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last hope [pv Barthélémy]


FORT FORT LOINTAIN





⊱ pseudonyme : Zabolac.
⊱ tête mise à prix : Santiago Cabrera
⊱ crédits : LAURA et Tumblr.
⊱ arrivé(e) le : 01/01/1970
⊱ tes licornes : David Leféroce.
⊱ schillings : 0

⊱ ta race : Humain, même s'il a toujours rêvé d'être un nuage.
⊱ allégeance : Qui ça ?





Sam 5 Sep - 17:26



Jeiran & Barthélémy
une petite citation trop mimi qui roxe

Jeiran n’avait pas le cœur à la fête ce soir. Debout au milieu des autres invités dans la salle de bal qui jouxtait le théâtre du palais, Jeiran aurait pour une fois presque fait pâle figure tant son absence de sourire était inhabituelle. Heureusement, il n’avait guère croisé de vieilles connaissances, et les autres invités étaient trop occupés à se servir sur les plateaux portés par des domestiques et échanger les dernières nouvelles pour remarquer l’inventeur perdu dans ses pensées. Le retour de Marraine avait provoqué l’effervescence dans la ville, et la reine n’avait pas perdu de temps à s’assurer de la fidélité de ses sujets les plus hauts placés en invitant les plus proches de la couronne à une représentation d’opéra. Jeiran avait hésité à y aller – puis finalement s’était laissé convaincre par un message de Charmant qui comptait sur sa présence. Mais il ne se sentait pas à l’aise pour autant. Les paroles d’Iseut lors de leur altercation résonnaient encore dans sa tête alors qu’il observait les autres convives, dubitatif. Etait-il vraiment un pourri ? Un autre de ces gens, corrompu par la couronne et le pouvoir, lui qui n’avait jamais voulu que rendre service aux uns et aux autres et mener ses travaux tranquillement ? Iseut avait-elle raison ? S’était-il à ce point fourvoyé sur toute la ligne ? Et dire que pendant ce temps, sa mère se faisait enlever à Afshin – à cette pensée une bouffée de colère lui souleva le cœur alors que sa mâchoire se contractait. La nouvelle lui était parvenue quelques semaines plus tôt, grâce à une amie de Kimia qui avait jugé bon de prévenir son fils aussitôt. Ni une ni deux, Jeiran avait été trouver le sultan… qui lui avait clairement fait comprendre qu’il ne pouvait rien pour la malheureuse, qui n’était que la victime d’un système qui les dépassait tous. L’altercation qui s’était ensuivie allait certainement rester dans les annales du palais. Jeiran était revenu à Fort Fort Lointain, et depuis, il n’avait rien d’autre en tête que l’image de sa mère, réduite en esclavage, probablement devenue gouvernante dans une famille quelconque. La traitait-on bien ? Etait-elle seulement encore en vie ? A chaque fois qu’il y pensait, la poitrine de Jeiran se serrait d’angoisse – et il se surprenait à prier pour qu’il ne lui soit rien arrivé de grave.

Il fut tiré de ses pensées par un domestique servile qui lui indiqua que la représentation allait commencer et qu’il pouvait aller prendre place. Jeiran hésita un instant puis hocha la tête et suivit la foule qui s’engouffrait dans le théâtre. On l’invita à prendre place au cinquième rang, à côté d’un gros homme dont a silhouette échouée sur son fauteuil lui rappelait le destin d’une malheureuse baleine sur une plage abandonnée. Sur les programmes qu’on leur avait distribués figurait le nom du compositeur et musicien principal, un certain Barthélémy Lacoulée. Tiens, encore le thème de l’eau ou de la mer. Une composition originale, encore jamais jouée à Fort Fort Lointain, leur promettait-on. Jeiran ne lut pas la suite, incapable de se concentrer sur le spectacle. Il n’avait qu’une envie, sortir d’ici, courir retrouver Iseut, se réconcilier avec elle, puis partir à Afshin retrouver sa mère. Qu’est-ce qu’il faisait encore là ? Iseut avait peut-être raison après tout. Lui qui se targuait tant de sa liberté, se retrouvait enchaîné à cette couronne dont il peinait encore à comprendre les rouages. Accoudé sur le rebord de son siège, Jeiran remarqua à peine que les lumières baissaient en intensité et que la musique commençait à s’élever dans l’amphithéâtre. Puis, les paroles commencèrent lentement à arriver à ses oreilles. Et, comme hypnotisé, son cerveau absorbant enfin ce qu’il entendait, l’inventeur releva la tête pour fixer la scène, incrédule.

Lui. C’était de lui qu’il était question. Son cheval. Jahangir. Lentement, Jeiran se redressa sur son fauteuil, les muscles tendus comme s’il était prêt à bondir. Comment était-ce possible ? Ses yeux se fixèrent sur l’homme qu’on leur avait présenté comme étant Barthélémy Lacoulée – c’était lui qui avait écrit cet opéra. Il avait pu entendre son histoire n’importe où, bien sûr ; mais quelque chose dans le texte l’interpellait. Ce n’était pas son histoire à lui, Jeiran Aurorefauve qu’il racontait – c’était l’histoire de quelqu’un qui avait rencontré le cheval magique. Quelqu’un qu’il avait inventé ? Quelqu’un qui lui avait raconté cette rencontre ? Ou bien sa propre expérience ? Plus il écoutait attentivement, plus Jeiran sentait son cœur accélérer dans sa poitrine : la description du cheval était trop précise, trop exacte pour être le fruit du hasard. C’était son Jahangir, toujours exactement tel qu’il l’avait créé quelques années plus tôt. Son invention fonctionnait encore. Il continuait de parcourir le monde, sans que personne ne puisse expliquer comment ni pourquoi - l’écoute de cet opéra en avait donné la certitude à Jeiran. Une certitude à laquelle il n’osait encore s’accrocher, et si c’était une autre déception qui l’attendait ? Il fallait qu’il sache. Et si une personne pouvait lui dire de quoi il en retournait, c’était ce musicien, ce Barthélémy. Jeiran prit donc son mal en patience et attendit la fin de la représentation en se rongeant l’ongle du pouce jusqu’au sang, patientant en attendant de pouvoir quitter la salle et partir à la rencontre de ce musicien qui détenait peut-être la clé qui conduirait enfin le créateur à son invention qu’il avait tant et si bien cherchée sans jamais la retrouver.

Dès que les dernières notes moururent dans l’air, Jeiran bondit de son fauteuil et profita de la standing ovation pour se faufiler entre les spectateurs jusqu’à la porte, repousser le palet qui la retenait fermée, et se glisser dans l’entrebâillement. L’inventeur se retrouva dans le couloir et mit le cap sur la porte par laquelle il savait que les artistes faisaient leur sortie. Il réussit à se perdre, et retrouva son chemin pile au moment où les musiciens passaient la porte. Lacoulée fut l’un des derniers à sortir. Jeiran lui laissa quelques instants, le temps de saluer ses comparses et échanger quelques paroles avec quelques spectateurs venus le trouver, rongeant son impatience – et quand enfin le compositeur fut libéré, Jeiran l’aborda.

« Maître Lacoulée ? Pardonnez-moi de vous déranger, mais il faut que je vous parle de toute urgence. » Il prit une inspiration, essayant de rassembler ses pensées tant bien que mal, mais l’émotion lui serrait la gorge. Allez Aurorefauve, cesse donc de faire la timorée ! « Mon nom est Jeiran Aurorefauve. Vous avez peut-être déjà entendu mon nom, je suis l’inventeur du cheval ailé dont vous parlez dans votre opéra. Un inventeur bien malheureux qui a perdu la trace de sa création il y a quelques années maintenant… »

Les souvenirs s’entrechoquaient dans sa tête, il se revoyait six ans plus tôt dans l’atelier de maître Nouroz, enfermé dans sa chambre, refusant même d’être dérangé par Poucette morte d’inquiétude qui essayait tant bien que mal de le forcer à manger alors qu’il se laissait aller tout entier à son énergie créative, refusant de s’arrêter jusqu’à tomber d’épuisement, pour mieux recommencer quelques heures plus tard. Il se souvenait encore de l’émotion qui l’avait étreint quand il l’avait fini, puis quand il l’avait emmené au palais du sultan et qu’il l’avait activé pour la première fois… Le cliquetis des rouages, le frémissement des feuilles de bronze, le grincement discret des vis et des boulons, le reflet du soleil sur le métal. Et la joie intense de le voir décoller, cet imbécile de conseiller sur le dos, pour ne plus jamais revenir…

« Voilà six ans que je cherche à le retrouver, sans succès. J’ai parcouru Afshin de long en large et en travers, je l’ai même cherché en pays de Saay et ici, à Fort Fort Lointain, en vain. J’avais perdu espoir, et voilà que j’entends votre magnifique opéra… Maître, je dois vous demander d’où vous avez tiré votre inspiration. L’avez-vous vu vous-même ? Quelqu’un vous a –t-il raconté cette histoire ? »

Bien entendu il était aussi possible que Lacoulée ait tout simplement inventé l’histoire de A à Z à partir de la légende que l’on connaissait, mais Jeiran ne voulait pas y croire. S’il y avait une chance, même infime, pour que cet homme le mène jusqu’à Jahangir, il devait la saisir.

« Pardonnez-moi si je vous parais intrusif. » ajouta-t-il avec sa courtoisie coutumière et un demi-sourire triste. « Hélas, j’ai bien peur que vous ne soyez ma dernière chance, et je m’en voudrais de la laisser passer… »
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FORT FORT LOINTAIN

A L'EAU, A L'HUILE

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⊱ pseudonyme : songbird
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⊱ tes licornes : shéhérazade la mytho, marie la catin, cúchulainn le sauvage
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⊱ ton conte : le joueur de flûte d'hamelin
⊱ ta race : humain
⊱ métier : flûtiste à la cour de marraine, assassin personnel du tsar de yasen au passage, mais ça a jamais été génial sur les cv.
⊱ tes armes : une flûte enchantée et un sourire ravageur. poucet tous les troisièmes mercredi du mois quand charmant porte des chaussettes roses.
⊱ allégeance : si elle servait à quelque chose de bien, ça se saurait, mais on n'y peut pas grand chose.





Lun 7 Sep - 23:27




Jeiran, Barthélemy
the only hope for me is you.

Du lever au coucher du soleil pour les dix derniers jours, Barthélemy n'avait cessé d'agiter ses doigts en rythme avec la mélodie silencieuse qui lui trottait en tête. Les souvenirs qui lui restaient de la plus singulière de ses rencontres s'élèverait enfin dans les airs ce soir. Combien d'entrevues avec Raiponce et Charmant lui avait-il fallu pour les convaincre de le laisser jouer ? C'était une année complète de travail qui arrivait à terme, comme une bénédiction du ciel. Il partagerait enfin son récit ce soir, excité tant qu'effrayé à cette idée. Aimerait-on autant sa musique, quand elle n'a d'enchanté que le récit ? Retiendrait-on son nom pour autre chose que ses quelques égarements, il y a quelques années ? Un soupire lui échappa quand il écarta les pans de velours carmin qui le séparaient des invités. La vue de la foule agglutinée autour du festin qui avait été dressé pour l'occasion dit s'accélérer son rythme cardiaque comme ça ne lui était pas arrivé depuis une éternité, ou peut-être deux. Aucun échec ne lui serait accordé cette fois-ci; il avait mit trop de lui-même en cette composition pour se permettre quoi que ce soit qui diffère de la réussite.
Les derniers amuse-bouche à la carotte engloutis, l'on fit signe aux invités de prendre place à leurs sièges. S'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu jeter un énième coup d’œil à la salle – les domestiques soufflaient déjà les dernières bougies, et on leur soufflait qu'il était l'heure de commencer. Les rideaux s'écartèrent, les poulies les entraînant grinçant en harmonie, avant que Barthélemy en bon maître de cérémonie ne souffle la première note. Les chanteurs prirent place au côté des danseurs, au moins que l'on en oubliait la cinquantaine de musiciens dans le fond de la scène. Même le flûtiste, dont le nom était griffonné en première page du programme, se fondait dans l'ombre des projecteurs, bien qu'il rayonnait musicalement.

Sur les affiches qui avaient été collées un peu partout dans la ville et autour du château était promise la merveilleuse histoire d'un cheval volant; des invitations de papier pourpres aux liserés d'or avaient été avaient été envoyées à la haute société et aux proches de Marraine. Elle était présente bien entendu, au balcon de la salle de bal, accompagnée de Charmant et Raiponce, alors qu'avaient prit place sur les sièges rembourrés un peu partout ailleurs les gens de sa cour, les nombreuses prétendantes de Charmant, les grands noms du Royaume, quelques invités des contrées voisines, des gradés de la garde et enfin, moins nombreux, de simples citoyens. Le retour de Marraine avait rendu cette représentation beaucoup plus simple – il faut dire que Barthélemy, s'il n'aurait rien annulé pour autant, aurait été contrarié de jouer pour Tracassin. Si son audace et sa folie des grandeurs étaient parfaitement admirables, il méprisait son absence de raison. Jouer pour Marraine, quand bien même il ne soutenait pas activement son règne, se trouvait être beaucoup plus gratifiant – entre autres, c'est vrai, parce que Tracassin avait fait fuir bonne partie de la cour royale.
Barthélemy, quand il avait fallu conter l'histoire qu'il avait choisi de transposer en un opéra, n'avait jamais qu'évoqué une rencontre avec un cheval volant. Jamais il n'avait été fait mention de faits réels, la chose pouvant être gênante aux yeux de quelqu'un d'aussi radical que Marraine. Tout ce temps, Barthélemy avait gardé siennes les origines de ce conte musical, penché toute la nuit durant au-dessus de ses partitions, débattant la journée avec ceux qui se joignaient à lui dans la réalisation de son projet. Des opéras, il y en avait eu des milliers au temps de Harold et Lillian, mais sous Marraine, aucun n'avait été présenté comme un opéra officiel de la cour Royale; perché haut au-dessus du vide, il avançait prudemment sur sa corde de funambule. ce soir, il s'élançait vers l'autre bout, enfin – restait encore à savoir s'il ne rejoindrait pas le sol avant, mille et un pieds plus bas.

Sa rencontre avec le cheval magique n'avait été qu'un instant bref, bien que mémorable. Il avait rempli la forêt en bordure de Fort Fort Lointain de milliers de notes, assassines ou douces selon ses humeurs, avant que la créature n'apparaisse.
Majestueuse.
Divine.
Il n'était resté de ses mélodies joliment plaintives qu'un silence inspiré. Machinalement, il avait tourné le bout de sa flûte sur le réglage qui aurait convenu au plus sauvage des étalons, mais aucun des mécanismes apparents de l'animal ne semblait lui répondre. C'était une magie ou l'autre, à prendre ou à laisser. Barthélemy avait rangé sa flûte, sortant à la place un calepin aux pages déchirées ou gribouillées de notes en folie, prenant des notes rapides et bordéliques. L'encre s'étendait tant sur les pages que sur ses doigts fins, noircissant sa peau affolée. Dans un coin, à la va-vite, il avait tenté de renseigner un croquis de l'animal, mais rien qui lui rendrait jamais justice. Ses méninges, en réponse aux rouages du cheval, s'activaient plus vite qu'il n'aurait jamais pu le croire. Il lui fallait ce cheval, physiquement ou en musique. L'adrénaline passant dans ses veines lui hurlait de coucher sa découverte sur des papiers à musique alors que ses yeux ne parvenaient plus à se détacher de l'enchantement vivant qui prenait place devant ses yeux ébahis. Des centaines – non, des milliers de notes lui venaient à toute vitesse alors que l'objet de son émerveillement ne faisait pas plus d'un mouvement anodin; s'il avait été possible de tomber amoureux d'un tel objet prisonnier entre vie et mécanique, il se serait confessé coupable. D'un pas lent, prudent mais pas hésitant pour un sou, Barthélemy s'approcha, main tendue, à la recherche d'un quelconque contact, mais il ne trouva pour seule amie que la brise causée par la fuite de l'animal. Prenant une notre finale sur une page vierge, probablement la seule du calepin tant il en avait noirci, il s'en retourna à Rollywood et ne sortit pas de dix jours de sa maison. Inspiré, fou, qu'on l'appelle comme on le veut, il n'avait pas même la tête à répondre aux courriers de Yasen. Pour quelques instants dans sa vie, il n'y avait plus rien. Plus rien qui existait, sinon ce cheval; pour un peu, il aurait juré sentir un goût se diffuser sur sa langue, un qu'il n'avait pas senti depuis longtemps : c'était la vie qui le gagnait à nouveau, le sortant pour une parenthèse de ce qu'il appelait un état de condamné. Pas même un gnome n'aurait pu le distraire alors que la musique coulait dans ses veines et qu'il rendait fou les metteurs en scène, les producteurs et les musiciens du royaume. Il lui fallait mieux, toujours mieux, pour s'approcher d'avantage de la perfection mécanique du cheval.
Puis, au retour de Marraine, Barthélemy avait fait une énième demande d'audience. Il était entré avec plus d'assurance qu'une armée en bataille dans la grande salle du trône, sans même s'étaler en politesses à la souveraine revenue. Les politesses et le protocole lui importaient peu – ce qui se trouvait être inhabituel –, et il ne perdit pas de temps en courbettes de quelque genre. Il n'était pas loin d'imposer son projet à la cour, avant que Raiponce, en accord avec un conseiller de Marraine, ne le propose d'elle-même. Peut-être en avait-elle marre de le voir débarquer, semaine après semaine, dans chaque salle du château en attente d'une réponse qui n'arrivait jamais. On signa un contrat, prépara les affiches, et si les accrochages n'étaient que plus nombreux jour après jour entre les uns et les autres, le spectacle avançait à une vitesse folle. Chaque petite erreur, aussi minime soit-elle, valait à Barthélemy une crise cardiaque, mais il avait réussi d'une manière ou d'une autre à survivre jusqu'à la représentation. Le grand soir.

Près de deux heures après le début de la représentation, sans aucune entracte pour distraire les artistes et les invités, quelques bonnes vinrent rallumer les bougies accrochées aux murs, alors que s'élevaient les spectateurs et les applaudissements. On distribua quelques roses aux chanteurs, et Barthélemy profita de l'agitation en bord de scène pour s'éclipser par la sortie réservée aux artistes, à l'arrière de la salle, où certains avaient apparemment bondit pour les accueillir. L'ouverture de la porte brisa une bulle de silence, le plongeant dans un brouhaha sans nom. Il trouvait des sourires et des yeux pétillants dans ceux qui l'attendaient, lui arrachant un sourire et presque une larme.
Il avait réussi.
Le flash d'un journaliste l'aveugla un instant, avant que son attention ne soit happée autre part. On le félicitait à gauche et le saluait à droite, mais une silhouette qui suivait le mouvement de la trouve attira vite son attention. Les musiciens, se dirigeant vers leurs loges, laissaient les spectateurs derrière aux alors que lui s'accrochait. Maître Lacoulée ? Pardonnez-moi de vous déranger, mais il faut que je vous parle de toute urgence. Quelle urgence pouvait-il y avoir ce soir ? Barthélemy ne daigna pas même ralentir la cadence de sa marche, arrivant bientôt devant la loge qu'il n'avait à partager avec personne – il faut croire que Marraine l'avait eu à la bonne. Mon nom est Jeiran Aurorefauve. Vous avez peut-être déjà entendu mon nom, je suis l’inventeur du cheval ailé dont vous parlez dans votre opéra. Un inventeur bien malheureux qui a perdu la trace de sa création il y a quelques années maintenant… La main sur la poignée, il se ravisa, sourcils froncés au-dessus d'un regard interrogateur. Si ledit inventeur ne mentait en rien, il était alors l'origine même du succès d'un soir du flûtiste, le créateur de génie qui avait insufflé la vie dans un labyrinthe de rouages bien huilés.
Lentement, Barthélemy remonta son regard des pieds à la tête de Jeiran, détaillant sa silhouette sans aucune autre pensée que celle du cheval. Il écoutait un flot de parole impressionnant s'échapper de la bouche de l'inventeur, sans laisser le temps au flûtiste d'assimiler les informations.
S'il avait longtemps passé ses journées à rêver à la créature de son inspiration, il n'avait jamais dépensé son temps à penser au créateur qui était derrière tout ça. Le cerveau qui avait imaginé cette magie, l'avait créée et chérie n'avait été qu'une tâche noire dans son esprit. Les yeux plissés à tenter de lire en Jeiran, Barthélemy crut néanmoins s'étouffer en écoutant les dernières supplications d'un créateur désemparé. Pardonnez-moi si je vous parais intrusif. Hélas, j’ai bien peur que vous ne soyez ma dernière chance, et je m’en voudrais de la laisser passer… Sans prendre plus de précautions ou faire de politesses, Barthélemy ouvrit la porte de sa loge, accompagnant son entrée d'un bref Venez. Poussant la chaise sur laquelle il prit place, invitant Jeiran d'un geste large de la main à s'installer sur la banquette en face, Barthélemy ressortit de sous une veste jetée sur la coiffeuse le petit carnet noirci. Il fit tourner les pages en vitesses, jusqu'à la première page de ses notes sur le fameux cheval. Je suis désolé de vous apprendre que cela remonte à un an, déjà. Il tendit le carnet, doucement. Je n'avais jamais entendu parler de votre création, et elle ne s'est pas même approchée à moins de vingt pieds. Elle ne s'est montré qu'après m'avoir laissé quelques notes, à la lisière du bois qui longe la ville. D'un sourire à demi affiché, Barthélemy affronta le regard du pauvre Jeiran. La création de cet opéra a eu le mérite de répandre la rumeur d'un cheval magique, mais je n'ai eu aucun retour quant à l'histoire en elle-même. Pour dire vrai, j'en étais venu à me demander si je n'avais pas fantasmé cette rencontre.
Barthélemy tendit le bras vers un pichet et une paire de verres au bout de la coiffeuse, servant les deux verres à un même niveau de thé bien chaud; il en tendit un à Jeiran, avalant déjà la première gorgée du sien. Je suis navré de ne pas pouvoir vous aider d'avantage, je crois que je n'ai rien d'autre à vous offrir que ma musique de ce soir. Je suis conscient que c'est une honte, en sachant combien votre travail m'a inspiré...
Il avala une nouvelle gorgée de son thé mentholé, offrant un sourire des plus courtois à Jeiran, une pointe de tristesse partagée camouflée. Si je peux vous être utile dans la quête de votre cheval, je me tiens à votre entière disposition. Si une mélodie pouvait suffire à le faire réapparaître, croyez bien que je ne m'arrêterais plus de jouer.

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POURQUOI MONTER QUAND LES GENS MEURENT D'ENVIE DE DESCENDRE ?
Through crimson stars and silent stars and tumbling nebulas like oceans set on fire; through empires of glass and civilizations of pure thought, and a whole, terrible, wonderful universe of impossibilities. You see these eyes? They’re old eyes. And one thing I can tell you… Monsters are real.
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