, on aurait pu mettre 'lâche' et 'Despereaux' dans la même phrase ? Certainement pas le principal concerné par cette histoire. Pourtant, même lui devait se rendre à l'évidence, depuis que Shrek et Fiona avaient disparu, les choses avaient changé. Il était humain, il avait un travail et une famille à charge. Il avait découvert que ce qu'il prenait pour le royaume de Dor n'était qu'un restaurant dont la dorure de l'enseigne avait connu des jours meilleurs excepté sur ces trois lettres.

En un rien de temps, l'ancienne souris s'était retrouvée engluée dans le quotidien. Travailler dans un restaurant n'était pas toujours une partie de plaisir. Certains jours, il se sentait encore comme le héros qui avait sauvé la louche Dorée en remettant sa spécialité au menu. Puis, il y avait les jours où il se retrouvait dans le placard à balais pour souffler un peu. Juste le temps de sortir sa brochure usée de l'académie de Worcestershire pour en relire le texte (qu'il connaissait par coeur à force) grâce à la faible lumière qui filtrait à travers le trou de la serrure.

Cette histoire se finissait toujours de la même manière et aujourd'hui ne fut pas une exception. La porte s'ouvrit brusquement. Despereaux plissa les yeux devant cette lumière envahissante mais en partie masqué par la silhouette du cuisinier. On lui signala qu'il y avait une soupe à servir en table 4. Face au froncement de sourcils du cuisinier, Despereaux ne pouvait s'empêcher d'essayer de se justifier, comme si on venait de le surprendre en train de commettre un acte douteux ou irréparable.

"Oui... C'est que... Je..." Commença-t-il en lançant des regards désespérer au contenu de l'armoire tout en rangeant fébrilement la brochure ventant les mérites de l'île de Graaoul dans sa poche. Au bout du deuxième essai, il réussit à se saisir du manche de la serpillière. "Je... Je me disais qu'il faudrait donner un coup de serpillière dans la cuisine."

Un mensonge qui aurait pu être crédible s'il était sorti d'une autre bouche que celle du plus mauvais menteur de tout fort fort Lointain. Les deux cuisiniers de la louche Dorée se disputaient sans cesse sur leur conception très différente de la soupe (qui aurait pu croire qu'une telle chose soit sujette à un débat aussi virulent que quotidien ?). La cuisine prenait souvent des airs de terrain de bataille et un coup de serpillière n'était jamais de trop lorsqu'on risquait de glisser sur des morceaux de légumes (qui servait de munitions lorsque le temps de l'argumentation était révolu). Pourtant, avec son sourire crispé, Despereaux suintait la culpabilité. Il éprouvait une gêne qui augmenta alors qu'il recevait un regard soupçonneux un peu trop appuyé de la part de son interlocuteur.

"Tu passeras la serpillière plus tard, des clients attendent."

Le verdict était tombé et Despereaux poussa un soupir de soulagement. Il trébucha sur le manche de serpillière qu'il avait lâcher mais arriva tant bien que mal à sortir du placard sans s'étaler sur le sol. PetitPois l'avait devancé pour le service de la table 4. L'ancienne souris lui adressa un sourire d'excuse avant d'aller en salle pour voir qui avait besoin de lui. Despereaux se frappa les joues pour s'enlever les dernières brides de rêverie de son esprit et se dirigea vers une cliente qui n'avait pas encore passé sa commande.

"Bonjour. Bienvenu à la louche Dorée est-ce que..." Il avait commencé sa phrase sur un ton enthousiaste mais se stoppa net en voyant 'les signes'.

Si on pouvait lui trouver une qualité, c'était celle d'être attentif aux autres. Et la personne en face de lui avait tous les signes d'une envie de pleurer. Ce genre de constat aboutissait toujours sur une soupe offerte par la maison car Despereaux pensait sincèrement qu'une bonne soupe pouvait chasser toutes les tristesses mais pour l'instant, une autre priorité s'imposa.

"Attendez... je..." Cafouilla-t-il en cherchant dans sa poche. Il en sortit un mouchoir. "Tenez." Dit-il avec un sourire réconfortant.

Ce que l'ancienne souris n'avait pas vu c'est qu'en sortant le mouchoir de sa poche, sa précieuse brochure de l'académie de Worcestershire avait suivi le mouvement et traînait désormais sur la table.
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Lun 26 Oct - 16:04



Despereaux & Suzy
On dira qu'on est pas loin, qu'on est même juste là


Je suis toujours en pleine remise en question sur un futur que je ne vois aboutir nul part ailleurs que dans les bras d'un vieux pervers riche ou en guêtre dans les ruelles sombres de Ragtown à mendier pour m'acheter une paire d'escarpins -et autant dire que je ne pourrais jamais supporter la seconde option plus de trois secondes, les haillons c'est pas pour moi- lorsque cette même crise existentielle est interrompue par l'un des serveurs du restaurant. Ma répartie que je peux sans rougir qualifiée de célèbre n'aurait fait qu'une bouchée du pauvre homme, lui disant d'aller embêter quelqu'un d'autre avec ses soupes et de ne pas interrompre une jeune femme de 20 ans pendant qu'elle est occupée à penser à des choses qui dépassent sont petit entendement, si la situation avait été différente. Aujourd'hui, je n'ai même plus la force de lancer des remarques acerbes à qui que ce soit, ce qui en dit d'ailleurs long sur mon état actuel, c'est-à-dire au fond d'un seau enterré en bas d'un ravin.

De ce fait, je me contente juste de regarder l'homme bêtement, la vue brouillée par des larmes que je peine à retenir, quand il a l'extrême délicatesse de m'offrir un mouchoir. C'est dans ces moments là, ou plutôt c'est à cet instant même puisque je n'ai jamais laissé quelqu'un me parler plus de trois secondes avant de l'envoyer bouler, que je réalise que le monde n'est pas fait uniquement de fées tyranniques et de brutes sans merci, et que repousser chaque personne qui s'approche de moi aussi froidement à un prix très élevé : la solitude et les opportunités de rencontrer quelqu'un de bien ratées. Cette épiphanie est balayée par mes larmes qui ont finalement eu raison de ma volonté et qui coulent désormais sans relâche le long de mes joues.

Je m'empare du mouchoir en bredouillant un "Merci" inaudible, encore trop fière de ma personne pour admettre que j'avais bien besoin de l'aide apportée par le serveur. J'attends quelques secondes, le temps de me calmer et de sécher mes larmes, et lorsque je sors la tête du mouchoir, mon regard tombe sur une brochure usée de l'Académie de Worcestershire qui trône au milieu de ma table. Seconde épiphanie de la soirée. L'Académie. Le seul endroit de ma vie où j'ai été vraiment heureuse et que j'ai quitté pour revenir à Fort Fort Lointain, persuadée que j'étais de réussir ma vie après le désastre du Bal de Snowël. Sans que je puisse me l'expliquer, ce bout de papier devient un regain d'espoir, mon seul espoir, en fait, et l'homme a qui il appartient avec.

Je me tourne pour regarder mon interlocuteur, lui payant attention pour la première fois : c'est un homme que je n'avais jamais vu auparavant, d'une quarantaine d'année, et qui n'a pour moi aucun signe distinctif, rien qui le fasse sortir du lot des gens de classe moyenne qui vivent et survivent dans cette ville, si ce n'est peut-être sa délicatesse et sa gentillesse apparente. Et pourtant, c'est cet homme quelconque qui représente le centre de ma vie désormais. Il ne le sait peut-être pas, et pour lui ce n'est peut-être qu'un bout de papier, mais lui et sa brochure viennent de me donner la solution à mon problème.

Je n'ai pas encore d'idée bien précise de ce que je vais faire, et c'est probablement ce manque de plan qui me pousse à commettre cette folie qui est d'inclure cet étranger à mon futur.

"Vous êtes de l'Académie ? De l'Île de Graoul, je veux dire ?" Ma voix n'est pas encore remise de mes émotions et elle tremble sur chaque mot, mais je ne m'en soucis pas. "Je me demandais si par hasard vous pourriez m'y mener, je pense que j'aurais bien besoin de changer d'air, et vous m'avez l'air de quelqu'un de si gentil que votre compagnie me ferait le plus grand bien..." Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Pourquoi est-ce que je me mets à parler comme ça ? Je ne le connais pas. C'est juste un homme qui fait son travail et qui est assez soucieux de ses clients pour leur donner des mouchoirs en cas de besoin, pas un sauveur de la veuve et de l'orphelin qui partirait avec une inconnue sur une île lointaine parce qu'elle ne va pas bien !

Et pourtant, si me rendre sur l'Île de Graoul me semble être la clé de mon histoire, l'idée de partir seule une nouvelle fois me semble insurmontable et la compagnie de cet homme est pour moi la seule chose qui pourrait faire pencher la balance...

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⊱ pseudonyme : moumoune
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Ven 6 Nov - 8:46



Despereaux & Suzy
On dira qu'on est pas loin, qu'on est même juste là


Despereaux était pris au dépourvu. Son expérience avec la gent féminine se limitait aux personnages de l'émission "amour, Gloire et royauté" et à PetitPois. Il avait tendu spontanément le mouchoir à la clientèle dans l'espoir d'arranger les choses. Au lieu de cela, il fit face à un torrent de larmes et à un merci qu'il n'aurait pu entendre sans une ouïe assez fine qu'il possédait. L'ancienne souris essaya de maintenir un sourire réconfortant mais ne savait pas ce qu'il pouvait faire d'autre malgré son envie d'arranger l'humeur de la demoiselle. Oserait-il lancer un coup d'oeil désespéré en direction de PetitPois ? Peut-être qu'une discussion entre filles aurait plus d'effet que son mouchoir ? Non, un chevalier devait se débrouiller seul. De quoi aurait-il l'air s'il confiait la moindre situation délicate à sa collègue, sans même essayer ?

Avec cette crainte de ne pas être à la hauteur de la situation et sa recherche désespérer d'une solution, Despereaux ne remarqua que trop tard qu'il avait fait tomber sa précieuse brochure de l'Académie de Worcestershire en plein milieu de la table, impossible de le rater. Le regard de l'ancienne souris passa de la cliente vers la brochure usée avec un air aussi coupable que s'il s'agissait d'un objet volé venant tombant négligement de la poche d'un voleur. Il tenta un geste en direction du bout de papier (dont il connaissait le texte par coeur à force de l'avoir lu) dans l'espoir fou que, peut-être, la demoiselle ne l'avait pas remarqué.

Le serveur stoppa sa tentative alors que le regard de la cliente se portait sur lui, semblant le détailler. Il s'attendait à une question, une remarque amusée ou à une moquerie. Rien de positif. Ce n'était pas pour rien qu'il cachait cette brochure comme s'il s'agissait d'un horrible secret. Despereaux était réaliste sur ses chances de devenir un chevalier. Même s'il était humain, à présent, il restait une souris au fond de lui. Quelle chance avait-il ?

Avec une opinion aussi basse de lui-même, la surprise fut de mise lorsque son interlocutrice lui demande s'il était de l'Académie. Puis un sourire à la fois naïf et rêveur apparut sur son visage. En plus, la demoiselle continua en lui demandant de l'emmener sur l'île de Graoul et en vantant les bienfaits que lui procurait sa compagnie. Bon d'accord, ce n'était pas ainsi qu'elle l'avait formulé. Cependant, à travers les oreilles de l'ancienne souris, cela sonnait presque pareil.

Une pointe de culpabilité pointa le bout de son nez. La cliente lui parlait certainement ainsi parce qu'elle pensait qu'il était de l'Académie... Ou parce qu'elle avait l'air désespérée... Ou peut-être les deux. Il se voyait mal jouer la comédie en essayant de se prendre pour ce qu'il n'était pas, juste par peur de briser les espoirs d'une personne visiblement déjà au bout du rouleau.

*Courage, Despereaux, tu peux dire la vérité.* S'encouragea-t-il intérieurement avant de se jeter finalement à l'eau.

"Non... enfin... C'est que..." Commença-t-il en se massant nerveusement la nuque, la mine aussi soucieuse que son ton était hésitant. Puis le sourire rêveur et une lueur d'espoir dans le regard réapparurent le temps de formuler la question : "On aurait vraiment dit que je venais de... ?" Il s'interrompit comme s'il n'était pas certain de vouloir connaître la réponse à cette question. Une petite part de lui était fière qu'on ait pu croire, même pendant une seconde, qu'il avait pu provenir de cette île fantastique. "En fait, je rêve d'y aller, c'est pour cela que j'ai la brochure." Arriva-t-il finalement à dire sans trop bégayer. "Enfin... rêvait... plutôt... c'est compliqué." Avoua-t-il sans arriver à s'en empêcher.

Droit comme un i, chipotant nerveusement avec ses mains, le sourire devenant nerveux, Despereaux donnait l'impression d'être un élève interrogé par un précepteur particulièrement sévère et qui redoutait d'entendre le verdict de ce dernier.

"Vous... Vous voulez un autre mouchoir ?" Proposa-t-il dans une ultime tentative de se montrer constructif.
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Jeu 12 Nov - 1:23



Despereaux & Suzy
On dira qu'on est pas loin, qu'on est même juste là


La Louche Dorée, bien que pleine de clients, est silencieuse. Tout ce qui s'y trouve est parfaitement immobile. Enfin, c'est l'impression que j'en ai, car pour moi, la seule chose que mon cerveau accepte de prendre en compte, c'est ce serveur qui se tient devant moi. Selon ce qu'il s'apprête à me dire, s'il se décide à me dire quelque chose, ma vie va prendre un tournant que même mes plans les plus fous n'avait pas envisagé. Et, au fond de moi, je sais qu'il va accepter. Parce qu'il doit accepter, tout simplement. Je ne pourrai pas survivre à un refus, ou plutôt, je refuse de voir mes rêves se briser encore une fois. Et je ne vois pas pourquoi il dirait non, de toute façon. Je sais que je ne suis pas au milieu de ma forme, mais tout de même ! Un voyage avec pour seule compagnie une femme comme moi, pour un homme comme lui, ça ne se refuse pas. Oui, il va accepter.

Mais son accord tarde à arriver, et lorsqu'enfin il reprend la parole, c'est pour bredouiller des bouts de phrases dont je n'arrive pas à saisir le sens, et qui sont loin d'être la réponse que j'attends. Je sens une pointe d'agacement s’immiscer dans la vague d'espoir qui me submerge depuis que j'ai vu la brochure de l'Académie, pourtant je ne laisse rien paraître et parvient même, chose rare pour moi, à lui trouver des excuses : c'est vrai que ce pauvre homme n'a rien demandé à personne, et qu'il ne s'attendait surement en venant travailler ce soir à être invité par une parfaite inconnue en pleurs à un voyage long et fastidieux sur une île perdue dans l'océan. J'arrive même, pour être plus engageante certainement et rassurer le serveur, à sourire timidement.

Mais ce sourire de façade ne dure pas longtemps quand je comprends que mon héros du soir n'est absolument pas originaire de l'île et qu'en plus il n'a pas vraiment l'air emballé par ma proposition, changeant de sujet de manière absolument pas discrète en m'offrant un mouchoir que j'ignore.

Bon, puisqu'il n'a pas l'air de vouloir se joindre à moi de bon coeur, il ne me reste plus qu'à faire ce que font toutes les femmes qui attendent quelque chose de quelqu'un : jouer de mes charmes et appuyer sur les cordes sensible du monsieur. "Oh, vous rêvez d'aller sur l'Île ? Mais ça tombe très bien, dîtes m'en plus, je suis sûre que nous partageons tous deux les mêmes passions quant à cet endroit !" Sans attendre de réponse, je me penche en avant vers lui, tendant la main pour serrer la sienne, et en mettant subtilement en évidence le décolleté de ma robe qui, faute d'être neuve et resplendissante, à l'avantage de mettre en valeur mes meilleurs atouts. "Je m'appelle Suzy, d'ailleurs, ravie de faire votre connaissance. Et aurais-je l'audace de demander le nom de celui qui m'est d'un grand secours ce soir alors que je ne suis pas au mieux de ma forme ?"

J'attends sa réponse avec un sourire plutôt niais et glousse lorsqu'il me donne son nom, alors qu'il n'y a strictement aucune raison de glousser. Bizarrement, c'est un trait de séduction qui a toujours l'air de faire son petit effet, alors que je ne vois pas ce qu'il y a d'attrayant... Je m'appuie sur le dossier de ma chaise, maintenant mon sourire niais, et croise mes jambes élancées dans un effort de sensualité que j'ai rarement déployé pour quelqu'un qui ne m'intéresse pas sur le plan charnel. D'habitude, un simple sourire et des battements de cils font l'affaire, mais je veux être sûre d'avoir toutes les chances de mon côté, alors je mets le paquet. "Vous savez, le voyage ne vous coûterait presque rien ! J'ai des relations qui pourraient nous faire des prix très avantageux et puis comme vous avez été si gentil avec moi, je compte bien vous offrir tout ce que je peux me permettre, ça me fait plaisir !" Enfin, ça ne va pas plaire ni à mon porte monnaie, ni à ma garde robe. Je suppose que ma virée shopping devra attendre encore un peu, mais qu'à cela ne tienne !

Mes petits tours de passe passe sont finis et je n'attends plus que le "Oui" triomphant qu'il ne va sans nul doute pas tarder à prononcer. Après tout, j'ai usé de toutes les choses qui peuvent faire tourner la tête d'un homme : la séduction, l'exotisme d'un voyage, et la gratuité de ce dernier.

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Dim 15 Nov - 23:26



Despereaux & Suzy
On dira qu'on est pas loin, qu'on est même juste là


Despereaux ne savait plus quoi faire. Il était rempli de bonnes intentions, mais son empressement d'aider dépassait rarement la proposition d'un repas offert par la maison ou l'offre d'écouter les malheurs de son interlocuteur. Ensuite, il entrait en terre inconnue. Le cas présent en était le parfait exemple. Il voulait sincèrement aider sa cliente à aller mieux, mais, sa motivation prit un coup dans l'aile lorsque la question 'comment faire' se posa. Surtout lorsque la demoiselle crut qu'il venait de la fantastique île de Graaoul. Le serveur afficha une mine chagrinée lorsque le sourire de son interlocutrice disparut devant son aveu de ne pas être originaire de là-bas. Il détestait décevoir. Cependant, il était aussi hors de question de mentir. Cela viendrait à l'encontre de tous les préceptes de chevalerie auxquels il croyait.

La charmante demoiselle ne se laissa pas abattre longtemps par cet aveu. Despereaux n'eut le temps de rien faire, ni exprimer son soulagement ni répondre avec enthousiasme sur son rêve d'aller sur l'île. Sa main fut saisie et la cliente se pencha en avant, offrant une vue imprenable sur ces... Sur son... En un instant, Despereaux devint rouge écarlate. Son esprit semblait figer tandis qu'il essaya de dévier son regard ou, du moins, faire que ce dernier se concentrer sur un autre point de l'anatomie de Suzy.

"Despereaux. Despereaux Tilling. Enchanté mada... Mademoiselle." Arriva-t-il a articulé, toujours le rouge aux joues, tout en essayant de se concentrer sur les yeux de Suzy plutôt que... Plus bas.

Le protocole chevaleresque aurait sans doute exigé de conclure les présentations par un baisemain ou une révérence mais cela voudrait se pencher et donc de s'approcher de... Enfin... Bref... c'était donc une mauvaise idée. Suzy gloussa, ce qui augmenta la timidité de Despereaux. Personne n'avait jamais gloussé pour lui ! Bon, il fallait dire que sa seule expérience auprès de la gent féminine était sa collègue PetitPois et son baiser sur son museau lorsqu'il était encore une souris. Cela datait d'il y a un an. Autant dire qu'il y avait l'inscription "proie facile" marquée en grand sur son front.

Despereaux avait l'impression que son visage (et surtout ces joues étaient en feu). Cela ne semblait pas vouloir s'arranger puisque la demoiselle croisa ces jambes en s'appuyant sur le dossier de la chaise. L'ancienne souris se força à afficher un sourire timide, sinon il risquait de garder une expression digne d'un poisson hors de l'eau. Pourtant, impossible de ne pas ouvrir des yeux ronds lorsque Suzy parla de prix avantageux. Le coût d'un tel voyage était une des nombreuses raisons qui le poussait à remettre éternellement à plus tard la réalisation de son rêve.

"C'est vrai ?" Demanda-t-il naïvement avec un sourire béat aux lèvres.

Il se surprit à imaginer son rêve devenir réalité. Lui ? Sur l'ïle ? Voir l'Académie où les plus grands avaient étudié ? D'un coup, le poids des responsabilités s'imposant et il s'installa sur une chaise en face de Suzy. On aurait dit que tout le malheur qui avait accablé la demoiselle quelques instants plus tôt venait d'être transféré sur les épaules de l'ancienne souris.

"C'est très gentil de votre part. Vraiment. C'est même plus que gentil !" Commença-t-il avec sincérité. Un mais menaçait de franchir ces lèvres, Despereaux se mordit la lèvre pour le retenir. Il mourrait certainement de honte ou de remords si jamais il devait décevoir encore la demoiselle. "Mais... je ne peux pas abandonner mon travail comme çà !" Protesta-t-il avec la mauvaise grâce de celui qui voulait dire 'oui' mais se retrouvait obligé de dire le contraire. "Et puis..." Il joua nerveusement avec la chevalière contenant le charnel n°5. Après un regard coupable à droite puis à gauche, il se pencha pour chuchoter. "Tous les autres se sont fait prendre à cause de l'imposition du Charnel n°5. Il ne reste plus que ma famille, je ne peux pas les laisser sans surveillance."

Despereaux craignait d'apprendre à son retour que ses parents et son grand frère ont été emmené par les chevaliers-flics. Il devait sans cesse les surveiller pour les empêcher d'enlever leur charnel. Qu'adviendraient-ils sans lui ? L'ancienne souris était soulagé d'avoir partagé son fardeau. Toutefois, il restait toujours aussi motivé à apporter son aide. Il se redressa sur sa chaise avant d'ajouter : "Je suis sûr qu'on peut résoudre vos problèmes, sans partir aussi loin. Demandez-moi ce que vous voulez !" Affirma-t-il avec conviction.

L'ancienne souris se montra extrêmement naïve, il ignorait que ce genre de parole pouvait être très dangereux lorsqu'on les disait à n'importe qui.
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⊱ tête mise à prix : Alexandra Breckenridge
⊱ crédits : Songbird, Tumblr
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⊱ tes licornes : le serpent et le blond au sang-chaud
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⊱ ton conte : Lambda
⊱ ta race : Bête Parlante
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⊱ tes armes : Un charme certain, avouons-le. Et une dague.
⊱ allégeance : Rien à faire, laissez moi tranquille





Ven 27 Nov - 15:00



Despereaux & Suzy
On dira qu'on est pas loin, qu'on est même juste là


Quelques secondes interminables s'écoulent dans une ambiance autant pesante qu'embarrassante, pendant lesquels le bruit des couverts contre les assiettes, des conversations des gens, des employés qui s'affèrent en cuisines et d'un homme apparemment ivre que les serveurs s'efforcent de faire partir résonnent dans mes oreilles, inondant mon cerveau qui est comme paralysé. Mon sourire niais est toujours figé sur mon visage, et ma posture sensuelle est maintenue, mais uniquement parce que je suis trop sonnée pour faire quoi que ce soit. Je viens d'essuyer un refus. J'ai déployé absolument toutes mes cartes sans la moindre hésitation devant le serveur maintenant assis devant moi, tout ça pour rien. L'homme que je pensais sortir d'une vie de misère le temps d'un voyage, et pas n'importe quel voyage si on en croit sa réaction émue et presque touchante lorsque je l'ai confondu avec un originaire de l'île, il s'agit du voyage de ses rêves, de sa vie probablement, persiste dans son envie de rester cloîtrer dans cette citée toxique plutôt que d'accompagner une femme telle que moi pour une occasion qui ne se reproduira certainement jamais.

Je secoue rapidement la tête, ayant soudain retrouvée mes esprits et ma faculté de réfléchir comme autre chose que la dinde naïve et gloussante qui, je le pensais en tout cas, était supposée le séduire en deux temps trois mouvements. D'un geste un peu trop vif, je me penche sur la table vers lui, croisant les bras sous ma poitrine, les mains agrippant fermement mes avants bras pour contenir une impatience qui pourrait rapidement se transformer en une colère furieuse qu'il me serait difficile de contrôler. Mon regard se plonge dans le sien mais je reste silencieuse pendant encore un moment, les lèvres pincées si fort qu'elles ont dû pâlir à cause du manque de sang. Je réfléchis à comment rectifier le tir, à comment convaincre ce serveur borné que sa vie sera amplement meilleure s'il abandonne son travail ridicule et me suis dans l'aventure de sa vie.

Le plus gros problème à l'air d'être sa famille. Parce que, comme j'ai toujours eu beaucoup de chance, il a fallu que je tombe sur quelqu'un qui prend soin des siens, et pas sur l'habituel désespéré de l'amour qui lâcherait travail, maison et amis dans l'espoir de séduire la demoiselle en détresse. Mais chaque problème a sa solution, et la solution à tous les problèmes, c'est l'argent. "Oh, bien entendu, il ne faut surtout pas que vos proches pâtissent de ce voyage et entre nous, je comprends tout à fait votre inquiétude : avec cette fée comme Régente on ne peut plus rien faire, c'est de la tyrannie. Tous ces pauvres gens qui souffrent injustement, quel malheur !" Ma voix délicate est revenue, aucune trace ni de colère ni d'impatience, et même un léger tremblement qui suggère des sanglots retenus, comme si j'en avais quelque chose à faire de ce qui peut arriver à sa belle soeur ! Enfin, il faut ce qu'il faut. "Mais ne pensait vous pas qu'avec une avance, les votre pourraient se débrouiller le temps du voyage ? Je ne compte pas rester là-bas longtemps vous savez, juste le temps pour moi de me ressourcer, et pour vous de découvrir l'objet de vos rêves, je vous assure que ça en vaut la peine ! Et puis je suis certaine que tout se passera bien pour votre famille, non ?"

Je ne vois pas ce que je peux faire de plus désormais. Qu'est-ce qui est assez puissant pour éloigner un d'une famille dans le besoin ? Je m’affaisse légèrement sur la table, mes yeux posés sur mon interlocuteur sans le voir. Il faudrait que je puisse lui jeter un sort, si ça ne marche pas. Ou qu'il ait un excès de folie, ou qu'il soit a... Mais oui, il faudrait qu'il soit amoureux de moi. Fou amoureux, même. La pression entre mes bras et mes seins vient de me donner la clé de la solution. Une clé qui a la forme d'une petite fiole avec un liquide rosé à l'intérieur. Une potion nommée filtre d'amour, pour l'instant à l'abri des regards pressée contre mon bras gauche, mais que je n'hésiterais pas à utiliser si le besoin s'en fait sentir.

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⊱ ton conte : La légende de Despereaux
⊱ ta race : Bête parlante (souris)
⊱ métier : Serveur au restautant La Louche Dorée
⊱ tes armes : une louche, çà compte ?
⊱ allégeance : Tant que personne n'est capable de déloger cette fée, pas le choix





Dim 29 Nov - 23:23



Despereaux & Suzy
On dira qu'on est pas loin, qu'on est même juste là


Il existe des moments dans la vie où, après coup, on se demande : mais pourquoi ai-je dit cela ? Pourquoi ai-je agi ainsi ? Despereaux était en train de vivre un de ces moments. Une mystérieuse inconnue se présentait devant lui en proposant un voyage vers l'île de ces rêves, tout frais payé, quasiment, et il avait dit NON ?! Il vivait une occasion en or, la chance sur un million que tout le monde prie d'avoir et... il... avait... dit... NON ?!!! Il n'en revenait tout simplement pas lui-même et, mentalement, il devait être dans le même état que Suzy.

Un silence pesant s'installa. Le serveur était convaincu d'avoir détruit la moindre chance qu'il avait de venir en aide à son interlocutrice puisqu'il venait quasiment d'avouer n'être humain que grâce au Charnel n°5 imposés par la nouvelle dirigeante de fort fort Lointain. Qui voudrait confier ces malheurs à une souris ? Personne. Toutes les autres bêtes parlantes qui avaient côtoyés le restaurant étaient avant des chats, des chiens, des loups, des renards, des oiseaux. Bref, des noms qui n'évoquaient pas une créature minuscule connue pour se réfugier dans un trou au moindre bruit et pour une passion dévorante pour le fromage. Au fond de lui, Despereaux savait être bien plus que ce portrait caricatural de son espèce. Sauf qu'il ne pouvait nier la vérité : quelle chance avait une souris d'être nommé chevalier comme il en rêvait ? Aucune.

Car oui, malgré sa résolution de protéger sa famille, le poids des responsabilités qui le poussait à ne pas abandonner le restaurant où il travaillait, l'ancienne souris mourrait d'envie de dire oui, de partir sur un coup de tête. Et pourtant... il ne pouvait pas. Ce serait égoïste et Despereaux n'était pas égoïste. Cela allait à l'encontre des principes qu'il avait découverts en regardant son premier épisode de Flic-Story.

En désespoir de cause, il avait proposé à Suzy de lui demander n'importe quoi à la place car sa volonté restait intacte malgré son précédent refus. Despereaux sursauta devant la réaction de son interlocutrice qui se pencha vivement vers lui. Il s'attendait à de la déception. L'idée de décevoir était déjà suffisamment horrible pour sa conscience. Cependant, Suzy avait plutôt l'air prête à exploser ou à s'avancer encore sur la table pour lui arracher les yeux. Le serveur se cala sur sa chaise de manière préventive puis se détendit quand le silence fut brisé.

Despereaux sourit nerveusement dans les déclarations de la tyrannie sous laquelle ils vivaient actuellement. Il eut du mal à se retenir de lancer un regard de côté, craignant de voir une troupe de chevalier-flic débarquer parce que Suzy avaient osé dire du mal de la fée souveraine. Si ce cas se produisait, il prendrait sa défense en disant que la demoiselle éprouvait un grand chagrin qui lui faisait perdre la tête. Comme le prouvaient les sanglots retenus dans la voix de celle-ci. La compassion du serveur revint au galop et son coeur se serra de se retrouver dans la position délicate de ne pouvoir l'aider.

L'ancienne souris poussa un soupir désespéré en se mordant la lèvre inférieure devant la proposition de Suzy. Non, ce n'était pas une question d'argent. C'était le fait que sa famille était incapable de se débrouiller tout seul. Que son père menaçait sans arrêt d'enlever son Charnel n°5, que son grand frère avait peur de son ombre. Mais comment l'expliquer ? Devait-il seulement l'expliquer ? Ce n'était pas de ces malheurs dont on parlait ! Il serait égoïste de tirer la couverture vers lui alors qu'il avait en face une demoiselle en détresse (émotionnellement parlant). On sentait tout son tiraillement intérieur dans son regard. Avec tout cela, il était devenu muet, lui qui était d'ordinaire bavard comme une pie !

"Et ce serait un voyage qui durerait combien de jours exactement ?" Demanda-t-il avec la lenteur de celui qui regrettait d'avoir prononcé chaque mot. L'indécision se marquait très clairement sur son visage alors qu'il poursuivit. "Peut-être que... si ce n'était qu'un ou deux jours..."

Le serveur s'interrompit. Qu'était-il sur le point de dire ? Peut-être que s'il s'agissait d'un ou deux jours, il pourrait accepter ? Despereaux se renfrogna. Non, c'était très mal ce qu'il faisait, il donnait un faux espoir à sa cliente. C'était monstrueux. L'ancienne souris osa détourner un court instant le regard pour chercher Petit Pois, sa collègue dont il était secrètement amoureux, comme si cette vision pouvait l'aider à prendre une décision. Que penserait-elle de lui si sa princesse de cœur apprenait qu'il avait accepté de voyager avec une parfaite inconnue ?

"Pardon." Bredouilla-t-il en se concentrant aussitôt Suzy. Cet écart n'avait duré qu'une fraction de seconde et pourtant il s'en excusait. Du Despereaux tout craché.
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Allez viens, viens on s'en va ~ Despereaux

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